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D'après ses inistructîons , le rusé cardinal se présenta devant les électeurs^ en demandant au nom de sa Sainteté qu'on procédât aux réformes du bas clergé d'Allemagne, et qu'on remédiat le plus promptement qu'il se pourrait aux graves abus qui existaient dans les différents sièges et dans les couvents; quant aux Églises, soit de France, soit d'Italie ou d'Angleterre, il n'en parla point. Et comme le prince de Saxe voulait faire observer que l'intérêt de la religion appelait surtout une prompte répression des désordres du clergé romain^ le légat lui imposa silence, et déclara que la simple énonciation d'une semblable proposition constituait le crime d'hérésie. Cette étrange restriction du cardinal Campeggio ouvrit les yeux des moins clairvoyants; on comprit quelles étaient les intentions secrètes du pape, et séance tenante rassemblée prit ses conclusions, qui furent publiées le 18 avril, dans un décret ainsi conçu :
« Nous décidons que l'empereur et le pape auront à s'en- » tendre pour assigner la tenue d'un concile dans le plus bref » délai; car la nécessité d'une assemblée œcuménique se fait » sentir de jour en jour davantage, pour arrêter les désordres » qui bouleversent la chrétienté, et afin de sauver Tordre » social de l'abîme dans lequel menacent de le plonger des » catholiques infâmes, des prêtres débauchés et des nova- » teurs dangereux. )>
Il faut le dire, la fièvre de la réforme était telle, qu'elle avait fait surgir de bonnes et de mauvaises doctrines. A côté de Luther et de Mélanchthon, qui les premiers avaient arboré le drapeau de l'émancipation des peuples, des extravagants s'occupaient de disputes ridicules sur les dogmes. Les sacra-
mentaires niaient la présence réelle du Christ dans TEucharistie, et pour une semblable puérilité ils s'étaient séparés des luthériens; d'autres enthousiastes , Nicolas Storck, Marc Stubner, Thomas Muntzer et Balthasar Hubmayer, prêchaient les anciennes doctrines des douatistes, des pélagiens et des catharins; ils niaient l'efficacité du baptême donné aux enfants, et soutenaient qu'il fallait administrer ce sacrement aux adultes^ ce qui les fit appeler anabaptistes; ils prêchaient l'égalité' absolue , réelle et naturelle, ainsi que la communauté des biens et l'émancipation des femmes.
Cette dernière secte avait pris un accroissement formidable surtout daHs la Souabe. Cinquante mille paysans, convertis par Thomas Muntzer, s'étaient levés en masse pour faire triompher leur croyance , et avaient commis des massacres effroyables, jusqu'à ce qu'enfin ils eussent été exterminés par les luthériens, par les sacramentaires et par les catholiques.
Clément VII , loin de se montrer affligé de la situation déplorable où se trouvait l'Allemagne , et d'accéder à la juste demande des électeurs relativement à la convocation d'un concile, prit des mesures qui devaient accroître les désordres, et refusa de réunir les évêques en assemblée ; il prétexta que c'était un crime de lèse-divinité de donner des juges à un pape, et de soumettre ses actes à l'examen des hommes. Son opinion se trouva appuyée par les cardinaux, qui redoutaient autant que sa Sainteté la réforme des mœurs ; et les membres du sacré collège se formèrent en consistoire permanent pour traiter les questions d'urgence; ils cassèrent les décisions de la diète de Nuremberg, et décrétèrent que
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des lettres seraient adressées à rempereurpour le supplier de mettre à exécution ses édits de Worms contre Luther et contre ses adhérents ; qu'en même temps les rois de France, d'Angleterre et de Portugal seraient sommés d'avoir à rompre tout commerce avec les villes libres de rintérieur de l'Allemagne, si elles refusaient d'obéir à la cour de Rome; que le légat du saint-siége Laurent Campeggio engagerait les princes catholiques à empêcher l'assemblée qui devait être tenue à Spire, ou tout au moins qu'il leur enjoindrait de protester contre ses délibérations, afln de maintenir les droits du pape; qu'à l'égard de la convocation d'un concile, sa Sainteté déclarerait qu'en vertu de son omnipotence elle regardait cette mesure comme pernicieuse et funeste, qu'en conséquence elle s'y opposerait formellement; enfm, que relativement aux redressements des griefs présentés par les Allemands , les décrets du concile de Latran y avaient fait droit; et que s'ils n'étaient pas suffisants, il y serait pourvu par une congrégation nommée spécialement pour cette affaire.
Pendant que Clément YII cherchait par mille expédients a éviter la tenue d'un synode , l'empereur faisait avec Henri VIII un traité pour écraser la France sous les forces réunies de l'Allemagne , de l'Espagne et de l'Angleterre ; cependant rimminence du danger obligea le pontife à suspendre sa lutte contre la réforme pour s'occuper de mettre des entraves aux projets de Charles-Quint, dont l'ambition était pour lui un sujet de graves appréhensions; il lui adressa un ambassadeur chargé d'une lettre où il représentait à sa majesté catholique qu'elle devait se contenter de ses immenses états, et laisser à François P' le duché de Milan, qui lui ap-
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partenait de droit. Ses exhortitions ne produisirent pas l'effet qu'il en attendait ; tout ce que le légat put obtenir fut d'être reconduit jusqu'à la frontière avec les honneurs dus à son rang, sans avoir eu la satisfaction d'être reçu en audience. Alors sa Sainteté fit avertir secrètement le roi de France de ce qui se tramait contre lui, et l'engagea à marcher sur ritalie à la tète d'une armée pour prévenir son ennemi, et mettre en déroute les impériaux avant qu'ils eussent fait leur jonction avec les Anglais. François I" suivit le conseil du pape, réunit une armée en moins de six semaines , franchit les Alpes et se présenta devant Milan , qui se rendit sans combattre ; ensuite il vint assiéger Pavie , qui était défendue |)ar Lanoy et Pescaire, deux généraux de l'armée impériale. Ceux-ci se voyant pris à l'improviste et n'ayant aucun espoir d'être secourus à temps par l'empereur, proposèrent de signer une trêve de cinq années avec la France, et de lui reconnaître par un traité la possession légitime du Milanais. Ces conditions fîirent malheureusement repoussées par le roi, qui cédait en cela à la fatale influence de l'amiral Bonnivet, un de ces courtisans qui sont les fléaux des peuples. Les hostilités continuèrent entre les Français et les impériaux; mais comme François P' gagnait chaque jour du terrain, le pape eut l'espérance de le voir bientôt commander en maître dans l'Italie, et il songea à s'assurer sa protection par un traité d'alliance. Il lui fit promettre de secourir le saint-siége contre tous ses ennemis, de protéger la maison de Médicis et l'état de Florence; réciproquement Clément VII s engageait, ainsi que les deux Médicis, Alexandre et liippo* lyte, tous deux bâtards et les seuls rejetons de sa famille» à
ne donner aucun secours aux impériaux pendant toute Ja vie du roi,* et sans qu'il fût nécessaire de confirmer cette transaction, même après la conquête du duché de Milan. En outre, sa Sainteté promettait de livrer passage aux armées de François P' pour attaquer le royaume de Naples.
En exécution de ce traité , François V' détacha de son armée un corps de troupes qui pénétra dans les états de l'église, pendant que lui-même poussait avec vigu( ur le siège de Pavie ; malheureusement la place opposa une résistance plus longue qu'il ne Pavait supposé, ce qui donna le temps au connéuible de Bourbon, prince français qui commandait les impériaux, de venir au secours des assiégés. Alors les troupes du roi se trouvèrent bloquées a leur tour entre une ville ennemie et une armée qui leur était supérieure en nombre.
Dans cette extrémité, François I" réunit son conseil et demanda à ses capitaines quel était le parti qu'on devait prendre; si l'on devait battre en retraite ou livrer bataille : les vieux généraux représentèrent que dans les circonstances où ils se trouvaient, une seule défaite suffirait pour anéantir la puissance des Français en Italie , et qu'on ne devait pas se dissimuler qu'on avait à combattre des adversaires redoutables, nombreux, bien disciplinés, et commandés par un capitaine auquel^ malgré sa trahison envers la patrie, on ne pouvait refuser de grands talents militaires; qu'en conséquence ils opinaient pour la retraite.
Aussitôt que l'amiral Bonnivet, qui était l'ennemi personnel du connétable , entendit vanter son rival , il se leva de son siège, prit la parole, s'étendit longuement sur la honte qui s'attacherait au nom de François P' si on fuyait devant l'en-
nemî ; il rappela les combats dans lesquels la valeur avait suppléé au nombre, et conclut en suppliant le roi de livrer bataille.
Cet appel à la vanité de François I" produisit le résultat que l'amiral en attendait. Son avis prévalut ; les deux armées en vinrent aux mains le 24 février 1523, jour de Saint-Matthias ; jour néfaste ! car les Français furent taillés en pièces et laissèrent plus de six mille morts sur la place.
Les deux auteurs de cette désastreuse journée reçurent la punition de leur faute : Bonnivet fut tué, et le roi fut fait prisonnier. On dit que le connétable de Bourbon en voyant le cadavre de l'amiral s'écria : « Malheureux , tu as » causé la perte de la France et la mienne ! » François 1" fut immédiatement conduit en Espagne, où il traita de sa rançon avec Charles-Quint, en lui abandonnant les plus belles provinces du royaume.
Cette défaite eut les conséquences que les vieux généraux avaient prévues; dès que la nouvelle s'en fut répandue en Italie, les villes qui tenaient encore pour les Français ouvrirent leurs portes aux vainqueurs; Clément Vil lui-môme abandonna son allié, envoya Tévcque de Capoue pour complimenter le connétable sur la journée de Pavie, et fit immédiatement proposer à l'empereur un traité de paix, où il imposait pour condition à Charlcs-Quint de reconnaître François Sforce comme légitime duc de Milan, lui offrant en échange une somme de cent mille écus à prélever sur la ville de Florence. En outre, sa Sainteté se réservait le droit de vendre les produits de ses salines dans le Milanais , à Texclusion de tous les auti*es sels et suivaut les tarifs de
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Léon X; de plus, elle exigeait la reddition des villes de Reggio et de Rubiera, qui appartenaient au duc deFerrare, ainsi que la libre disposition des bénéfices du royaume de Naples.
Charles-Quint était trop irrité de la dernière trahison du pape pour accéder à ses propositions; il reçut fort mal l'ambassadeur et le congédia, en lui disant d'informer son maître que l'heure de la justice était venue et qu'il saurait punir ceux qui s'étaient lâchement tournés du côté de ses ennemis dans les temps d'épreuves.
Cette menace enleva au pontife tout espoir de se réconcilier avec Charles-Quint , et le détermina à former une ligue contre lui, afin de se mettre à couvert de sa vengeance; à cet elFet, il entama des négociations secrètes avec différents princes italiens qui avaient en égale haine les Espagnols et les Français. l\ s'adressa d'abord à Ferdinand-François d'Avalos, marquis de Pescaire, qui était au service de l'Espagne, et lui offrit la souveraineté de Naples s'il consentait à tourner ses armes contre Charles-Quint; ce que François d'Avalos accepta. Ensuite il fit entrer dans la ligue le duc Sforce, la république de Venise et la régente de France. Tout allait pour le mieux , lorsque le marquis de Pescaire fut pris d'une terreur pamque et dénonça le complot à l'empereur. Charles-Quint lui ordonna de dissimuler encore, de mettre des garnisons dans les villes du Milanais; quand celuici eut pris tous les arrangements nécessaires à la réussite de leurs projets, il envahit le Milanais à main armée, poursuivit Sforce de place en place ^ et le contraignit à s'enfermer dans le château de Milan. Toutefois la traliison ne profita pas au
marquis de Pescaire; il tomba dangereusement malade^ lut obligé de quitter son camp, et mourut au bout de deux mois.
Quoique le secret de la ligue eût été découvert, les Vénitiens n'en persistèrent pas moins dans leur résolution de combattre l'empereur, et ils déclarèrent qu'ils préféraient être ensevelis sous les ruines de leur ville plutôt que de consentir à une lâcheté en abandonnant leur allié le duc Sforce. Si Clément VII eût montré la même fermeté, il est probable que Charles-Quint eût été obligé de proposer un accommodement avantageux aux confédérés ; mais l'astucieux pontife voulut suivre la politique tortueuse du saint-siége, et fut encore la dupe du monarque espagnol. Tout en paraissant approuver l'énergique résolution des ambassadeurs de France et de Venise, il envoya le cardinal Salviati à Madrid pour traiter avec l'empereur; et dès qu'il eut reçu la nouvelle que les principaux articles qu'il avait proposés à sa majesté catholique étaient acceptés, il rompit les conférences avec les Vénitiens et les Français, et ne voulut plus entendre parler de la ligue. Le pape ne fut pas longtemps à se repentir de sa précipitation; car lorsque le duc de Sessa, délégué de TËspagne à la cour de Rome, lui eut présenté la copie du traité pour en obtenir la ratification, il reconnut qu'on l'avait chargée de termes tellement équivoques , qu'il était facile de comprendre qu'on voulait se réserver de les interpréter de différentes manières, suivant les circonstances. Clément refusa de signer le traité, et témoigna son étonnement qu'on eût apporté si peu de soin dans la rédaction; le délégué parut éprouver la même surprise , et protesta que ce ne pouvait
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être que FefFet du hasard et de l'ignorance du copiste ; que du reste sa Sainteté pouvait en faire dresser un autre, et qu*ii prenait l'engagement solennel d'obtenir la signature de l'empereur avant deux mois, pourvu que pendant cet intervalle la cour de Rome évitât tout rapprochement avec la France et Venise. Ce délai était nécessaire à Charles-Quint pour mener à bonne fln un traité qu'il voulait faire accepter à François I", et par lequel son prisonnier reconnaissait la France tributaire de l'empire.
Cependant les choses ne tournèrent pas précisément comme il l'espérait, et cela par sa propre faute : au lieu de renvoyer son prisonnier sans rançon, il stipula pour sa liberté un prix énorme, qui lui donna la réputation d'avare, et qui éloigna de lui tous les princes d'Allemagne : au lieu de conserver des relations affectueuses avec le ministre anglais, le célèbre Wolsey, cardinal d'York, qu'il avait l'habitude d'appeler son père ou son cousin dans les lettres qu'il lui écrivait de sa main, il eut l'imprudence^ après la victoire de Pavie, de cesser sa correspondance et de lui envoyer des lettres rédigées par des secrétaires; ce qui déplut au cardinal d'York et le détermina à se rapprocher de la France. Il mécontenta également le duc de Bourbon en lui refusant la main de sa sœur, qu'il lui avait promise d'une manière formelle; celui-ci quitta la cour de l'empereur, retourna dans le Milanais^ sut prendre de l'ascendant sur les troupes qu'il commandait, et songea à s'emparer du royaume de îN'aples pour son propre compte. Enfin sa duplicité le rendit suspecta toutel'Europe; et ses alliés^ prenant exemple sur liii^ rompirent les traités qu'ils avaient faits dès que leurs intérêts furent mis en jeu.
fine.) HISTOIRE DE CLÉMENT Vil. 115
François I", à peine sorti de captivité , oublia les serments qu'il avait faits à Charles-Quint de ne point prendre les armes contre lui. 11 se rendit à Cognac, et vint renforcer la ligue sacrée, dont faisaient partie les républiques de Venise et de Florence, la Suisse et l'Angleterre. La guerre se ranima en Italie avec une nouvelle vigueur; et les armées confédérées du saint-père et des Vénitiens ouvrirent la campagne en attendant les renforts que devaient envoyer la France et la Grande-Bretagne.
Charles-Quint, redoutant les conséquences dune guerre générale, s'attacha alors à rompre la ligue; et connue il n'osait pas se déclarer ouvertement contre le pape, il se servit de la haine que les Colonna portaient à Clément VII pour lui susciter de graves embarras. Par ses ordres, le gouverneur de Naples offrit à Pompée Colonna, qui avait été exilé par sa Sainteté , de le rétablir à Rome dans ses honneurs et dignités, s'il parvenait à contraindre le pape à sortir de la ligue sacrée.
Le cardinal accepta la proposition qui lui était faite, et marcha immédiatement sur Rome, à la tête de huit cents chevaux et de trois mille hommes de pied. A l'aide des intelligences qu'il avait conservées dans la place, il se rendit maître de trois portes; et tout cela fut exécuté si rapidement, que le saint-père eut à peine le temps de se retirer au château Saint-Ange. Sans désemparer. Pompée Colonna fit investir cette forteresse, et en pressa le siège si vigoureusement, que Clément, qui n'avait avec lui que fort peu de troupes, et qui manquait de vivres, se trouva réduit à la dernière extrémité et demanda à capituler.
Celui-ci mit pour condition première , que Clément VU donnerait soixante mille ducats au connétable de Bourbon, et une somme égale à Frondsberg, le chef des bandes qui avaient commis des cruautés horribles sur les catholiques de la Lombardie , et qui avaient laissé partout sur leur passage des marques de leur férocité. Ce farouche guerrier portait à l'arçon de sa selle un cordon de soie et d'or qui devait servir, disait-il, à étrangler le pape. Ses soldats^ dignes de marcher sous ses ordres, portaient en guise de collier les organes virils qu'ils avaient coupés aux prêtres ultramontains, et disaient hautement qu*ils allaient à Rome pour manger le saint-père.
Malgré l'imminence du péril, Clément VII, retenu par son avarice, hésitait à conclure le traité à des conditions aussi onéreuses; enfm, lorsque, vaincu par les instances des cardinaux, il. se décida à publier la trêve, il n'était plus temps: Frondsberg, il est vrai, était mort d'apoplexie; mais le duc de Bourbon avait pris le commandement des troupes impériales; et comme Charles-Quint le laissait manquer d'argent pour affaiblir son armée et diminuer son inlluence, il avait résolu de conduire ses soldats à Rome et de leur en [abandonner le pillage. Secondé par les Colonna , le connétable se porta rapidement sur la ville sainte, la fit investir immédiatement, et monta lui-même à l'assaut. Au moment ou ils*élançait sur la brèche, un coup de feu l'étendit roidemort.
Cet événement eut lieu le 6 mai 1527. Le prince d'Orange , qui avait le commandement en second de l'armée, cacha la mort du connétable de Bourbon, et fit continuer Tattaque avec tant de vigueur, que malgré le canon du château Saint-
Ange, qui faisait un feu terrible sur les impériaux, la place fut enlevée. Clément Vil, au lieu de s'échapper de Rome par la porte du Vatican, qui était encore au pouvoir des siens, courut se renfermer au château Saint- Ange avec ses cardinaux, les ambassadeurs de France et de Venise, et quelques troupes d'élite.
La vîUe sainte se trouva alors livrée à la merci des vainqueurs, et le sac commença. Il est difficile à l'imagination de concevoir les scènes de barbarie et de férocité dont fut témoin cette malheureuse cité pendant deux mois entiers. Les catholiques espagnols et les luthériens allemands, dont se composait l'armée de Charles-Quint, semblèrent s'être donné le défi de se surpasser en cruautés. D'abord ils pillèrent les palais des cardinaux et des ambassadeurs ; ils dévastèrent les églises et les monastères ; ils s'abattirent sur les maisons des citoyens riches et des simples artisans; ensuite ils arrachèrent les religieuses de leurs retraites, les traînèrent sur les places publiques entièrement nues, et assouvirent sur elles leur lubricité. Les femmes et les jeunes filles qui avaient cherché un abri dans les temples furent violées jusflfue dans le sanctuaire; les jeunes garçons mêmes servirent aux horribles voluptés de la soldatesque de l'empereur; les hommes furent soumis à des tortures plus affreuses encore; on les pendit par les pieds et on alluma au-dessous de leur tête des brasiers qui les consumaient lentement; on les déchira avec des lanières plombées; on leur arracha les oreilles, le nez, les yeux; on leur enfonça dans les chairs des milliers de pointes acérées et rougies au feu. Et toutes ces atrodtësy commises par les Espagnols sur des chrétiens ,
avaient pour but de forcer les victimes à leur découvrir les endroits où elles avaient caché des trésors qui n'existaient que dans l'imagination des bourreaux. La teireur qu'inspiraient ces séides du roi catholique était si grande , que les habitants se jetaient par les fenêtres pour ne pas tomber vivants entre leurs mains.
Quand les impériaux n'eurent plus rien à piller dans les maisons, ils fouillèrent les tombeaux, et, semblables à des hyènes, ils arrachèrent les cadavres des cercueils pour s'emparer des bijoux qui étaient ensevelis avec eux, et dévastèrent toutes les tombes des églises. Ce fut surtout contre les sépulcres des papes que s'acharnèrent les luthériens allemands; ils les fouillèrent, en enlevèrent tous les ornements qu'ils renfermaient, et jetèrent les cadavres sur les dalles. Ils ouvrirent également les châsses des saints, jusqu'à celles des apôtres saint Pierre et saint Paul, et se servirent de leurs crânes en guise de boules, sans respect pour ces pieuses reliques. Ils transformèrent la chapelle pontificale en écurie, firent la litière de leurs chevaux avec les bulles des papes et les livres d'église; et enfin, comme si ce n'eût pas été d'assez grands sacrilèges, cette soldatesque , ivre de vin et de luxure, osa faire servir les vases sacrés aux usages les plus immondes, et commettre des viols sur de jeunes vierges et sur des adolescents dans le sanctuaire, dans le saint des saints, sur l'autel même où les pontifes officiaient solennellement ]
Puis , fatigués d'égorger, les luthériens passèrent à d'autres scènes de profanation ; ils se revêtirent des ornements sacerdotaux, se travestirent en prêtres, en évêques, en cardinaux, coiffèrent l'un d'entre eux d'une tiare arrachée à un cadavre.
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le firent monter sur un âne et le conduisirent dans les rues , montés pareillement sur des ânes , tenant à leurs mains des saints ciboires remplis de vin , et hurlant des chants bachiques en l'honneur de leur pape ; après quoi ils rentrèrent au Vatican , s'assemblèrent en conclave et proclamèrent Luther souverain pontife , avec des acclamations si bruyantes , qu'elles furent entendues de Clément Vil, qui, du haut des tours du château Saint-Ânge, contemplait froidement les désastres qu'il avait attirés sur Rome.
Du reste , la ville sainte n'était pas le seul théâtre où s'entretuaient les malheureux humains. Pavie venait d'être emportée d'assaut par les Français sous le commandement de Lautrec; et celui-ci, par représailles et pour venger les Komains, faisait tuer, piller, violer, incendier, comme si les tortures des uns devaient adoucir les soulTrances des autres , et comme si le déshonneur des femmes de Pavie eût dû rendre leur virginité aux jeunes filles flétries par les impériaux.
En Allemagne, c'était pis encore; les réformistes, égarés par le fanatisme religieux, poursuivaient à outrance la secte des anabaptistes, et exerçaient envers ces infortunés des cruautés tellement effroyables, que les cheveux se dressent sur la tète lorsqu'on lit les récits qu'en font les historiens. Loin d'être intimidés par les tortures , ces nouveaux martyrs se livraient d'eux-mêmes à leurs bourreaux; on les voyait monter sur les bûchers en chantant les louanges de Dieu ; les femmes les plus délicates recherchaient les tourments les plus cruels pour faire preuve de leur foi ; les jeunes vierges
marchaient au supplice plus gaiement qu'elles n'eussent fait VII. 9
:26 HlfTOIKE PE? PAPKL [ISB.)
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Si Tr-xceilence d'une n/li^iion se prouvait par le témoignage i'i [»ar h^ nornlirr des martyrs, ainsi que le prétendent les |in'lrfs catlir.ilitpus, sans contredit la secte des anabaptistes s'Tait snp*'ri«ur«.' à la n'iiiiion chrétienne, car elle eut dans Te: pace de nioin*^ d'une année crut cinquante mille martyrs, r'<'si-à-(li)w plus (juf n\*n comptent les martyrologes durant les [ilus lon.Lçui's pcrsi'culions des empereurs païens.
Malj^ré ces sanglantes exécutions, les anabaptistes se relexén-nl; pondant de lonfjues années ils furent encore persé- ( iit('s, tantôt par les catholiques, tantôt par les luthériens, cl fmin*nt paj* succomber Malheureusement il ne nous est rcsîi' aucun ouvrai^e de ces sectaires sur leurs principaux (ni;^iiH's, soil (pfils n'aient rien écrit, soit quils se conlrntass(îiit *i(^ prêcher, de combattre et de mourir. Les seules nnlinns (\ur nous ayons sur eux nous ont été transmises p:ir h'Ui's rnnomis; entre autres choses, ceux-ci les accus:iirni de xouloir é>tal)h'r la communauté des femmes et des
biens^ all^tion que nous devons d'autant plus révoquer en doute qu'elle vient de leurs bourreaux , et qu'il est à remarquer que les catholiques ont constamment renouvelé cette accusation contre les sectes qui voulaient remplacer le mariage indissoluble par une autre union plus en harmonie avec les lois de la nature.
Clément VII, toujours renfermé dans le château Saint-Ange, foudroyait les ennemis qui osaient s'approcher des murailles ; et Benevenuto Cellini , célèbre sculpteur, chargé de diriger les batteries, s'acquittait si bien de ce soin, que grâce à lui un nombre considérable d'Espagnols restèrent sur le carreau. On croit même qu'il tua le duc de Bourbon, et que ce fut un canon pointé par lui qui blessa le prince d'Orange et coupa en deux un colonel espagnol que le pontife aimait beaucoup. Benevenuto Cellini, dans une relation qu'il nous a laissée de ce siège, dit que le saint-père, charmé de son adresse, le fit appeler pour le complimenter; mais qu'ignorant ce que sa Sainteté pouvait avoir à lui dire, il se jeta aux genoux de Clément VII pour le supplier de l'absoudre des homicides qu'il était obligé de commettre pour son service. « A cette demande, ajoute le célèbre sculpteur, » le bon pape Clément leva les mains , et m'ayant tracé une » grande croix sur la figure , non-seulement il me bénit » pour les meurtres que j'avais commis, mais encore il me }) promit les indulgences plénières si je continuais à faire )) aussi bien et à occire les impériaux. »
L'habileté du sculpteur Cellini comme pointeur suffit pour éloigner les assaillants du château Saint-Ange, sans toutefois arrêter les massacres dans la ville. Enfin la peste se chargea
de mettre un terme aux boucheries en faisant périr un bon tiers des vainqueurs.
• a Charles-Quint reçut la nouvelle du sac de Rome par son )) armée , dit Mézerai , le jour même où l'impératrice accou- » chait d'un fils qui fut depuis Philippe II; il feignit dëprou- » ver une profonde douleur de la position fâcheuse du pape; » il poussa l'hypocrisie jusqu'à défendre qu'on allumât des » feux de joie pour fêter l'heureuse délivrance de sa femme; il » prit le deuil^ et ordonna de faire des processions publiques » pour demander à Dieu la liberté du pape , en même temps » qu'il expédiait l'ordre de 1^ conduire prisonnier en Espagne D aussitôt qu'il aurait capitulé. » Le nonce, qui n était point dupe de ces démonstrations » se présenta couvert de vêtements lugubres et suivi de dix archevêques^ pour supph'er l'empereur de faire retirer ses troupes de Rome et de rendre la liberté à Clément VU. L'hypocrite Charles-Quint leur répondit qu'il désirait plus qu'eux-mêmes voir la tranquillité rétablie dans Rome, mais qu'il ne pouvait prendre aucune décision sans consulter ses généraux. Alors le duc d'Albe, ainsi qu'il avait été convenu entre eux, prit la parole : a Non, » seigneur, il ne faut point faire grâce au pape ; il est temps » que ce prêtre apprenne à ne pas se mêler des affaires tem- » porelles de l'Europe; et plus il jeûnera dans son château » Saiut-Ange, plus il deviendra sage; il faut donc le réduire à » un tel état , qu'il n'ait plus envie de troubler la paix du I) monde. » Sa Samteté était en effet réduite à jeûner faute de vivres; et pour surcroit de malheur, la peste commençait à sévir dans la forteresse.
Clément VII comprit qu'il ne lui restait d'autre parti à
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prendre que de mourir misérablement ou de capituler; il préféra traiter avec ses ennemis, et demanda à entrer en pourparler avec Lanoy , vice-roi de Naples^ qui était catholique. Cette satisfaction lui fut encore refiisée; l'armée n ayant pas confiance dans le vice-roi, refusa d'accepter un traité qui ne serait pas consenti par le prince d'Orange ; et le saint-père se vit contraint de recevoir la loi d'un hérétique ! La capitulation portait entre autres articles, (( que sa Sainteté payerait )) à l'armée quatre cent mille ducats^ savoir : cent mille » comptant, cinquante mille dans deux jours, et le reste à un )) délai de deux mois ; que pour le payement de cette rançon n Clément frapperait un impôt extraordinaire sur tous les » états ecclésiastiques ; qu'en outre il remettrait entre les » mains de l'empereur le château Saint-Ange, Civitta-Vecchia, ))Città di Castellana^ Parme, Plaisance et Modène; qu'il » resterait prisonnier dans une des tours du château avec les )) treize cardinaux de sa suite, jusqu'au moment où il aurait )) payé les premiers cent cinquante mille ducats; qu'ensuite » il serait conduit à Naples ou dans la ville de Gaëte, et qu'il y » attendrait les ordres de Charles-Quint ; qu'enfin il absou- D drait les Colonna de toutes les censures prononcées contre » eux , et qu'il nommerait un légat pour gouverner FËglise )) pendant son ^sence , de concert avec le tribunal de la » Rote. I) Ces articles ayant été signés et approuvés par Clément , un capitaine espagnol , nommé Alarçon , le même qui avait été chaîné de la garde de François I", entra dans le«château Saint-Ange avec six compagnies d'Espagnols et d'Allemands pour remplir l'emploi de geôlier auprès du pape et des cardinaux.
Il resta plus de six mois garde à vue et soumis à des traitements ignominieux; enGn^ comme le pontife n'aperœvait pas le terme de sa captivité, il se décida à se réconcilier avec les Golonna^ et avec leur aide il parvint à s'échapper de aa prison, déguisé en marchand forain. De la ville d'Orviette, où il s'était retiré , Clément VU écrivit au maréchal de Lautrec qu'il ne voulait pas exécuter un traité dont les conditions lui avaient été imposées le poignard sur la gorge ^ et qu'il le suppliait de prendre sa défense. Mais déjà l'empereur avait renoncé à son projet de tenir le pape en prison ; mai Ire de ses places fortes et de ses trésors ^ le saint-père nélait plus pour lui un adversaire redoutable, et il avait même envoyé un ordre d elarçissement lorsque Clément vint à s'échapper de Rome. Ce retour de Charles-Quint à des sentiments pacifiques avait un but, car le monarque espagnol n'était pas homme à pardonner les fourberies des autres^ sans quelque grave motif.
Voici ce dont il s'agissait : Henri VIII, roi d'Angleterre , fatigué de Catherine d'Aragon, tante de Charles-Quint, avait résolu de rompre un mariage qui lui était devenu odieux, parce que sa femme était stérile^ et surtout parce que cette union l'empêchait de posséder une jeune fille ^ la belle Anna Boleyn, qui lai avait inspiré une violente passion- Ce projet de divorce avait pour antagoniste naturel l'empereur, qui comptait sous le nom de sa tante gouverner le royaume d'AngleteiTe^ si Henri VIII mourait sans enfants. Le monarque espagnol cherchait donc à se réconcilier avec le pape pour le faire entrer dans ses vues : à cet effet, il lit sortir ses troupes de la ville pontificale, et il permit à
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Clément VII de s'installer dans le Vatican et de reprendre Texercice de son autorité.
Sa Sainteté était rentrée dans son palais depuis quelques jours à peine, lorsqu'elle reçut deux ambassadeurs anglais , Gasali et Rm'gth, qui venaient au nom de Henri VIII le supplier de casser le mariage du roi avec Catherine d'Aragon; dès le lendemain^ arrivèrent à leur tour des députés de l'empereur qui signifièrent au pape que s'il osait autoriser le divorce du roi de la Grande-Bretagne, les armées impériales envahiraient immédiatement les terres de l'Église.
Clément VII, placé entre deux rivaux qu'il redoutait de mécontenter, et n'osant pas accéder à la demande de Henri VIII, ni désobéir à Charles-Quint, prit le parti de temporiser, et répondit aux ambassadeurs anglais qu'il donnerait au prince l'autorisation de divorcer, si préalablement il faisait déclarer son premier mariage nul par le clergé de la Grande-Bretagne. Ceux-ci répondirent que leur maître n'avait nullement besoin d'une semblable déclaration, et que si le saint-père n'avait pas d'autre réponse à faire, ils devaient le prévenir que le roi de la Grande-Bretagne romprait toutes relations avec la cour de Rome.
Le pape répliqua que l'affaire dépendait entièrement du souverain d'Angleterre, puisqu'il lui suffisait de procéder par l'autorité du légat premier ministre Wolsey, et de lui faire rendre une sentence de divorce. « Il n'existe point de » théologien qui puisse résoudre mieux que le roi votre » maître, ajouta-t-il, si son mariage est illégitime. Aussitôt » que la sentence aura été prononcée , nous autoriserons » notre cher fils Henri VIII à se remarier; en même temps
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» il s'adressera à notre siège pour faire ratifier les actes accom- » plis, et nous ne manquerons point de raisons pour justifier sa )) œnduite. Ensuite un de nos cardinaux, celui que désignera )) le roi, partira pour Londres et ratifiera tout ce qui aura » été exécuté, » ;
Dès que Henri eut connaissance de la réponse du pontife, il devina les motifs secrets qui le faisaient agir, et pour le forcer à se déclarer entre lui et Charles-Quint, il le fit menacer de nouveau de se séparer de l'Église romaine, s'il persistait encore à lui refuser la bulle de divorce. Clément, poussé dans ses derniers retranchements, et voyant d'ailleurs que les affaires de la ligue sacrée prenaient une mauvaise tournure, se décida a rompre avec le roi de la Grande-Bretagne. « Eh bien! dit-il aux ambassadeurs qui le pressaient de leur » donner une réponse catégorique , puisque je me trouve » entre l'enclume et le marteau, je vous déclare que j'ai fait » pour Henri YIII plus que je ne devais, en lui permettant » de prendre pour juges dans sa cause deux légats qui lui » étaient dévoués; et que jamais je ne consentirai à lui sacri- » fier ouvertement l'empereur, larchiduc son père, Catherine )) d'Aragon et les intérêts du saint-siége. »
Cette réponse éclaira les députés anglais et leur fit comprendre qu'ils n'obtiendraient pas de nouvelles concessions de Clément VII, et que le roi devait se contenter de faire prononcer son divorce par les légats. Cependant ils firent une dernière tentative avec les ambassadeurs de Venise, de France et de Florence; tous représentèrent au pape qu'il élait de sa dignité et de son intérêt de s'unir franchement avec eux , et de lancer les foudres de l'Ëglise contre Charles-
Quint. Sa Sainteté, qui avait obtenu des agents espagnols la promesse de faire passer la république de Florence sous la domination de sa famille, se garda bien de suivre les conseils des ambassadeurs de la ligue; elle s'excusa sur une résolution prise par le sacré collège, de renoncer à toutes les affaires temporelles pour ne plus s'occuper que de la réforme de rËglise et de l'extinction des nombreuses hérésies qui s'étaient élevées en Allemagne et en France. Clément donna aux Florentins en particulier Fassuraiice formelle qu'il ne voulait en aucune manière se mêler de leur gouvernement; qu'il désirait seulement que la république le reconnût comme pape et non comme prince temporel , et qu'il demandait comme grâce qu'on laissât les armoiries de ses ancêtres sur les monuments qu'ils avaient fait élever.
Malgré les assertions si positives du pape de son désistement à toute autorité sur Florence, le soir même Antoine de Lève arrivait à Home , muni des pleins pouvoirs de l'empereur, et lui faisait signer un traité dont voici les principaux articles :
(( Sa Sainteté se rendra immédiatement avec sa cour à Bo- » logne pour y couronner solennellement Charles-Quint. — » Après la cérémonie du couronnement, sa majesté inipé- » riale enverra une puissante armée devant Florence , et for- » cera la sérénissime république à reconnaître Alexandre de » Médicis, le bâtard de Clément VII, pour souverain. — » Alexandre de Médicis prendra rengagement d'épouser )) Marguerite, fille naturelle de l'empereur, aussitôt qu elle » aura atteint lage de la nubilité. — Les villes de Cervia, de » Ravenne, de Modène, de Reggio et de Rubiera, seront ren-
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» dues au saint-siége. — Le duc de Ferrare sera abandonné )) à la clémence du pape , ainsi que le duc de Milan. — De » son côte, sa Sainteté fournira huit mille hommes pour as- » siéger Florence, conjointement avec les impériaux; elle » accordera à l'empereur et à ses descendants à perpétuité le » droit de nomination et de présentation aux huit archevô- » chés du royaume de Naples» Brindes, Lanciano, ftlatera^ » Otrante^ Reggio, Salerne, Trani et Tarente, ainsi qu'à )) seize évêchés; elle conférera Tinveslilure du royaume de » Naples à Charles-Quint, en exigeant pour tout droit de » suzeraineté lenvoi chaque année d une haquenée blanche » richement harnachée^ et portant une bourse de six mille » ducats; enOn, elle donnera le droit de passage aux armées )) impériales sur les terres de l'Église^ et accordera l'abso- )) lution à tous ceux qui ont participé directement ou indi- » rectement au saccagement de Rome. ))
Après la ratification de ce traité, le pontife ordonna les préparatifs de son départ, et publia un décret qui enjoignait aux cardinaux de s assembler à Rome et non ailleurs pour lui donner un successeur , s'il venait à mourir pendant son voyage. Clément YII quitta la ville sainte^ accompagné de seize cardinaux, de trente-six évoques, des officiers de sa cour, et précédé du saint-sacrement, qu'il faisait porter en tête du cortège par un prélat revêtu des ornements sacerdotaux. L'empereur fit son entrée dans Bologne quelques jours après, et se rendit aussitôt à la basilique de Saint-Pierre^ où l'attendait le pape. Dès qu'il fîit entré dans l'église, le monarque hypocrite alla s'agenouiller devant sa Sainteté, et par un mélange de bassesse et de superstition, ii vonlnt baiser
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les pieds de celui qu'il avait retenu prisonnier contre le droit des gens; ensuite les deux despotes lirent entre eux un échange de présents. Charles-Quint donna au saint-père de riches cassettes d'argent remplies de médailles d'or du poids de douze livres ; et en échange il reçut un aigle d'or massif, d'un poids énorme, et rehaussé de pierres précieuses.
Dans cette première entrevue, le prince parla de la nécessité d'assembler un concile œcuménique en Allemagne, pour arrêter le progrès de l'hérésie, en réglant les rapports des Églises de celte contrée avec le saint-siége, et en reformant les mœurs du clergé.
(c Non, jamais, lui répliqua le pape, nous no convoque- » rons un synode dans un lieu où les délibérations pourraient » être indépendantes; et nous sommes surpris qu'un prince )) aussi habile et aussi grand politique, sollicite une réunion » dont les décisions pourraient tout à la fois briser votre » trône et renverser la papauté. Nous nous intitulons vous » empereur et nous pape de droit divin; nous ne devons donc » pas soumettre l'examen de nos privilèges aux hommes, » parce qu'ils pourraient nous demander à en vérifier les » litres, et en vérité, ni vous ni nous ne saurions les montrer.
)) Soyez assuré que les électeurs et les peuples d'Allemagne » n'ont embrassé l'hérésie que pour s'emparer des biens ec- » clésiastiques placés sous notre dépendance et pour s'affran- )) chir ensuite de votre domination. Ce n'est point l'excel- » lence de la nouvelle religion qui les attire dans le parti de » la réforme^ c'est un besoin ardent de liberté. N'espérez » doac pas arrêter les désordres en permettant aux luthériens )> de di&cuter dans on concile les doctrines nouvelles.
» Que nous importent, après tout^ les dogmes? Ce qu'il » nous faut^ c'est une obéissance passive; ce que nous de- » vous désirer, c'est que les peuples soient éternellement » soumis au joug des prêtres et des rois; et pour arriver à ce » but, pour prévenir les révoltes, pour arrêter ces élans de » liberté qui ébranlent nos trônes, il faut employer la force )) brutale , faire des bourreaux de vos soldats ; il faut allumer » les bûchers; il faut tuer, incendier; il faut exterminer les » savants; il faut anéantir l'imprimerie! Soyez sûr alors que » vos sujets rentreront dans l'orthodoxie et adoreront à ge- » noux votre majesté impériale. »
La justesse des représentations de Clément VII parut frapper l'empereur, et la question du concile fut abandonnée. Us convinrent seulement d'assembler à Âugsbourg une diète générale des états de l'empire , afin de tenter un dernier effort pour réunir les luthériens et les catholiques. Le pontife procéda ensuite au couronnement de Charles-Quint; et immédiatement après les deux alliés marchèrent sur Florence, pour réduire la république sous la tyrannie du bâtard des Médicis.
Les Florentins ne sachant à quelle puissance avoir recours pour sauver leur liberté, eurent la singulière idée de nommer Jésus-Christ gonfalonier de justice et de se mettre sous sa protection. On avait même agité la question de savoir si on ne le déclarerait pas roi; et sur la proposition de Nicolas Capponi, on avait ouvert un scrutin pour son élection; cependant les citoyens avaient tant de répulsion pour le nom de roi, que sur mille votants , plus de neuf cents se prononcèrent contre le céleste candidat. Aussi, soit que JésuS'
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Christ voulût punir les Florentins de leur irrévérence , soit plutôt qu'il fût impossible à une population attaquée à Timproviste, et manquant d'approvisionnements, de se défendre contre deux armées formidables^ la ville fut obligée de se rendre.
Dans la capitulation , le saint-père s'engagea à traiter ses concitoyens avec tendresse et affection; il promit solennellement de pardonner toutes les offenses que les Florentins pourraient avoir faites à lui-même ou aux siens. Mais dès qu'il se vit maître de Florence et appuyé par ses troupes victorieuses^ l'infâme pontife ne se contenta pas de changer le gouvernement républicain; au mépris du traité qu'il avait signé, il fit arrêter ceux qui lui avaient été dénoncés comme hostiles à ses projets ambitieux^ et les fit périr dans les supplices. Le vénérable Père Benoît de Foiano, dominicain, qui s'était constamment montré sur les remparts pour exciter l'enthousiasme des assiégés, lut l'une des premières victimes de sa cruauté , et fut appliqué à des tortures effroyables en ^ expiation de son admirable dévouement.
Lorsque Clément V II fut rassasié de vengeances, il procéda au couronnement d'Alexandre de Médicis, et nonmia grand ,duc de Florence ce bâtard qu'il avait eu de ses amours avec une servante d'auberge, dont il partageait les faveurs avec un muletier, et qui devint ainsi la souche de la puissante niaison des ducs de Toscane. Nouvel exemple qui confirme cette vérité déjà établie, qu'il n'existe presque aucune famille de rois, de ducs ou de nobles qui ne doive ses états ou ses titres à finfamie et à la prostitution. Charles-Quint, après avoir aidé le pontife à asservir Florence , quitta l'Italie pour
se rendre à la diète qui devait se tenir à Augsboni^ le 8 avril de cette année 1530.
Cette assemblée présenta au monarque une profession de foi extrêmement remarquable qui avait été rédigée par Mélanchthon^ sous l'inspiration de Luther, et qui devint le symbole du protestantisme. Elle contenait vingt et un articles sur la Divinité, sur le péché originel, sur l'incarnation, sur la justiflcation, sur le ministère évangélique, sur l'Ëglise, sur l'administration des sacrements, sur le baptême, sur l'eucharistie , sur la confession , sur la pénitence , sur l'usage des sacrements, sur la hiérarchie ecclésiastique, sur les rites, etc. ; et sept articles sur les abus de TËglise romaine dans la communion , dans le mariage des prêtres , dans la messe, dans la confession auriculaire, dans la distinction des mets, dans les vœux religieux , et dans la juridiction religieuse; les protestants concluaient en demandant la convocation d'un concile général pour terminer les différends qui divisaient la chrétienté. Le cardinal légal Campeggio, qui assistait à la diète au nom du pape^ fit d'inutiles efforts pour ramener les luthériens à l'orthodoxie , et comme il lui était devenu impossible de se refuser aux vœux de l'assemblée, il déclara que le pape adhérait à la convocation d'un concile œcuménique, h la condition néanmoins que l'époque en serait laissée à sa volonté, et que l'empereur prendrait l'engagement formel de défendre l'autorité pontificale contre ses ennemis.
Sa Sainteté, tout en ayant l'air de faire une concession, s'était réservé le moyen de reculer indéfiniment la réunion qu'elle redoutait; et dans l'intervalle Clément se proposait
d'agir avec tant de rigueur qu'il espérait que personne n'oserait réclamer Texécution de sa promesse. Il publia d'abord un décret portant Tordre au grand inquisiteur de la foi à Ferrare et à Modène, qui était en même temps général des jacobins, de poursuivre à outrance les partisans des idées de réformes que les Allemands avaient répandues en Italie dans les dernières guerres; ensuite il écrivit à l'empereur pour lui représenter les dangers auxquels ne manqueraient pas de les exposer des discussions publiques sur des dogmes qui étaient la clef de voûte de l'édifice théocratique, et qui empêchaient les hommes d'entrer dans l'examen des causes qui les soumettaient à l'autorité des papes comme à celle des rois; il fit valoir à ce sujet des raisons si puissantes, que Gharles-Quint résolut d'en finir avec les protestants, et publia un édit en vertu duquel sa majesté impériale ordonnait à tous ses officiers de rétablir le culte et les rites catholiques dans les provinces de l'Allemagne , et enjoignait à tous ses sujets de croire à la présence réelle et aux vertus de la célébration de la messe, sous peine d'être poursuivis comme hérétiques. Le prince ordonna en outre de baptiser les enfants, de les confirmer, d'administrer l'extrême-onction aux mourants, d'allumer des cierges dans les temples en l'honneur des saints, de restituer aux couvents et aux Églises les biens qui leur avaient été enlevés , soit qu'ils provinssent de donations ou de legs pieux et sans qu'on eût à s'inquiéter du tort qu'en éprouvaient les familles ; enfin sa majesté terminait son décret par la menace de l'exil et de la confiscation pour les prêtres qui s'étaient mariés et qui ne se sépareraient pas immédiatement de leurs fenunes.
136 HISTOIRE DES PAPES (ISSl.)
Mais au lieu d'intimider les esprits et d'af&iblir le parti de la réforme» cet édit tyrannique acheva dexaspérer les luthériens ; le danger leur fit sentir la nécessité de se réunir, et bientôt eut lieu à Smalkalde en Franconie une assemblée des princes et des électeurs protestants, dans laquelle il fut décidé que tous se prêteraient mutuellement secours pour résister aux attaques de l'empereur.
Ce résultat, que Charles-Quint était loin de prévoir, lui fit regretter d'avoir suivi les conseils du pape, et devint le sujet de reproches qui amenèrent de la mésintelligence dans leurs relations. Bientôt même un nouvel événement envenima les choses et prépara une rupture entre les cours de Rome et de Madrid. Le grand maître de Tordre des chevaliers de Malte avait présenté un Italien nommé frère Thomas Bosio pour occuper le siège épiscopal^ devenu vacant par suite de la mort du titulaire; et Clément VII, faisant droit à cette recommandation , avait écrit à l'empereur pour demander le décret d'invfôtiture en faveur du protégé du grand maître. Charles-Quint fît répondre par son ambassadeur qu'il s'occuperait de cette affaire, et peu de temps après il envoya en effet son consentement à la promotion de Thomas Bosio. Mais dans l'intervalle, sa Sainteté, soit qu'elle eût été offensée de l'irrévérence de l'empereur , soit qu'elle eût changé d'idée, avait nommé à l'évêché de Malte le cardinal Ghinucci. Lorsque Bosio vint à Rome pour recevoir l'anneau et la crosse, insignes de sa dignité, il apprit avec un grand étonnement la nouvelle élection faite par le pape, et il en donna immédiatement avis au grand maître. Comme celui-ci redoutait de se trouver enveloppé dans un conflit entre Charles-Quint et
Clément VII, et qu'il avait un égal intérêt à ménager ces deux souverains, il n'osa point se décider dans la question, oi porta seulement à la connaissance de l'empereur le nouveau choix du pape. Aussitôt l'ambassadeur d'Espagne reçut ordre d'adresser des représentations à ce sujet à la cour de Rome, et de fSsiire révoquer la nomination du cardinal de Ghinucci. Sa Sainteté refusa d'obéir, et répondit insolemment à l'ambassadeur : (c Votre maître doit savoir que c'est ;i nous qu'ap- » partient la nomination des évêques de Malte^ depuis que » l'île est passée sous un autre gouvernement que le sien. » D'ailleurs cette leçon lui fera connaître que nos demandes )) dans de semblables circonstances sont des ordres. »
François I", informé de cet incident, écrivit immédiatement à ses délégués qu'ils eussent à faire jouer tous les ressorts de la politique pour déterminer une rupture entre les deux alliés , et afln de lever tous les obstacles , il fit demander la main de Catherine de Médicis, nièce de Clément VII , pour son fils Henri ^ duc d'Orléans. Cette alliance, à laquelle sa Sainteté n'aurait jamais osé prétendre, et qui dépassait tous ' ■les rêves de son ambition, la décida sur l'heure à quitter le parti de l'empereur pour embrasser les intérêts de la couronne de France.
Alors Charles-Quint ne garda plus de ménagements envers
le pape, et tant pour se mettre à couvert des trahisons du
saint-s|^ge que pour réparer les fautes que lui avait fait
commettre son imprudent décret contre les luthériens,
il signa avec les princes allemands coalisés un traité de
paix, qui fut appelé le traité de Nuremberg, y)ar lequel sa
majesté reconnaissait aux protestants le droit de professer VII. 10
leurs doctrines avec une entière liberté jusqu'à la décision d'un concile général; ce qui mettait le pape dans ralternative ou de renoncer.au gouvernement de TËglise d'Allemagne, ou de soumettre son autorité à l'examen d'un concile oecuménique. Clément VII voulut essayer de son influence sur Charles-Quint pour faire rompre la paix de Nuremberg , et sollicita de lui une entrevue; l'empereur consentit à sa demande et se rendit à Bologne, ville désignée pour le lieu des conférences. Cette démarche du saint-père n*eut aucun résultat favorable, et toute son éloquence n'aboutit qu'à raffermir Charles-Quint dans sa résolution de rassembler un concile général : « Attendu, répétait le monarque à chacune » des objections du pontife, que je préfère voir s'abîmer la » chaire de saint Pierre plutôt que le trône de mes ancêtres. » Un autre événement également funeste pour le pape venait de s'accomplir en Angleterre : le roi Henri VIII, fatigué d'attendre sa bulle de divorce, s'était décidé à chasser les légats romains de ses états, et même à renvoyer son premier ministre Wolsey, pour en finir avec la cour de Rome; de plus, il avait épousé secrètement Anne de Boleyn, et avait fait rendre une loi par les deux chambres du parlement pour enlever aux pontifes les droits d'annates, de pallium et d'investitures d'évêchés qu'ils prélevaient dans le royaume. Clément fulmina contre ce prince un bref terrible ; il le somma d'avoir à reprendre Catherine d'Aragon, et de se séparer de sa concubine Anne de Boleyn, sous peine d'anathème, d mterdit et de déposition. La guerre étant ainsi engagée entre la cour de Rome etja Grande-Bretagne,^ la réponse ne se fit pas attendre : Henri VIII, qui élait d'un caractère extrêmement
violent, lacéra la balle pontificale en plein parlement, et rendit un édit par lequel il défendait à tons ses sujets, sous peine de mort, de reconnaître, soit en paroles, soit par écrits ou par actions, l'autorité de Rome, et déclarait rEglise anglicane indépendante. Le parlement approuva ce dréret , et ordonna que les collecteurs des deniers de saint Pierre seraient chassés du royaume; qu'a lavenir le métropolitain de Cantorbory conférerait les évèchés de la Grande- Bretagne, et que le clergé payerait au roi la sou)me de cent cinquante mille livres sterling pour la défense de l'état.
Pendant que ces choses se passaient en Angleterre, le souverain pontife conduisait en France sa niccc Catherine de Médicis, qui, à peine âgée de quatorze ans, était déjà initiée aux plus infâmes débauches. François I", accompagné de son fils Henri et de toute sa cour, vint recevoir sa Sainteté à Marseille, et le mariage du fils du roi fut célébré immédiatement. On raconte qu'après les cérémonies nuptiales, Clément Vil donna sa bénédiction aux époux et lour dit : « Allez et multipliez! » Hélas! le ventre de Catherine ne fut que trop fécond!...
Brantôme, l'historien des anecdotes galantes , raconte une aventure fort piquante qui eut lieu pendant le séjour du pape à Marseille, et que nous rapportons ici pour donner unç idée de la licence qui régnait dans les cours de cette époque. « Los » dames de Châteaubriant, de Châtillon, et la baillive de n Caen , dit l'historien , présentèrent une requête au duc )) d'Albanie, grand dignitaire de la cour apostolique, pour )) obtenir la permission de ne point se priver de chair pen- » dant le carême. Ce seigneur feignit de ne pas avoir bien
)) compris leur demande, et les introduisit immédiatement » auprès de sa Sainteté, en disant : «Très-saint Père, je vous » présente trois jeunes dames qui désirent avoir la fréquen- » tation des hommes pendant le carême; elles vous supplient » de faire droit à leur requête. » Clément VII les releva )) aussitôt, baisa leurs belles joues, et leur dit en souriant: a Ce que vous me demandez n'est pas très-édiflant; cepen- » dant, je vous autorise à en user trois fois la semaine; c'est » assez pour le péché de luxure. » Les dames se récrièrent )) en rougissant, et représentèrent à sa Sainteté qu'elles n'a- » vaient sollicité que la dispense de manger de la chair en » carême. Sur quoi le pape' rit beaucoup et les baisa encore , » puis les congédia. »
Avant de quitter le sol de la France, le saint-père exigea du roi la promulgation d'ordonnances qui reconstituaient les tribunaux de l'inquisition, et qui devaient surtout frapper lesréformés. Les deux alliés concertèrent encore entre eux diverses mesures qui devaient aider à la ruine de la puissance de Charles-Quint. Ënfm, après avoir reçu de magnifiques présents et une somme d'argent suffisante pour le défrayer de ses dépenses. Clément YII reprit la route d'Italie. De retour à Rome, le pape se sentit attaqué de violentes douleurs dans l'estomac; il languit plusieurs mois, et s'éteignit le 25 septembre 1534, à 1 âge de cinquante-sîx ans. Quelques auteurs ont accusé les cardinaux d'avoir empoisonné le pontife, parce qu'ils redoutaient les conséquences de son caractère cruel et de sa profonde dissimulation; mais rien ne justifie cette assertion.
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