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[1S31.) HISTOIRE DE PAUL III. lU
î'emportèrent ; ils représentèrent aux récalcitrants que leur candidat était âgé de soixante-six ans; qu'il avait une mauvaise santé, et qu'on ne pouvait lui refuser une habileté poli;tique qui contribuerait puissamment à raffermir le trône pontifical ; enfin ils offrirent à Trivulceet au cardinal de Lorraine quatre palais dans Rome, meublés richement» garnis de leur vaisselle d'or et renfermant cinquante mille ducats. Dès lors toute opposition cessa, et au premier tour de scrutin^ trentequatre cardinaux élurent pour vicaire du Christ celui qu'ils avaient voué à la haine des peuples comme âodomite , incestueux, assassin et athée! ,
Alexandre Farnèse était né en Toscane, dans la ville de Carin , de Pierre-Louis Farnèse et de Janelle Gaétan. Dans sa jeunesse il avait été confié aux soins de Pompon lus Laatus, un des plus savant^ hommes de l'Italie, qui l'initia à la connaissance des auteurs anciens; Albert Pigglius lui enseigna les mathématiques et lui donna même des notions d'astronomie , d'astrologie judiciaire et de magie noire. Farnèse excellait à faire des vers latins ; ses lettres à Érasme et ses épttres au cardinal Sadolet sont remarquables par la vigueur du style et par la profondeur des pensées. Devenu pape , il se montra si perfide, que Mendoza dit dans plusieurs lettres adressées à Charles-Quint, qu'il n'aurait pas voulu confier un lévrier sur la parole de Paul lU. « Il allait toujours ferré à » rebours, ajoute l'Espagnol, afin qu'on s'imaginât qu'il )) marchait en avant , tandis qu'il rebroussait chemin. U n se couvrait du manteau de la piété lorsqu'il avait un crime » à commettre , et se servait de spadassins corses pour se n défiiire de ceux qui s'opposaient à ses projets. U réglait
lU HISTOIRE DES PAPES. [iSSfcJ
D toutes ses démarches sur les conjonctions des planètes, I) qu'il consultait même pour le& actions les plus insigni- » fiantes ; et lorsque les événements ne justifiaient pas ses )) prévisions , il entrait dans des accès d'une colère affreuse » et proférait d'horribles blasphèmes. Le saint-père poussait » l'impiété jusqu'à affirmer que le Christ n'était autre que le )) soleil, adoré par la secte mithriaqué, et le même dieu que » Jupiter-Âmmon , représenté dans le paganisme sous la » forme du bélier ou de l'agneau. Il expliquait les allégories )) de son incarnation et de sa résurrection par le parallèle que )) saint Justin avait fait du Christ et deMithra, que l'Ëvangile )) comme les livres sacrés des mages font naître au solstice » d'hiver, c'est-à-dire au moment où le soleil commence à » revenir vers nous et à accroître la durée des jours. 11 disait » que ladoration des mages n était autre chose que Timita- » tion de la cérémonie dans laquelle les prêtres de Zoroastre » ofltaient à leur dieu, l'or, l'encens et la myrrhe, les trois )) choses affectées à Tastre de la lumière; il objectait que la )) constellation de la Vierge, ou plutôt d'Isis, qui correspond )) à ce solstice et qui présidait à la naissance de Mithra, avait » été également choisie comme allégorie de la naissance du » Christ; ce qui, d'après le pape, suffisait pour démontrer » que Mithra et Jésus étaient le même Dieu. Il osait dire que }) l'on n*avait aucun document d'une authenticité irrévocable » qui prouvât l'existence du Christ comme homme ^ et que » pour lui sa conviction était que jamais il n'avait existé. )) Enfin il n'était pas jusqu'à la tiare qu'il ne prétendît une » imitation delà coiffure des sacrificateurs persans. » Ainsi ce pape abominable , qui cependant était revêtu
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» d'un caractère d'infaillibilité, se proclamait lui-même prêtre D du soleil et glorifiait le sabéisme ! »
Nous n'accompagnerons ce passage de la correspondance de Mendoza d'aucun commentaire ; nous laisserons les esprits libres de suivre Içs opinions de l'ambassadeur espagnol et de condamner Paul III, ou d'adopter les croyances du pape et d'abjurer la religion chrétienne !
Le nouveau pontife, dans son système politique, parut entièrement opposé à la marche qu'avait suivie son prédécesseur ^ au lieu de reculer devant la convocation d'un concile, il affecta d'être plus empressé que les protestantseux-mémes à l'adoption de cette mesure; et pour mieux tromper l'Europe, H assembla le sacré .collège en consistoire en présence des ambassadeurs des différentes cours. Il représenta que dans l'état de désordre où était la chrétienté , la tenue d'une assemblée œcuménique ne pouvait plus être diflérée , et il en fixa l'ouverture au 16 octobre de l'année courante ISSi ; il nomma même une commission de cardinaux pour régler les préparatifs de cette imposante réuîiion, et pour élaborer préalablement les différentes questions qui devaient être agitées. Enfin il adressa de sévères remontrances aux prélats et aux officiers de sa cour, pour qu'ils eussentà réformer leurs mœurs et à s'abstenir des débauclies qui scandalisnient les fidèles. On ne fut pas longtemps à comprendre que le saintpère avait voulu se jouer des luthériens ; lorsque l'époque qu'il avait fixée pour l'ouverture du concile approcha, Paul III trouva des prétextes pour le remettre à l'année suivante; il prétendit qu'avant toutes choses il devait travailler à réconcilier les princes chrétiens , qui étaient en guerre , ou du
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moins obtenir d'eux qu'ils suspendissent les hostilités pendant la durée du synode. En effet, il envoya des nonces pour traiter avec les cours de France, d'Espagne et d'Angleterre, et afin de les prévenir qu'il avait choisi la ville de Mantoue pour le lieu des conférences.
En Fabsence de ses légats, Paul ne prit pas plus de souci de la réforme que si l'Église eût été dans ses jours de paix et de prospérité; il songea à établir ses bâtards, et poussa le népotisme plus loin que n'avaient fait Sixte IV, Alexandre VI et Léon X. Il donna le chapeau de cardinal à Guy Ascagne- Sforce de Santa-Fiore, adolescent de seize ans, né des amours de sa Sainteté et de sa fille Constance ; il accorda la môme faveur à Alexandre Farnèse, qui atteignait à peine sa quatorzième année, mais qui était l'enfant de Pierre-Louis Farnèse, à la fois le bâtard et le mignon de Paul III; et conime plusieurs de ses officiers se récriaient sur ce que les nouveaux cardinaux , vu leur jeune âge, ne pouvaient connaître les devoirs de leur dignité, le pape répliqua par iftie allusion cynique, (( que son expérience était grande, et qu'il » saurait les initier à tout ce qu'ils ignoraient encore. » En effet, dès le soir même, l'un et Tautre devinrent ses mignons.
Peu de jours après, Paul créa sept autres cardinaux ; cette fois sa Sainteté choisit des personnages d'un mérite réel. « Ce n*est pas pour eux, mais pour moi que je les nomme, )) dit-il à cette occasion à sa HUe Constance, qui se plaignait )) de voir de vieux barbons préférés à ses pages et à ses fe- » voris; je veux anéantir la religion réformée, parla force » ou par les négociations » et pour cela j'ai besoin de l'aide
)) d'hommes habiles. » Paul III avait compris le danger (jui menaçait le trône de saint Pierre, et était résolu à employer tous ses efforts pour le conjurer. C'était une entreprise difficile, car depuis la paix de Nuremberg, le Danemark, la Suède et la Norwége, l'Allemagne et la Suisse, s étaient déclarés en pleine réforme et avaient chassé les légats du saintsiége; de plus, les quinze princes électeurs et les députés qui avaient été envoyés par trente villes protestantes à Smalkalde, avaient signiGé aux nonces apostoliques qu'ils n'accepteraient qu'un concile libre , tenu dans leur province, composé de toutes les classes des fldèles, et où leurs théologiens auraient voix délibératives, sans être soumis au pouvoir du pape; enûn qu'ils se réservaient de juger le pontife romain et de le déposer s'il était condamné.
Les luthériens n'avaient pas seulement acquis une grande influence comme secte religieuse, mais encore comme parti pohtique; et depuis leur résistance à Charles-Quint, les souverains de l'Europe recherchaient leur alliance. François P' leur fit faire des propositions dalliance par son ambassadeur Guillatune du Bellay de Langey, et fit dire à Mélanchthon, à Pontanus, à Sturmius, et aux autres théologiens protestants, qu'il était prêt à se convertira leurs doctrines , s'ils se déclaraient de son parti. L'ambassadeur affirma que sa majesté ne croyait pas au purgatoire; qu'elle ne reconnaissait dautre caractère à la papauté que celui d'une institution humaine ; qu'elle était décidée à alx)lir les vœux monastiques dans ses états, à faire marier les prêtres et à rétablir la communion sous les deux espèces. Le roi d'Angleterre leur donnait les mêmes assurances de contribuer de tout son pouvoir à la
propagation des nouvelles doctrines s'ils consentaient à se prononcer ouvertement contre Gharles-Quint.
Mais comme il est dans Fessence de la royauté d'être constamment fourbe et hypocrite, au moment où les deux souverains dç France et de la Grande-Bretagne s'humiliaient devant les luthériens d'Allemagne, François I" publiait des arrêts de proscription contre les réformés de France , et le barbare Henri VIII , schismatique lui-même^ poursuivait les luthériens de son royaume avec une cruauté telle, que les historiens prétendent qu'il avait surpassé Charles-Quint le sanguinaire. Ses fureurs religieuses ne purent cependant le mettre à couvert de la vengeance de Paul III, qui, pour le punir de s'être retiré de son obédience, fulmina contre lui une bulle terrible; il releva tous les Anglais de leurs serments de fidélité, enjoignit aux ecclésiastiques de sortir du royaume^ et ordonna à la noblesse de prendre les armes contre le roi. Sa Sainteté déclara Henri YIII déchu du trône, donna ses étals au premier occupant, mit l'interdit sur la Grande-Bretagne^ et défendit sous les peines les plus sévères aux autres nations d'avoir aucune relation avec les Anglais ; enfin il cassa tous les traités que les princes souverains avaient conclus avec Henri, soit avant, soit après son mariage avec Anne de Boleyn ; il condamna tous leurs enfants^ nés ou à naître , comme infâmes et bâtards, et permit aux fidèles de courir sus à lui et aux siens.
Cette bulle ne suscita pas au roi de la Grande-Bretagne le plus léger embarras; les peuples méprisèrent les menaces du pape, et les choses allèrent comme précédemment.
En Allemagne les offres brillantes et les séductions de tous
là
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genres, qui étaient mises en œnvre pour gagner. Luther au parti de la cour romaine, n'eurent pas plus de succès. La papauté avait perdu son prestige, son temps était passé. En Italie même, dans la ville sainte, Paul III avait à se défendre contre les attaques des membres de la commission nommée pour examiner les causes des abus qui s'étaient introduits dans rÉglise. Les cardinaux Caraiïa, Sadolet, Pôle, Gontarini et Thomas Badia, maître du sacré palais, avaient osé publier le rapport de leurs délibérations et rejeter sur l'extension démesurée de la puissance pontificale tous les maux qui affligeaient la chrétienté; encontre ils accusaient les papes d'avoir érigé leurs volontés en lois, et d'avoir substitué les caprices de leur imagination aux anciennes traditions de l'Ëvangile.
Parmi les abus que flétrissaient ces prélats, et qu'ils avaient divisés en deux catégories, les uns concernant l'administration religieuse, au nombre de vingt-quatre, les autres touchant à l'administration civile, au nombre de quatre, ils signalaient à l'indignation des fidèles la pluralité des bénéfices, la vente des expectatives, des dispenses, des indulgences, le mépris que l'on faisait des anciens canons, l'ignorance et ia dépravation des prêtres de Rome , le luxe des cinquante mille courtisanes qui habitaient la ville sainte, la prodigieuse quantité de monastères de filles qui avaient été transformés en autant de sérails au service des prélats qui les •dirigeaient, et les habitudes infâmes des cardinaux, qui entretenaient publiquement de beaux adolescents dans leurs palais, à titre de mignons ou de pages.
Au lieu de prendre en considération les remontrances qui lui étaient faites, le pape ordonna brutalement aux membres
de la commission de cesser immédiatement leurs séances^et les menaça de tonte sa colère, s'ils osaient faire entendre le moindre blàme; mais le coup était porté; les protestants, qui avaient déjà reçu des copies du rapport des cardinaux^ et qui attendaient la décision de Paul pour juger de la sincérité de ses premières manifestations^ neurent pas plus tôt connaissance de ce nouveau revirement dans ses idées ^ qu'ils éclatèrent en injures violentes contre le pontife. Ils proclamèrent Paul III le plus lâche et le plus fourbe des hommes ; ils dénoncèrent sa félonie à toutes les nations, et chassèrent ignominieusement son légat Yergerius de Sjnalkalde. Celui-ci, à son arrivée à Rome, trouva un dédommagement des avanies qu'il avait essuyées ; il reçut l'investiture de l'évèché de Capo d'Istria, sa patrie; et immédiatement après il repartit pour Naples,- afin d'obtenir de l'empereur, qui se trouvait dans cette ville, qu'il vint à Rome pour conférer avec sa Sainteté sur les moyens de faire rentrer l'Allemagne sous sa domination. Charles-Quint céda aux sollicitations de l'ambassadeur et se rendit à Rome : l'entrevue des deux souverains eut lieu au palais de Latran ; Paul déploya, mais inutilement, toutes les ressources de son éloquence pour e^igager le pff^ince à se servir de ses armées contre les hérétiques ; le monarque espagnol, qui était sur le point de recommencer les hostilités avec la France, refusa de se mettre sur les bras une guerre de religion dont il était impossible de prévoir la fin et le ré--sultat. Sa majesté catholique profita même de son séjour à Rome pour donner plus d'éclat à sa déclaration de guerre contre François l". Ce fut dans le consistoire, en présence de l'ambassadeur Yelli et du cardinal du Bellay, qu'il défia le
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roi de France à un combat sipguKer, ajoutant qu'il le tenait pour un traître, un parjure et un lâche , et qu*à partir de ce jour il le poursuivrait à outrance. François P' se garda bien d'accepter le duel qui lui était proposé et que Charles-Quint ne se souciait pas davantage de vider; leura armées s'ébranlèrent» et des milliero d'hommes s'entr'égorgèrént pour la querelle de ces deux implacables tyrans.
Dès que le pontife vit que l'Italie allait devenir le théâtre de la guerre, il n'hésita plus à convoquer le concile oecuménique, et rendit une bulle qui fixait l'ouverture de la première session au 25 mai de Tannée suivante, et désignait la ville .de Mantoue pour le lieu de la réunion. Sa Sainteté envoya une circulaire à tous les prélats de la chrétienté pour qu'ils eussent à se trouver à l'assemblée ; elle adressa des lettres particulières a Charles-Quint, au roi de France, ainsi qu'aux autres princes souverains, pour qu'ils assistassent en personne à un concile et contribuassent au repos de FÉglise. Paul fit même écrire à Henri VIII par Casali, son ancien légat en Angleterre, afin d'exhorter le monarque à rétablir l'union dans ses états. Le pontife comptait d'autant plus sur le succès de cette déniarche, qu'Anne de Boleyn, la cause de leura dissension», venait d'être décapitée par ordre de Henri VHI.
Son attente fut trompée de ce côté ; le roi accueillit fort mal les ouvertures de Casali, et fit publier une loi qui condamnait à la peine de mort ceux qui oseraient seulement proposer le rétablissement de l'autorité des évêques de Rome. Sa majesté accompagnait son décret d'une longue protesta-, tion contre la bulle du pape, prétendant que le droit de con-
voquer les assemUées universelles de l'Église appartenait aux empereurs, ou à leur défaut aux autres princes chrétiens, et nullement aux pontifes; qu'en outre les évèques de Rome n'ayant aucune autorité dans la Grande-Bretagne, ils ne sauraient légitimement convoquer les prélats à une réunion œcuménique; Henri YIH déclarait qu'il ne permettrait à aucun dq ses sujets d'assister à un concile qui avait été indiqué à une époque où il était impossible aux prélals étrangers de se mettre en voyage, à cause des dangers de la guerre ; qu'en conséquence il protestait d'avance contre tous les décrets et toutes les décisions de l'assemblée de Mantone, et qu'il persistait dans le schisme, afin de maintenir dans ses états la pureté de la religion chrétienne.
Cette opposition du roi d'Angleterre porta une rude atteinte à l'autorité pontificale; ce qu'il y eut de plus funeste encore, ce fut l'apparition d'un ouvrage intitulé « Institution chrétienne^ » qui attaquait non-seulement la primautc'^ du siège de Rome, mais encore l'autorité des conciles généraux , celle des évêques et dés prêtres. L'auteur repoussait la nécessité du baptême et de la communion pour le salut dps hommes; il déclarait le sacrifice de la messe une abominable impiété, et appelait idolâtrie le culte rendu aux saints. Cet homme , qui dès son apparition dans la lutte se plaçait à la tête d'une nouvelle secte , était Jean Calvin, hardi novateur, dont le caractère calme contrastait singulièrement avec le caractère emporté de Luther.
Calvin était né à Noyon en Picardie, de parents très-pauvres, qui ne pouvaient lui faire donner aucune éducation; heureusement il trouva dans la famille de Claude d'IIangest, abbé
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de Saint-ËlcM, des protecteurs qui lui facilitèrent les moyens d'étudier. À vingt ans, il avait obtenu, grâce à la sollicitation de ses amis, plusieurs bénéfices dont il touchait les revenus, suivant les coutumes de l'époque^ sans qu'il fût obligé d en remplir les fonctions et même sans qu'il fût engagé dans les ordres; ce qui lui permit de continuer ses études à l'Université de Paris.
Dans cette ville ^ le jeune Calvin entendit pour la première fois des prédications sur les doctrines nouvelles, qui commençaient alors à se répandre en France ; elles frappèrent vivement son imagination, et le déterminèrent à abandonner l'étude de la théologie pour celle du droit. En 1552^ il se démit de ses bénéûces et suivit les cours de Michel Cop, recteur de l'Université. L'année suivante, celui-ci fut traduit devant le tribunal de l'inquisition pour donner des explications sur un discours qu'il avait prononce en séance publique en faveur de la religion réformée. Calvin, qu'on soupçonnait de connivence dans ce délit , à cause de ses liaisons avec le recteur, fat également mandé à la barre du tribunal pour y être jugé.
Comme à cette époque le bon roi François P' faisait brûler impitoyablement tous les réformateurs, les deux amis ne voulurent pas attendre le jugegaoïent des inquisiteurs, et sortirent secrètement du royaume. Calvin se jeta alors dans la réforme , et publia son fameux ouvrage de l'Institution chrétienne^ dans lequel se trouvaient exposées les doc(rines des protestants français; il attaqua surtout le roi François P'^ mit à jour son hypocrisie, et démasqua la politique machiavélique
de ce tyran, qui faisait monter des milliers de victimes sur vu. 11 •