LÉON X
MAXintlEN, Lqi7I8 XII,
CHARLSS-QIJIVT, 225* PAPE. FRANÇOIS I*%
empcroon d'Allemagne. roU de Fraitee.
Désordres à Rome. — Election de Léon X. -^ Couronnement da pontife. — Pplitique du saint-père. — Louis XII fait sa soumission an pape. — Léon s'oppose à la pacification de l'Europe. — Décret du concile de Latran sur la nature de l'âme. — Impiété du pape. — Il fait achever la basilique de Saint-Pierre. — Le pape marie son frère avec la princesse Philiberte de Savoie. — François P' envahit l'Italie. — Entrevue du roi et du pape à Bologne. — Intrigue entre le pape et une dame de la cour de France. — Concordat entre Léon X et François 1". — Le pontife dépouille le duc d'Urbin. — Conspiration contre le pape. — Décimes d'Espagne. — Bassesses de François P' pour gagner l'amitié du pape, — Trafic des indulgences. — Martin Luther et sa doctrine. — Bulle de Léon X contre Luther. — Ëdit de- Tempereur Charles-Quint contre le réformateur. — Traité entre l'empereur et le pape contre la France. — Mort de Léon X.
Dès cpie Jules II eut terminé son exécrable vie , une révolution éclata dans Rome; le peuple, longtemps comprimé sous la main de fer du pontife , courut aux armes , pilla les monastères et les églises, et massacra un grand nombre de prêtres et de moines. A la suite de ce mouvement, les masses populaires se scindèrent en deux factions puissantes, celle des ^
Golonna et celle de la famille des Urbins , qui toutes deux cherchaient à profiter de la confusion générale pour s'emparer de la souveraineté de la ville. Il en résulta un désordre effroyable; le sang coula par torrents, et Rome n'offrit plus à la vue que cadavres et maisons en feu; enfin les citoyens, fatigués de carnage, comprirent qu'ils n'étaient que des instruments entre les mains des seigneurs ambitieux qui se disputaient le pouvoir; ils déposèrent les armes, et le calme succéda à l'affreuse tourmente qui avait passé sur la cité apostolique.
Les cardinaux se hâtèrent de profiter de cette apparente tranquillité pour entrer en conclave; préalablement ils rédigèrent un acte qui limitait l'autorité pontificale, et qui établissait d'une manière précise les privilèges des membres du sacré collège; tous jurèrent sur l'Évangile d'en observer les règlements y et immédiatement après les brigues commencèrent entre les candidats pour la papauté.
Parmi les membres du conclave , Jean de Médicis était, sans contredit , celui qui se montrait le plus avide de l'héritage de Jules IL Voici en quels termes Varillas parle de ce cardinal : u II n'y avait pas encore trois mois que Jean de » Médicis était réinstallé dans son palais de Florence, lorsque » arriva la mort de Jules II ; aussitôt il conçut le dessein de se » faire élire souverain pontife , et il se mit en route pour » Rome, quoiqu'il fût atteint du mal auquel le pape avait )) succombé, et qu'il eût deux énormes abcès qui l'empêchaient » de marcher et même de se tenir à cheval. Il fi t le voyage cou- )) ché dans une litière et les mules allant au pas, afin d'éviter )) le moindre cahot; de cette manière il put arriver jusqu'à la
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)) ville sainte; mais lesoKsèques de Jules éUiient terminées » et le condaye commencé; cependant Jean de Médicis se » Ct ouvrir les portes du Vatican et prit place avec les autres » cardinaux. Déjà tes membres du sacré collège, jeunes et » vieux, avaient cabale pour faire réussir l'élection de leurs )> candidats, et paraissaient si obstinés dans leurs choix res- » pectifs, qu'on était menacé d une longue vacance, lorsqu'un )) événement fort bizarre vint tout à coup changer la direc- » lion des esprits et mettre fin aux brigues. Jean de Médicis, » quoique toujours malade et tourmenté de douleurs aiguës, )) se donnait beaucoup de mouvement pour se créer des par- )) tisans; or, il arriva qu'à la suite d'une journée plus labo- » rieuse que les autres, ses abcès s'ouvrirent et donnèrent )) passage à des humeurs viciées qui répandirent dans tout le » conclave une puanteur infecte. Les vieux cardinaux crai- » gnant de ne pouvoir résister aux impressions funestes de cet air corrompu, consultèrent les médecins sur les moyens » de se préserver du danger qui pouvait résulter pour leur » santé d'un séjour forcé dans la même salle que le malade. )) Ceux-ci répondirent qu'ils n'avaient rien autr^ à faire que )) d'attendre la mort de Médicis, qui ne pouvait tarder d'un » mois. Cette condamnation prononcée par les docteurs fit » une révolution dans le conclave; les brigues cessèrent aus- » sitôt, et les cardinaux, d'un consentement unanime, donn nèrent la tiare à Jean de Médicis, qui fut proclamé souve- » rain pontife à l'âge de trente-six ans, sous le nom de Léon X. )) Précisément l'ouverture des abcès sauva Jean de Médicis d'pne mort certaine; les humeurs corrompues sortirent par les plaies , et il guérit de son mal.
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Le nouveau pape était fils de Clarice des Ursins et de Laur rent de Médicis , celui-là même auquel Savonarola avait refusé Tabsolution. Depuis 1 âge de treize ans, il avait été élevé au cardinalat par Innocent YIII ; ce qui n'empêchait pas que son éducation n'eût été toute mondaine. Selon Paul Sarpi, il n'avait aucune teinture des idées religieuses ; il affectait même une impiété ridicule , disant ouvertement que la religion était bonne seulement pour maintenir le peuple dans l'obéisswce, et ne devait jamais gêner les actions des puissants et des riches.
Aussi orgueilleux I aussi ambitieux que son prédécesseur, Léon X était capable de commettre tous les crimes pour arriver à son but; mais, plus habile que Jules II, il apportait dans ses relations avec les souverains moins de rudesse et de brusquerie.
8a Sainteté voulant attendre le retour de ses forces, retarda la cérémonie de son exaltation jusqu'au 11 avril, anniversaire de la bataille de Ravenne, où il avait i té fait prisonnier par les Français. Au jour indiqué pour le sacre, Léon X^ revêtu d'habits chargés de diamants et de rubis, la tête couverte d une tiare si éblouissante de pierres précieuses, qu'il était impossible au regard d'en soutenir l'éclat, se rendit à la basilique de Latran avec une escorte si nombreuse et si brillante, que, suivant les historiens du temps, jamais empereur ni roi n'avaient dû déployer tant de magnificence dans leurs journées triomphales. Le clergé romain, la noblesse, la magistrature, les différents ordres de moines noirs, gris et blancs, les corps de métiers, les chefs de milices, tous couverts d'armures et incelantes, formaient un cortège
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immense; partout, sur le passage du pontife, de jeunes irierges et des enfants vêtus de blanc jetaient des palmes et des fleurs. Léon X s'avançait monté sur un coursier arabe, ayant à ses côtés les membres du sacré collège et ses parents^ parmi lesquels on distinguait le commandeur de Médicis, armé de toutes pièces. Ce cortège n'ayait pas encore franchi les murailles de la ville lorsqu'un courrier vint apporter la nouvelle de la mort de Raphaël Pucci , archevêque de Florence; Léon X, après avoir ouvert la dépêche, se tourna vers son cousin, et sans interrompre sa marche il lui dit à haute voix : a Beau parent , je vous an- )) nonce que dès demain vous quitterez la profession des » armes pour recueillir la succession de Raphaël Pucci et de- » venir archevêque. » Ce qui eut lieu en eflet, quoique le conunandeur fût aussi étranger au métier de prêtre que pouvait l'être un capitaine de guerre, qui toute sa vie n'avait fait que piller, voler ou égorger.
Après la célébration de la messe pontificale , Léon X vint s'asseoir, suivant la coutume usitée lors des élections, sur les chaises percées^ afin de montrer aux assistants les preuves de sa virilité; mais comme il n'était pas entièrement débarrassé du mal de Naples , le jeune diacre chargé de s'assurer par le contact que le pape était bien réellement un homme, refusa de remplir son office et se retira au milieu des diacres en donnant des marques d'effroi et de dégoût. Il est nécessaire d'oI?server qu'à cette époque on croyait que cette honteuse maladie se propageait par un simple attouchement. Sa Sainteté fut profondément afl'ectée de cette circonstance, et pour ne pas exposer ses successeurs à une semblable humi-
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liation, elle résolut d'abolir les épreuves des chaises percées; en effet, depuis le règne de Léon X, cette cérémonie cessa entièrement d'être pratiquée dans l'intronisation des papes. Enfin un autre diacre s'avança vers le saint-père, le revêtit de ses ornements pontificaux^ un cardinal replaça sur sa tête la triple couronne; après quoi le saint-père donna sa bénédicti(Mi au peuple et reprit le chemin du Vatican, où l'attendait on festin digne des Lucullus et des Âpicius. On compte que la dépense de cette fête se monta à plus de cent mille écus d'or.
Dès qu'il fut installé sur le saint-siége, Léon X donna Tessor à ses goûts de luxe et de débauches ; il appela à Rome les artistes et les écrivains de l'Italie, et bientôt sa cour devint la plus brillante de l'Europe. Toutefois on doit lui rendre cette justice qu'il en bannit la débauche brutale pour la remplacer par la galanterie^ sorte de corruption moins ignoble, et plus dangereuse ^ en ce qu'elle déprave la société pour ainsi dire traîtreusement , sans qu'il soit possible d'appeler sur elle la réprobation générale. La cour de Rome devint une école de matérialisme et d'athéisme philosophique, du sein de laquelle un pontife-roi dirigea les affaires politiques de l'Ëglise. D'abord Léon X songea à l'agrandissement de sa Êunille ; il plaça son frère Pierre à la tête du gouvernement de la Toscane^ et réserva à son autre frère, Julien le Magnifique, la couronne de Naples^ qu'il était décidé à enlèvera Ferdmand Y ; mais il ne fit rien paraître de ce dernier projet, voulant attendre que les circonstances lui ofirissent des diances certaines de succès. Ensuite il s'occupa d'étendre l'autorité du saint-siége et de lui conserver son indépen-
daûce ; à cet effet il refiisâ de conclure un traité avec Ferdinand le Catholique, et pareillement il ne voulut adhérer à aucune proposition de paix avec les Français, dans la crainte de les voir rentrer de nouveau en Italie. Sa Sainteté ne ratifia même qu'en partie les engagements pris avec les Suisses par son prédécesseur , parce qu elle avait reconnu rinconvénîent de faire la guerre avec des soldats mercenaires qui se mutinaient dès qu'ils ne touchaient pas leur paye à jour fixe, ou qui s'enrôlaient sous la bannière des ennemis s'ils trouvaient une augmentation de solde. Le pape ne voulut pas davantage se liguer avec Maximilien Sforce , duc de Milan, qu'il r^rdait comme un fardeau pour le saint-siége ; ni avec l'empereur, qui était un ami inconstant et dangereux, et qui avait même déclaré, depuis qu'il s'était vu obligé de renoncer à la papauté , que les états de l'Église appartenaient à l'empire d'Occident, et que le destin l'avait désigné pour rendre au titre d'empereur son ancienne splendeur ; enfin le saint-père refusa avec plus de raison encore de s'allier avec les Vénitiens, qui avaient traité avec Louis XII.
Néanmoins il envoya un ambassadeur nonuné Cinthio à la cour de France, pour rassurer le roi sur ses véritables intentions et pour protester des sentiments respectueux de la maison des Médicis pour Louis XII ; le légat était également chargé d'exposer à sa majesté qu'à son avènement au trône pontifical, Léon X ayant trouvé le saint-siége engagé dans une voie d'hostilité déclarée contre la France, il serait imprudent de changer immédiatement de politique; qu'en conséquence il suppliait le roi de n'imputer à aucun mauvais vouloir les dispositions qu'il était contraint d'adopter pour traverser ses projets de con-
quête sur le Milanais; qu'il le suppliait en outre de ne point s'oflFenser s'il l'exhortait par un bref à ne rien entreprendre contre l'Italie, sous peine d'anathème , d'interdiction et de déposition; ce qui, au dire de Ginthio, ne diminuerait en rien la constante affection de sa Sainteté pour sa personne. D l'avertissait charitablement qu'à sa sollicitation, Henri VIII d'Angleterre préparait une descente en France; que bien malgré lui, et pour obéir au sacré collège, le pape se voyait contraint d'engager Maximilien I" à attaquer ses frcmtières vers le Rhin, pendant que les Suisses envahiraient la Bourgogne; qu'enfin il était obligé de permettre à Ferdinand le Catholique de poursuivre ses conquêtes dans la Navarre, attendu que ce roi en avait acheté l'autorisation quarantedeux mille écus d'or à son prédécesseur.
Sans s'inquiéter de ces menaces, les Français, sous le conunandement de Louis de la Trimouille, pénétrèrent ea Italie, se joi^irent aux Vénitiens et reconmiencèrent les hostilités. Le Milanais fut reconquis pour la troisième fois ; et Gênes passa encore sous la domination de la France. Malheureusement Anne de Bretagne vint entraver la niarche des afiTaires, et fit écrire à la Trimouille par l'imbécile monarque de ne point trop avancer en besogne.
Voici en quels termes Mézerai s'explique à ce sujet : « Le )> plus grand ennemi du rcn était, sans contredit, madame la » reine, à cause de ses scrupules de conscience ; elle l'accu- » sait de vouloir sa damnation en combattant les papes et » en assemblant des conciles contre eux; et comme elle lui «^ rompait perpétuellement la tête de ses lamentations , le » pauvre sîre n'avait d'autre moyen de ramener la paix
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i> dans son intérieur que de suspendre la gnerre an moÊttent v) ou il était victorieux, et quand il était sur le point de met- )> tre le pape à la raison. »
Cette excessive condescendance de Louis XII poor sa femme faillit lui coûter la couronne, car les ennemis de ce prince attribuant Tinaction de son général à la faiblesse ou à tm manque d'habileté, en reprirent de Taudace. Les Suisses, qui étaient à la solde de Léon X^ marchèrent contre les Français, les taillèrent en pièces devant Novare, et c'est à peine si la Trimouille put ramener en France quelques milliers d'hommes. Presque au même instant l'Anjou était envahi par les Anglais, la Navarre par les Espagnols, la Bourgogne par une seconde armée de Suisses^ et les provinces limitro^ pbes du Rhin par Maximilien.
Dans cette extrémité, le roi fut obligé d'avoir recours à la clémence de Léon X ; il envoya immédiatement à Kome des ambassadeurs avec des lettres patentes , scellées de son sceau ^ souscrites par lui et expédiées'de son mandement. A leur arrivée dans la ville sainte y les envoyés de la France furent sonmis à un cérémonial des plus humiliants; on les introduisît dans le consistoire que présidait le pape , revêtu d^ornements étincelants d'or et de pierreries; on les Contraignit de se prosterner le front contre terre , en présence des ambassadeurs des cours étrangères , des cardinaux et des nombreux ofiiciers de FÊglise, et alors ils implorèrent avec humilité le pardon de leur maître, promettant en son nom de ne donner à l'avenir aucune assistance aux ennemis du siège apostolique, et de les combattre même à main armée ^ sans fraude ni dissimulation, îk déclarèrent que le roi désapprouvait for-
mellement le concile de Pise ^ qu'il détestait les dëcisions ai^ rêtées dans cette assemblée de schismatiques et d'hérétiques, qu'il s'engageait à poursuivre les prélats qui avaient fait partie de cette assemblée, à les chasser de la ville de Lyoû, du royaume, et de toutes les terres ou seigneuries placées sous sa dépendance, à les livrer enfin à la sainte inquisition, s'il parvenait à les faire prisonniers; en outre, ils signèrent une adhésion au concile de Latran , déclarant le reconnaître conune seul régulier^ et approuvant tous les décrets qu'il avait déjà rendus ou qu*il rendrait par la suite.
Louis Xli fit la paix avec Ferdinand V, en lui promettant sa fille Renée de France pour un de ses petits-fils et en lui abandonnant la Navarre; il obtint l'évacuation des provinces rhénanes occupées par Maximilieu enlui donnant le Milanais; pour faire cesser ses démêlés avec Henri VIII, comme il se trouvait veuf d'Anne de Bretagne, morte depuis quelques mois, il demanda en mariage la jeune Marie d'Angleterre, qui lui fut accordée ; quant aux Suisses , avec de l'or il acheta leur neutralité. Ces arrangements, qui mettaient fin aux opérations de la sainte ligue , n'obtinrent pas l'approbation de Léon X , qui s'était promis de prolonger la guerre entre les différents princes, a6n que Louis XII» occupé à sa propre défense, ne songeât pas à reparaître en armes au delà des Alpes ; et sa Sainteté se disposait à ranimer les discordes et à lancer de nouveaux anathèmes contre la France , lorsqu'il reçut la nouvelle de la mort du roi.
Il en résulta un moment de calme dont le pontife profita pour continuer les travaux du synode de Latran. Sa Sainteté reçut dans une session solennelle les Pères du concile de
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Pise, qui vinrent faire amende honorable de. leur conduite passée; les promoteurs de cette réunion^ les cardinaux de Sainte-Croix et de Saint-Severin, furent obligés de comparaître devant le pape couverts des habits de simples prêtres , et d avouer qu'ils avaient été justement dégradés par Jules II , parce qu'un ecclésiastique ne devait jamais s'élever contre le chef de l'Église.
Dans la même séance, Léon X fit publier le décret relatif à rimmortalité de l'âme. « Nous ordonnons à tous les philo- » sophes qui professent dans les universités» de combattre )) les sentiments qui s'écartent de la foi enseignée par TËy> glise , en établissant que l'âme est mortelle comme le corps, » et que le monde est éternel. »
Martin Luther affirme dans ses ouvrages que Léon X niait positivement l'immortalité de l'âme; et qu'un jour, après avoir écouté deux habiles docteurs qui discutaient sur cette question fondamentale du dogme chrétien , il termina la dissertation par cette singuhère conclusion : (( Les raisons que » vous donnez pour laffirmative me paraissent profondément )) pensées; mais je préfère la négative, parce qu'elle est dé- » terminante pour nous engager à soigner notre corps, et » pour acquérir de Tembonpoint. »
On rendit dans l'assemblée de Latran un nombre considérable de décrets sur différents sujets de controverse religieuse; ils offrent trop peu d'intérêt pour que nous les rapportions dans leurs détails. Au milieu des débats politiques, Léon>X poursuivait ses projets d embellissements pour Rome, et faisait continuer, sous la direction de Julien de San Gallo , la construction de la célèbre basihque de Saint-
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^erre^ dont les dessins avaient été £aits soas le pontificat (précédent par François Lazzari Bramante^ célèbre architecte sorti des rangs du peuple, comme presque tous les grands artistes.
On doit rendre cette justice à Jules 11^ qu'il savait eor courager les arts; et quoique les travaux qu'il commanda aient eu pour résultat de faire surgir des monuments inutiles aux hommes^ il n'en est pas moins vrai que ce fut à lui que Rome dut l'exécution du projet formé par Nicolas y» d'élever à la place de l'ancienne église de Saint- Pierre une basilique qui n'eût jamais d'égale dans ancune ville du m(mde. Bramante soumit à sa Sainteté dififêrents plans, parmi lesquels s'en trouvait un représentant une cathédrale avec deux corps d'églises et deux clochers; ce fiit ce plan qu'adopta le pape. U nous en reste enoH^ uoe médaille gravée par le &meux artiste Corodasso. Des ouvriers au nombre de plus de huit mille furent employés à la démolition de l'ancienne basilique ; Bramante jeta les fondements du nouveau monument, et poussa les travaux avec une telle célérité, qu'il était facile de comprendre que l'artiste voulait avoir seul la gloire de mener à sa fin un projet gigantesque qui demandait la vie de plusieurs hommes. U renversa impitoyablemait les colonnes magnifiques de l'ancienne église, et les r^nplaça par quatre grands arcs qui reposaient sur des massifs énormes; il détruisit les smciens tombeaux des papes et les mosaïques précieuses qui les décoraient. Hardi et ingénieux dans ses conceptions. Bramante Êùsait les voûtes de son édifice en un seul jet, avec une composition de chaox ei de pousière de marbre délayée dans de l'eau» de manièie
que les voûtes paraissaient décorées de mosaïques représentant des calissons et des rosaces.
Malheureusement ces grands ouvrages , exécutés avec tant de précipitation, manquaient de solidité, et les voûtes s ecroulèrent peu d'années après la mort du célèbre architecte. Ceux qui reprirent ces travaux gigantesques, Julien de San Gallo, Peruzzi et Michel Ange, ne conservèrent que les arcs qui portaient le tour du dôme, et firent disparaître toutes les autres constructions.
Léon X continuait toujours à présider les séances du concile de Latran : à la dixième session se présentèrent deux faits remarquables; la publication d'un décret en feveur du prêt à usure, et la promulgation d une bulle contre la liberté de la presse. Dans le premier décret, le saint-père décidait que les monts-da-piélé ou bureaux de prêts sur nantissements étaient autorisés à prélever sur les malheureux un intérêt plus fort que le taux ordinaire, à la condition que ces établissements verseraient dans les trésors du pape la moitié de leurs bénéfices; calcul odieux ^ et qui doit exciter d'autant plus rindigpation, que sous une apparence de philanthropie il achevait de dépouiller les pauvres de leurs dernières ressources. Dans le deuxième décret , le pontife , après avoir énuméré longuement les inconvénients qui résultaient pour la religion de cette fièvre d'instruction qui s'était emparée des esprits, et que l'invention de l'imprimerie tendait à propager, arrêtait dans sa sagesse que les travaux des savants seraient soumis à des censeurs, et qu'aucun livre ne pourrait être imprimé qu'il n'eût reçu l'approbation du vicaire du pape et du mfitre du sacré palais» pour les fidèles qui habitaient les
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états de TÉglise; et des évéques diocésaine ott deâ mqtiisi' teurs de districts, pour les autres pays; et cela, sous peine d'être excommuniés et jugés comme hérétiques, c'est-à-dire d'être brûlés vifs ! Malgré les menaces de Léon X^ celui que de serviles historiens appellent le restaurateur des lettres, et qui cherchait à épaissir les ténèbres qui enveloppaient le monde ^ Timprimerie triompha^ et rien ne put maîtriser cette puissance qui venait briser les trônes absolus et renverser les autels de la superstition. Seulement les temps n'étaient pas venus pour les peuples de s a£Eranchir entièrement de ce joug odieux, et les papes devaient encore peser sur les nations.
Sa Sainteté poursuivit ses projets d'agrandissement pour sa famille, et fit épouser à son frère JuUen la jeune princesse Philiberte de Savoie, sœur du duc Charles^ et de Liouise, mère de François I", qui venait de succéder à Louis XII. Le nouveau monarque profita de cette circonstance pour faire de nouvelles tentatives auprès du saint-siége dans l'intérêt de ses prétentions sur l'Italie, et il envoya deux ambassadeurs , Guillaume Budé , et Antoine Pallavicini , seigneur milanais ^ sous prétexte de le complimenter sur le mariage de son frère; mais en réalité pour lui proposer l'abandon du duché de Milan, en échange d'une principauté pour Julien de Médicis, qui serait composée des états de Parme, de Plaisance , de Modène et de Re^o, et dont le frère du pontife serait investi comme feudataire du saintsîége. Cette proposition, quoique très-conforme aux vues de sa Sainteté, ne fut pas accueillie, parce que déjà l'empereur Maximilien avait fait des offres plus brillantes.
François 1*% furieux de se voir éconduit, et soapçoimant
Texistence d'une nouvelle coalition contre lui, résolut de surprendre ses ennemis avant qu'ils se fussent réunis; il franchit les monts et pénétra jusqu'aux portes de Milan avant que les armées du pape et de ses alliés eussent opéré leur jonction ; les Suisses seuls avaient eu le temps de descendre de leurs montagnes et se trouvèrent prêts à disputer le passage aux Français. Ils étaient au nombre de plus de quarante mille, c'est-à-dire égaux en forces à leurs ennemis; et ils avaient de plus que ceux-ci l'avantage de combattre dans un pays ami, et, en outre, ils étaient animés par le souvenir de leur victoire de Npvare.
Lorsque les Suisses se trouvèrent en face des Français, ils firent une manœuvre habile pour les surprendre avant qu'ils fussent rangés en bataille ; d'abord ils chargèrent l'artillerie, qu'ils trouvèrent vigoureusement défendue^ et qui leur fit essuyer une grande perte d'hommes ; ensuite ils attaquèrent les troupes de pied, et ils avaient déjà rompu les premiers rangs^ lorsque la cavalerie française venant à déboucher d'un ravin, tomba sur leurs bataillons et en fit on carnage horrible. De part et d'autre on combattit toute la journée avec une fureur égale; le lendemain la bataille recommença , et pendant quatre heures encore la victoire resta indécise; enfin les Suisses^ désespérant d'enfoncer l'ennemi de front, eurent l'imprudence de changer leur ligne de bataille pour l'attaquer en flanc, et laissèrent entre leur aile gauche et le centre de l'armée un espace vide que les gendarmes français occupèrent immédiatement. Le sort de la journée fut décidé; les Suisses, après des efforts prodigieux de courage, laissèrent le champ de bataille au pouvoir de leurs
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adversaires, et battirent en retraite après avoir perdu qoinze mille hommes ; la perte dei^ Français fut évaluée à cinq on six mille soldats. Cette victoire, qui depuis ht appelée la journée de Marignan, rendit François P' maître du Milanais. Maximilieu Sforce fut contraint d'en faire la cession au vainqueur; il obtint en échange une résidence en France et une pension considérable. Un début aussi brillant frappa l'Italie d'épouvante; Gênes se hâta de faire sa soumission; le pape luimême envoya une ambassade pour complimenter le jeune roi sur un succès qui fe remplissait de rage. François I*% vain et présomptueux comme le sont tous les rois, se crut invincible, et négligeant les conseils des hommes sages, il conclut un traité avec le nonce apostolique, et concéda de grands avantages à la famille des Médicis.
Par une nouvelle ruse , le pape ne parut pas empressé de ratifier les engagements 'pris par son légat ; et lorsqu'il « s'y décida, ce fut sous la condition que François p' se rent drait à Bologne pour discuter avec lui de ^'abolition de la pragmatique sanction ; le roi accorda l'entrevue ^ et se rendit à la ville désignée par le saint-père avec une escorte de six mille lansquenets et de douze cents hommes d'armes* IjC pontife avait déjà pris les devants et attendait François I**; de sorte qu'à son entrée dans Bologne le roi fut reçu par vingt-quatre cardinaux^ tous revêtus de chapes rouges; ensuite on le conduisit, au son des cloches et des instruments, au palais pontifical. Léon X accueillit le jeune vainqueur avec cette politesse obséquieuse qui caractérise les prêtres de toutes les époques , et laccabla d'éloges outrés.
« Ce qui captiva le plus François 1*', dit un chroniqueur,
))• ce fut la manière gracieuse avec laquelle sa Sainteté disait » la messe; le monarque ne pouvait pas se lasser de ladmi- )> rer pendant l'office, et il voulut même lui servir de cauda- )) taire, quoi qu'on pût lui dire pour empêcher qu'il ne s avilit D à ce point. » Aussi le pontife eut-il bon marché de son hôte; il eut Tair de céder à ses sollicitations en rendant au duc de Ferrare les villes de Modène et de Reggio, dont le saint-siége revendicpiait la possession ; et en retour il exigea que François T' abandonnât le duc d'Urbin , son allié ^ dont les états étaient à la convenance de Julien de Médicis , attendu que leur réunion à ceux de Florence devaient lui constituer une souveraineté, qui s'étendrait depuis la mer de Toscane jusqu'au golfe de Venise ; enûn il arracha au faible monarque la promesse d'abolir la pragmatique sanction , sous la condi-* tion secrète que le pape lui faciliterait les moyens de conquérir le royaume de Naples après la mort de Ferdinand le Catholique.
Hamelot de la Houssaye raconte plusieurs aventuresscandaleuses sur quelques dames de la cour qui avaient eu la permission de venir à Bologne pendant l'entrevue des deux souverains, et entre autres sur une des maîtresses du roi , nommée Marie Gaudin, qui était d'une beauté remarquable. Il paraîtrait que cette dame avait fixé l'attention de sa Sainteté, et que par un accord entre François I" et Léon X, elle avait répondu à la passion du pape, qui lui donna, comme souvenir, une bague de grand prix, qui fut conservée précieusement dans la maison de Sourdis, avec la dénomination de diamant Gaudin.
Le pontife et le roi de France se séparèrent satisfaits l'un
de l'autre , le premier parce qu'il avait gagné un royaume à sa famille^ le second parce qu'il avait eu l'honneur de porter la queue de la robe du pontife. Cet accord apparent entre les cours de Rome et de France mécontenta si vivement fempereur Maximilien, qu'il se répandit en injures contre Léon X , disant c( qu'on ne pouvait attendre rien de bon des » papes, et que si celui-ci ne l'eût pas trompé» il eût été le » seul qui eût montré de ta bonne foi depuis saint Pierre. » 11 ne s'en tint pas à des récriminations ; et pour se venger du saint-père^ il entra immédiatement en Italie, à la tête d'une puissante armée qui remporta plusieurs avantages sur les Français.
Sa Sainteté voyant que la fortune abandonnait ses nouveaux alliés, se tourna du côté du plus fort, se réconcilia secrètement avec Tempereur, et lui envoya deux cents hommes d'armes sous la conduite de Marc -Antoine Golonna. Nonseulement le saint-pcre refusa de fournir au connétable de Bourbon, gouverneur du Milanais pour le roi ^ le secours de cinq cents lances et de trois mille Suisses, ainsi qu'il s'y était engagé, mais encore il poussa l'outrecuidance jusqu'à faire servir ses troupes à ses projets sur le duché d*Urbin, dont il lit la conquête en vingt-deux jours. Puis, encouragé même par Finipunité, il forma une conspiration avec les bannis de Milan , avec le chancelier Moron et avec les Golonna, pour faire de nouvelles vêpres siciliennes et égorger tous les Français qui se trouvaient dans le duché. Fort heureusement le connéuible de Bourbon eut connaissance de ce complot, et il en instruisit immédiatement le roi, en lui demandant Tautorisation de châtier le pape. Fran-
çois I" répondit qu'il fallait ramener sa Sainteté par les voies de douceur, et ne point en venir à de fâcheuses extrémités.
Cette réponse indigna tellement le connétable, qu'il se démit sur l'heure de son commandement, et qu'il écrivit au prince^ (c qu'il savait bien que des astrologues avaient prédit » que Léon X ferait son frère Julien roi de Naples, et son » neveu Laurent duc de Milan, mais qu'il n'avait jamais sup- )> posé que le roi de France laisserait accomplir la prophé- » tie^ et surtout qu'il servirait de marchepied aux Médicis » pour les élever sur ces trônes. »
Depuis ce moment, François I" fit tant de fautes^ qu'il semblait réellement qu'il prît plaisir à ruiner ses affaires pour renforcer le parti de ses ennemis. Il autorisa le chancelier Duprat à régler avec Léon X ce fameux concordat qui détruisait toutes les libertés de l'Ëglise gallicane ; il consentit à l'abolition de la pragmi^tique sanction; il rétablit le payement des annates, non d'après la taxe ancienne, mais suivant la valeur réelle des bénéfices ecclésiastiques, ce qui augmentait encore les revenus du pape. En vain le parlement de Paris, les chapitres, les universités ^ la Sorbonne même ^ réclamèrent contre la violation des élections canoniques , le monarque refusa de céder aux représentations de ses sujets^ et contraignit le parlement à enregistrer le concordat.
De son côté, Léon publia au concile de Latran une bulle
pour abroger la pragmatique, pièce extrêmement curieuse, à
cause du ton superbe que le chef de TÉglise affecte dans son
langage, et par les prétentions qu'il émet ouvertement sur VII. 5
la domination universelle, au;5si bien temporelle que spirituelle de son siège. Il déclare que les conciles sont inférieurs aux papes ; que tous les fidèles doivent avant tout obéissance absolue au saint-siége ; que le pape a le pouvoir de biffer et de lacérer tous les décrets rendus par les assemblées ecclésiastiques , par les rois ou par les parlements^ en faveur de la pragmatique, et que ceux qui refuseront de se conformer à son décret seront excommuniés, déchus de leurs honneurs, de leurs dignités , et que leurs terres seront mises en interdit.
A la dernière session du concile, Léon eut soin de faire voter par ses cardinaux une imposition extraordinaire de décimes; qui fut prélevée sous prétexte d'une croisade contre les Turcs. Pendant que sa Sainteté était occupée à réparer le désordre de ses finances avec les dépouilles des peuples, Ferdinand V languissait sur un lit de douleur, attaqué d'une hydropisic. Toujours fourbe et hypocrite jusque dans les bras de la mort, le vieux roi se fit revêtir d'un habit de moine pour feindre l'humilité ; enfin il rendit à l'enfer son âme exécrable. Ce monstre avait mérité le surnom de Catholique à cause de sa cruauté envers les hérétiques; sous son règne, l'inquisition condamna près de cent mille personnes qui avaient le malheur d'être trop riches ou trop vertueuses; et un historien ajoute que pour peindre ce tyran en peu de mots , il suffit de dire qu'il avait Tâme de Louis XI et le cœur de Néron.
Après la mort de Ferdinand V, le saint-père, au lieu de remplir la promesse qu'il avait faite à François P' relativement au royaume de Naples, en revendiqua la possession pour sa famille; et afin d'assurer le succès de ses projets, il investit
solennellement son neveu Laurent deMédicis des états du duc d'Urbin; il déposséda le cardinal Petrucci et ses deux frères Borghèse et Fabius, de la ville de Sienne; il dépouilla plusieurs cardinaux de leurs biens ; et enfin, par sa tyrannie^ il souleva contre lui une haine si violente, que Petrucci et Bandinelli de Sauli voulurent s'en servir pour organiser un complot contre sa vie. Ils firent des ouvertures à plusieurs de leurs collègues sur leur projet de se défaire du pape, et gagnèrent même un médecin qui traitait sa Sainteté pour une fistule à Tanus, et qui avait promis de l'empoisonner dans un clystère ; malheureusement Léon conçut quelques soupçons et changea de médecin. Cette détermination fit craindre aux conjurés une trahison, et plusieurs quittèrent Rome ; mais comme il n'en était rien, quelques-uns reprirent courage, et Petrucci se détermina à poignarder Léon X de sa main pour en finir.
D eut le tort de s'en ouvrh' à quelques cardinaux et d'écrire aux autres conspirateurs piour convenir du jour de l'exécution; le saint-père, prévenu à temps, plaça des espions chez plusieurs de ses ennemis, intercepta des correspondances, et eut bientôt entre ses mains les fils du complot. Selon son habitude, il dissimula pour se venger; il combla de caresses les cardinaux qu'il redoutait le plus; il rappela Bandinelli à sa cour, et promit même de rétablir Petrucci et sa famille dans la ville de Sienne ; à cet effet il adressa à son ennemi un sauf-conduit pour qu'il vînt discuter les conditions de sa réînstallation avec^lui, et jura sur l'Evangile qu'il n'avait à ' redouter aucune tentative contre sa personne.
Petrucci tomba dans le piège et vint à Rome. Au moment où il entra au Vatican^ des sbires l'étranglèrent; les autres
60 HISTOIRE DES PAÇES. [1517.]
conjurés qui étaient hors de la ville sainte furent condamnés à l'exil, privés de leurs biens et de leurs honneurs. Sa Sainteté publia ensuite qu'elle consentirait à recevoir en grâce ceux qui offriraient au saint-siége une somme d'argent en expiation de leur crime et en rapport avec l*énormit6 du délit. Plusieurs cardinaux eurent l'imprudence d'ajouter foi aux promesses du pape et vinrent pour, traiter de leur rançon ; sans autre procédure, le souverain pontife les fit arrêter; les uns furent empoisonnés dans leurs cachots, les autres furent décapités, quelques autres fiirent écartelés , enfin le cruel Léon X n'ayant voulu épargner aucune de ses victimes, il en résulta qu'il fut obligé de faire une promotion de trente et un cardinaux pour remplacer les vides qu'il avait faits dans les rangs du sacré collège.
Ce n'était pas seulement en Italie que le pape trouvait une formidable opposition ; en France, tous les gens de bien faisaient éclater leur indignation contre la bulle qui anéantissait la pragmatique sanction; le parlement résistait ouvertement au roi et refusait d'enregistrer le concordat ; l'Université de Paris protestait avec la même vigueur, et le recteur faisait afficher dans tous les carrefours de la capitale un mandement qui défendait aux libraires et aux imprimeurs de distribuer ou d'imprimer un seul exemplaire du concordat, sous peine d'être retranchés du corps universitaire; bien plus , les docteurs se réunirent en assemblée consultative et formulèrent un acte d'appel à un futur concile , déclarant le synode de Latran un conciliabule de simoniaques. Ils décrétèrent que le pape n'était ni impeccable ni infaillible, et qu'il était du devoir des fidèles de lui résister lorsqu'il comman-