C.ALIXTE i
Élection de Guy, arcnevêque de Vienne. — Concile de Toulouse. — L'cmpereui- Henri renonce aux investitures. — Concile de Beims. — Conférences de Mouson et de Gisors. — Le pa])e Calixtè fait son eulrte à Rome. — Fuite de l'antipape. — Histoire d'Abailard et d'Héloïse. — Supplice de l'antipape Grégoire VIII. — Calixte exerce seul l'autorité pontificaie. — Concile de Latran. — Plaintes contre les moines. — Mort de Calixte.
Guy, métrojiolitain de Vienne , arriva à Cluny quinze jours après la mort de Gélase ; il fut aussitôt jiroclamé souverain ponlif'e par les cardinaux et les évèquos, et consacré sous le nom de Calixte IL 11 était lils de Guillaume surnommé Tête-hardie, comte de Bourgogne, parent des empereurs d'Occident et des rois de Fiance. Sa sœur Guille avait épousé Humbert II, comte de Maurienne, et leur lille Adélaïde, nièce de l'archevêque, était reine de France. Aussi l'élection de Guy fut-elle approuvée avec enthousiasme non- seulement en Italie, mais encore en Allemagne; tous les prélats de Germanie lui jurèrent obéissance et a]ipri)uvèrent la convocation du concile qu'il devait tenir à Reims; l'empereur luimême promit de se trouver à celte assemblée, afin d'opérer la réunion des Églises.
Néanmoins le saint- père jugea prudent d'envoyer des ambassadeurs à Henri pour déterminer les bases d'une alliance. Guillaume de Champeaux, évêque de Chàlons, et Pons, al)bé de Cluny, furent chargés de cette mission délicate. Ceux-ci représentèrent au prince qu'il était im|iossible d'établir un accord parfait entre le saint-siége et l'empire tant que la couronne conserverait le droit d'investiture. Après quelques conférences l'empereur déclara qti'il consentirait à céder son jirivilége au pape, à condition (pi'il lui serait accordé une ii)mpensalioH é(piitaiile; ensuite il lit serment sur rEvan,£ile, entre les mains
de l'évêque et de l'abbé, de maintenir l'intégrité de l'engagement qu'il venait de prendre.
Pons et Guillaume, satisfaits du succès de leur négociation, revinrent aussitôt à Paris, auprès du saint-père. Calixte les écoula avec un air d'incrédulité, et s'écria : « Ph'it à Dieu ([uc la chose fût déjà laite ! » Cependant il désigna la ville de Mouson pour le siège des conférences et pour signer délinitivement le traité. Le saint-père se rendit ensuite au concile de Reims, où il trouva réunis plus de trois cents évèques d'Italie, de Germanie, d'Espagne, d'.Vngletcrrc et de France, ainsi qu'un grand noiuJM'e de seigneurs laïques de toutes les provinces.
A l'ouverture de la séance, le pape ex[)liqua aux Pères les différentes causes qu'ils avaient à examiner. Celle du roi Louis fut appelée la première. Le prince, suivi des principaux seigneuis de sa cour, entra dans la salle , et vint s asseoir sur l'estrade, à côté du siég'e du souverain pontife. Il parla en ces termes : « Nous venons, mes Pères, vous signaler la conduite déloyale de Henri I" d'Angleterre, qui nonseulement a envahi une de nos provinces, la Normandie, au mépris des traités, mais encore s'est emparé de la personne du duc Robert, sou frère, notre vassal, et depuis longues années il le garde dans les cachots de Londres. Déjà, à plusieurs reprises, je l'ai sommé de me rendre son prisonnier, sans que les prières, les plaintes ni h's menace-j aient pu
changer sa résolution ; cl maintenant vous voyez à mes c<5tés Guillaumo, fils de ce noble duc, qui vient implorer les secours de vos lumières et de votre justice pour recouvrer ses Etals, »
Hildegarde, comtesse de Poitiers, se présenta à son tour devant l'assemblée avec les dames de sa suite. Elle accusait le comte Ciuillauuie son mari de l'avoir abandonnée miir vivre dans un honteux commerce avec Mauberglon, femme légitime du vicomte de Chàtellerault. Le saint-père lit appeler à haute voix le comte de Poitiers afin qu'il se justitiàt devant le synode. L'évèque de Saintes et les autres prélats de r.\(pitaine, ses créatures, répondirent que leur seigneur était gravement malade. Cette excuse fut admise par le concile, qui accorda un délai au comte pour se présenter à Rome, ou pour reprendre sa iérame, le déclarant excommunié s'il refusait d'obtempérer à l'une de ces conditions. On appela encore quelques affaires d'une minime importance ; ensuite le saint-père annonça la clôture des sessions, et il ajouta : « Nous allons nous rendre à Mouson, mes frères, où l'empereur nous attend pour traiter de la paix de l'Église; l'archevêque de Reims, celui de Rouen, et quelques autres prélats, dont la présence est nécessaire à cette conférence, nous accompagneront. Nous vous supplions pendant notre absence d'adresser à Dieu de ferventes prières pour le succès de notre entreprise. Nous serons bientôt de retour parmi vous, et nous reprendrons le cours de nos sessions, avant de vous renvoyer en paix dans vos demeures; enfin, lorsque le concile sera terminé, nous irons nous-même trouver le roi d'Angletene, notre fils spirituel et notre parent selon la chair ; nous l'engagerons à faire cesser tous les sujets de discorde qui existent entre lui et Guillaume son neveu; et nous frapperons d'un terrible anathème ceux qui fermeront l'oreille à nos paroles. »
.\rnvé à blouson, Galixte réunit en conseil les prélats de sa suite, et il leur soumit les actes qui avaient été dressés de concert entre lui et Henri. Après cet examen, le cardinal de Crema, les évèques de Viviers et de Châlons, et l'abbé de Cluny, furent envoyés avec ces actes au camp de l'empereur pour qu'il leur donnât son approbation définitive.
D'abord Henri se défendit d'avoir rien promis de semblable ; alors Guillaume de Ghampeaux, ne contenant plus son indignation, s'emporta contre le prince, l'appela traître et fourbe, et lui demanda s'il était prêt à jurer sur l'hostie qu'il n'eût pas déposé cette promesse entre ses mains. L'eaipereur fut obhgé d'avouer ([u'il avait en effet donné un écrit à peu près semblable; mais il ajouta qu'il n'avait point réfléchi qu'on ne pouvait en exécuter la teneur sans affaibUr considérablement l'autorité royale. L'évèque lui répliqua : « Prince, vous cherchez encore une excuse à votre déloyauté; le pontife ne prétend point diminuer votre puissance; il déclare au contraire que tous vos sujets, quel que soit leur rang, doivent vous suivre à la guerre et vous servir comme par le passé, ainsi qu'il était d'usage sous vos prédécesseurs. Ne croyez donc point que votre couronne soit avilie parce qu'il vous sera défendu de vendre les évèchés; votre autorité sera au contraire plus respectable aux yeux des peuples, lorsque vous aurez
renoncé de votre plein gré à un trafic sacrilège. » L'empereur demanda alors jusiju'au lendemain pour en conférer lie nouveau avec ses barons, et pour les déterminer adonner leur consentement à l'exécution de sa promesse.
Galixte, désespérant de triompher de l'obstination du roi, voulait reprendre aussitôt la route de Reiras, pour éviter les pièges que pouvait lui tendre le monarque allemand ; néanmoins il se rendit aux conseils du comte de Troyes et de plusieurs autres seigneurs qui l'engageaient à rester jusqu'au lendemain, afin d'ôter toute excuse au mauvais vouloir de Henri. Dès que le jour parut, l'évèque de Ghàlons et l'abbé de Cluny retournèrent au camp, et ayant été admis devant l'empereur, ils lui dirent : « Nous pouvions, seigneur, nous retirer hier, mais Sa Sainteté n'a pas voulu rompre avec vous pour un délai de quelques heures ; et elle attend encore que vous souscriviez les traités qui doivent assurer la tran([uillité de l'Eglise. Voici ces actes; aucun obstacle maintenant ne saurait s'opposer à leur ratification. » Henri s'emporta contre les prélats, disant qu'on le pressait trop vivement pour lui arracher la souscription du traité, et qu'il voulait attendre la diète générale des États, qui seule jiouvait décider sur une question qui intéressait tous les seigneurs de son royaume.
Guilliurae de Ghampeaux et Pons rompirent à l'instant les négociations, et se retirèrent sans prendre même congé du prince. Après leur départ, l'empereur envoya des troupes qui avaient ordre d'assiéger le château où s'était retiré le pape; mais Galixte avait déjà quitté la place et s'était réfugié en grande diligence dans une autre forteresse imprenable qui appartenait au comte de Troyes, Henri dépêcha alors un courrier à Galixte pour l'engager à revenir sur ses pas, promettant de signer définitivement les traités avant deux jours. Le pape fit cette réponse au roi : « J'ai accompli par amour de la paix ce qui n'a jamais été fait par aucun de mes prédécesseurs; j'ai quitté un concile général et je suis venu trouver un homme qui n'a dans son cœur aucune disposition pour la concorde. Je me retire donc; cependant, si après la tenue du synode, Henri comprend qu'il doive tenir ses promesses, je lui pardonnerai et le recevrai à bras ouverts, » Il continua sa route et arriva le jour même à Reims, où il célébra l'office divin dans la cathédrale.
Le lendemain on reprit les sessions du concile, et Jean, prêtre-cardinal, fît ainsi connaître le résultat de la négociation entamée avec l'empereur : « Nous nous sommes rendus à Mouson, mes frères, comme nous vous l'avions annoncé, afin de conclure la paix avec le roi Henri; nous avons trouvé ce prince à la tête d'une armée de trente mille hommes, comme s'il venait terrasser de nombreux ennemis. Alors redoutant quelques projets sinistres, nous avons fait fermer les portes du château où se tenait le saintpère, et nous nous sommes présentés seuls au camp de Henri. Plusieurs fois nous avons demandé au nom du pape à entretenir le prince en particulier sans pouvoir l'obtenir; et lorsqu'enfin cette faveur nous eut été accordée, nous nous sommes vus entourés de soldats qui cherchaient à nous intimider en agitant leurs lances et leurs épées. Cependant
CALiXIE il
La belle Héloise
nous étions venus sans armes, comme des ambassadeurs chargés de traiter de la paix.
a L'empereur nous a parlé avec une feinte douceur, demandant à voir le pape pour lui rendre hommage, disait-il, lorsque nous savions qu'il voulait s'emparer de sa personne, comme il avait fait à Rome du ponfife Pascal. Enfin, toutes nos espérances ayant été trompées, nous nous sommes empressés de revenir à Reims, pour échapper aux troupes que le tyran avait mises à notre poursuite. »
Après avoir entendu ce rapport, les Pères approuvèrent la conduite de Galixte, et décrétèrent plusieurs canons contre la simonie et contre les investitures des évèchés et des abbayes. On condamna également les usurpateurs des biens de l'Eglise, et l'on publia la défense de laisser les bénéfices à titre d'héritage, et d'exiger un salaire des fidèles pour administrer le ]>aptcme, le saint-chrème, l'cxlrèmeonclion et la sépulture.
Dans la dernière séance, on chanta l'hymne du Saint-Esprit; le pape exhorta tous les assistants à la Concorde et à la soumission envers l'autorité du saintsiége; ensuite il fit distribuer des cierges allumés à tous les prélats portant crosse ; on ouvrit les portes de l'église, toutes les cloches de la ville furent lancées à grande volée, et à la lueur des cierges, au son lugubre des cloches, Galixte, debout sur les marches de l'autel, prononça solennellement une sentence d'excommunicatiim contre l'empereur Henri et contre l'antipape Grégoire \'I1I.
Le concile étant terminé, le pontife se rendit à (jisors pour conférer avec le roi d'Angleterre : Henri I" le reçut avec de grands honneurs, se prosterna à ses pieds et lui jura soumission et fidélité. Galixte le releva avec bonté, et après l'avoir embrassé, il lui dit : « Notre cher fils, comme il faut, selon la loi de Dieu, restituera chacun ce qui lui appartient, nous vous prions de rendre la liberté à Robert, votre
IIISTOIHE DES PAPES
frôre, cl le duché do Normandie à son lils. » IjO jirince répondit : « Je n'ai point dépouillé mon frère de ses Etats ; mais j'ai délivré cette province, l'héritage de mon père, dos nobles qui la couvraient de désastres. Les monastères étaient mis au pillage, les religieux massacrés, les vierges déshonorées; on brûlait les églises et on égorgeait les malheureux qui cherchaient ui^asilc dans les lieux sacrés. Je suis donc venu ausecours de ce peuple affligé, et comme j'ai reconnu qu'il était impossible de l'arracher à la tyrannie des seigneurs sans employer la puissance du glaive, j'ai été forcé de faire la guerre.
o Dieu, favorisant mes desseins, m'a donné la victoire, et j'ai rétabli le règne des lois et la sécurité publique; cependant il était nécessaire, pour consolider la paix, que mon frère Robert restât prisonnier en Angleterre, où il est traite avec tous les honneurs et les égards que son rang et les liens du sang me commandent. Je n'ai point oublié que nous sommes frères, et si l'on ne m'avait enlevé son (ils, je l'aurais fait instruire avec le mien. »
Calixte, satisfint de celte réponse, accorda au roi Henri la confirmation des privilèges que son père avait obtenus pour l'.^ngleterre et pour la Normandie ; il lui promit en outre de n'envoyer dans son royaume, en qualité de légats, que les prélats qui seraient demandés par lui-même ; enfin, il le pria de rendre son amitié au prélat Turstain, et de le rétablir dans l'archevêché d'York ; mais le prince objecta qu'il avait fait serment sur l'Évangile de ne jamais recevoir en grâce ce métropolitain. « N'estce que cela? répliqua Calixte; faites ce que je vous demande sans vous inquiéter de rien ; je suis pape, et je vous permets de violer votre serment. »
Après cette conférence, le pape se détermina à se rendre en Italie pour prendre posssssion du saintsiége; il se dirigea vers les .^Ipes et entra dans la J.>ombardie, où le peuple l'accueillit avec une grande vénération. Ensuite il traversa la Toscane et vint à Lucques, où la milice lui fit une réception, triomphale ; à Pise il fut accueilli avec le même enthousiasme, et il fit la dédicace d'une des églises de cette ville. A mesure qu'il s'approchait de Rome, son cortège se grossissait des populations qui venaient à fa rencontre, et qui l'accompagnaient dans sa marche.
Celte manifestation générale épouvanta les partisans de l'empereur et de Grégoire VIII, qui, n'osant plus demeurer au palais de Latran, s'enfuirent à Sutri et s'enfermèrent dans la forteresse, en attendant les secours d'Allemagne. Après le départ de l'antipape, la milice romaine s'avança à la rencontre de Calixte jusqu'à trois jours de marche ; et lorsqu'il approcha de la ville sainte, les écoles, les seigneurs, les magistrats et les moines vinrent le recevoir à la porte principale, tous portant des rameaux en signe d'allégresse, et chantant dés hymnes à sa louange. Les rues, richement ta[)issées, étaient jonchées de leurs; et l'affluence du peuple était si considéraljle, ue le cortège employa dix heures pour défiler deant le palais.
Dès le lendemain de son installation, le ^int-père s'occupa de l'organisation d'une armée et de la conclusion d'une aUiance avec les Normands, afin d'accélérer la ruine de la faction du roi de Germanie et
de Bourdin. En eiïet, par Sfs soins des troiqies furent bientôt réunies sous les ordres de Jean de Crema, cardinal de Saint- Chrysogone, qui vint mettre le siège devant Sutri, résidence de l'aiilipnpe. On raconte que Calixte lui-même dirigea les havaux du siège, et monta plusieurs fois à l'assaut, le casque en tête et l'épèe au poing. Enfin, après une vigoureuse résistance, les soldais allemands, décimés par les malailies et par le fer de l'ennemi, consentirent à faire leur soumission, et livrèrent Bourdin à son compétiteur. Le pontife eut la cruauté de le faire mutiler honteusement par les mains du bourreau; on lui creva les yeux, on lui ai radia les parties naturelles; l'infortuné fut placé à rebours sur un chameau, la queue entre les mains en guise de bride, et une peau do mouton sanglante étendue sur les épaules, pour figurer par dérision la chape écarlate dont les pontifes étaient revêtus. Dans cet état il fut conduit jusqu'à Rome, afin de prolonger son humiliation et ]mar intimider par cet exemple de sévérité les ambitieux qui oseraient aspirer au saint-siège.
L'antipape fut ensuite relégué dans le monastère de Cave; l'année suivante il fut transféré au couvent de Janula, d'où plus lard Honorius le fitenlever pour l'enfermer près d'Alatri dans l'abbaye de Fumon,où il acheva ses jours misérablement. Telle fut la fin de l'infortuné Maurice Bourdin, prélat distingué par son mérite, et cjui n'avait commis d'autre faute que celle d'avoir voulu se placer entre l'autel et le trône, dans le moment où ces deux pouvoirs se disputaient la prééminence.
Pour laisser à la postérité un monument d'i sa victoire, le pontife fil décorer magnifiquement une salle du palais de Latran, où il était représenté foulant à ses pieds l'antipape Grégoire VIII. Il fit raser les palais de Cencius Frangipane et ceux des autres seigneurs qui s'étaient montrés ses ennemis ; il chassa de leurs châteaux les comtes italiens qui d(''vastaient les domaines de l'Église, et parvint à rétablir le gouvernement absolu dans tous les États de l'Italie.
Calixte n'ayant plus d'ennemis à combattre, s'occupa des querelles religieuses des autres Églises, et envoya son légat Conon et l'archevêque Raoul le Verd à Soissons, pour juger en concile un écrit sur la Trinité, composé par Picri-e Abailard, un des plus remarquables dialecticiens du douzième siècle.
Cet homme extraordinaire, cjue ses amours ont rendu encore plus célèbre que ses vastes connaissances, était fils du seigneur d'un petit bourg nommé Palais, situé dans les environs de Nantes. Dès sa plus tendre jeunesse il s'était livTé avec une ardeur incroyable à l'étude des fjcience.s et des langues; la poésie, l'éloquence, la philosophie, la jurisprudence, la théologie, les mathématiques, les langues grecque, hébraïque et latine, enfin toutes les connaissances humaines lui étaient devenues familières. Parvenu à l'âge d'homme et désirant compléter ses études, il se rendit à l'université de Paris, dont les professeurs passaient pour les premiers rhéteurs du monde entier.
Parmi eux, l'archidiacre de Notre-Dame, Guillaume de Champeaux, était di'signé comme le prince des logiciens scolastiques. Abailard suivit les cours
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