CHAPITRE XH
DE LA VIE ET DES OPIMOXS DE MONSIEUR CREVEt.
Avez-vous remarqué comme, dans l'enfance ou dans les commenceniens de la vie, nous nous créons tous, de nos propres mains, un modèle à notre insu, souvent? Ainsi le commis d'une maison de banque rêve, en entrant dans le salon de son patron, déposséder un saîou pareil. S'il fait fortune, n; ne sera pas, vingt ans plus tard, leluxealorsà la mode qu'il intronisera chez lui, mais le luxe arriéré qui le fascinait jadis. On ne sait pas toutes les sottises qui sont dues à la jalousie posthume, à l'envie rétrospective, de même qu'on ignore toutes les folies dues à ces rivalités secrètes qui poussent les hommes à imiter le type qu'ils se sont donné, à consumer leurs forces pour être un clair de lune.
Crevel fut adjoint parce que César avait été adjoint, il était chef de bataillon parce que son prédécesseur avait brillé dans la garde nationale. Aussi, frappé des merveilles réalisées par l'aic'iilecte Grindot, au moment où la fortune svait mis son patron en haut de la roue. Crevel, comme il le disait dans sou langage, n'en avait fait ni eune ni deusse, quand il s'était agi de décorer son appartement : il s'était adressé, les yeux fermés et la baurse ouverte, à Grindot. On ne sait pas combien de temps vont les gloires éteintes, soutenues par les admirations arriérées.
Grindot avait recommencé là pour la millième fois son salon- blanc et or, tendu de damas rouge. Le meuble, en bois de palissandre sculpté comme on sculpte les ouvrages courans, sans finesse, avait donné pour la fabrique parisienne un juste orgueil à la province, lors de l'Exposition des produits de l'Industrie. Les flambeaux, les bras, le gardecendres, le lustre, la pendule appartenaient au genre rocaille. La table ronde, immobile au milieu du salon, offrait un marbre incrusté de tous les marbres italiens et antiques venus de Rome, où se fabriquent ces espèces de cartes minéralogiques semblables à des échantillons de tailleurs, et faisait périodiquement l'admiration de tous les bourgeois que recevait Crevel.
Les portraits de feu madame Crevel, de Crevel, de sa fille et de son gendre, dus au pinceau de Pierre Grassou, le peintre en renom dans la bourgeoisie, à qui Crevel devait le ridicule de son attitude byronienne, garnissaient les parois, mis tous les quatre en pendans. Les bordures, payées mille francs pièce, s harmoniaient bien à toute cette richesse de café qui, certes, eut fait hausser les épaules à un véritable artiste.
Jamais l'or n'a perdu la plus petite occasion de se montrer
stupide. Il y aurait aujourd'hui dix Venise dans Paris, si les commerçais retirés avaient eu cet instinct des grandes choses qui dislingue les Italiens. De nos jours encore, un négociant milanais lègue très bien cinq cent mille francs au Duomo pour la dorure delà Vierge colossale qui en couronne la coupole. Canova ordonne, dans son testament, à son frère de bâtir une église de quatre millions, et le frère y ajoute quelque chose du sien. Un bourgeois de Paris [et tous onl, comme Rivet, un amour au cœur pour leur Paris^ penserait-il jamais à faire élever les clochers qui manquent aux tours de Xotre-Dame? Or, comptez les sommes recueillies par l'Etat en, successions sans héritiers ? On aurait achevé tous les embellissemens de Paris avec le prix des sottises en carten pierre, en pâtes dorées, en fausses sculptures consommées depuis quinze ans par les individus du geure-Creveï.
Au bout de ce salon se trouvait un magnifique cabinet, en Bouie. Là chambre a coucher, tout en perse, donnait également dans le Salon. L'acajou dans toute sa gloire infestait la salle à manger où des vues de Suisse, richement encadrées, ornaient les panneaux. Le père Crevel, qui rêvait un voyage en Suisse, tenait à posséder ce pays en peinture, jusqu'au moment on il irait le voir en réalité.
Crevel avait, Comme on le voit , reproduit fidèlement toutes les grandeurs de son infortuné prédécesseur. . Là où, sous la Restauration, l'un était tombé , celui-ci s'était élevé, non par un singulier jeu de la fortune, mais par la force des choses. Dans les révolutions, comme dans les tempêtes maritimes, les valeurs solides échouent, le flot met les planches légères à sa eîme. César Birotteau, royaliste et en faveur, envié, devint le point de mire da l'opposition, tandis que la bourgeoisie se représentait «Ue-méme dans Crevel.
Cet appartement, de mille écus de loyer, qui regorgeait de toutes les belles choses vulgaires que procure l'argent, prenait le premier étage d'ua ancien hôtel, entre cour et jardin. Tout s y trouvait conservé comme des coléoptères chez un entomologiste, car Crevel y demeurait très peu. Ce local somptueux constituait le domicile légal de l'ambitieux bourgeois Servi là par une cuisiaière et par un valet de chambre, il louait deux domestiquas de supplément et faisait venir son dîner d'apparat de chez Chevet, quand il festoyait des amis politiques, des gens à éblouir, ou quand il recevait sa famille.
Le siège de la véritable existence de Crevel, autrefois rue Notre-Dame-de-Lorette, chez mademoiselle Héloïsc Brisetout, était transféré, comme on l'a vu, rue Chauchat. Tous les matins, il passait deux heures rue des Saussayes pour y voquer à ses affaires, et donnait le reste du temps à Zaïre, ce qui tourmentait beaucoup Zaïre. Orosmanc-Crevc! avait un marché ferme avec mademoiselle Héloïsc, elle lui devait pour cinq cents francs de bonheur, tous les mois, sans reports. Crevel pavait d'ailleurs son dîner et tous les extra.
Ce contrat à primes, car il faisait beaucoup de présens, paraissait économique à l'ex-amant de la célèbre cantatrice. Il disait a ce sujet aux négoc'ans veufs, aimant trop leurs filles, qu'il valait mieux avoir des chevaux loués au mois qu'une écurie a soi. Néanmoins, si l'on se rappelle la confidence du portier de la rue Chauchat au baron, Crevel n'évitait ni le cocher ni le groom.
Crevel avait, comme on le voit, fait tourner son amour excessif pour sa fille au profit de ses plaisirs. L'immoralité de sa situation était justifiée par des raisons de haute morale. Puis il tirait de l'immoralité de cette vie (vie nécessaire, vie débraillée, Régence, Pompadour, maréchal de Richelieu, etc.), un vernis de supériorité. Crevel se posait en homme à vues larges, en grand seigneur au petit pied, en homme généreux et habile, sans étroitesse dans les idées, le tout à raison d'environ douze à quinze cents francs par mois. Ce n'était pas l'effet d'une hypocrisie politique, mais un effet de vanité bourgeoise qui néanmoins arrivait au même résultat. En ceci, Crevel croyait avoir dépasse son bonhomme Birotteau de cent coudées.
— Eh bienl dit Crevel en entrant en colère à l'aspect de la cousine Bette, c'est donc vous qui mariez mademoiselle Ilortense Iliilct avec un jeune comte que vous avez élevé pour elle à la brochette ?. . .
— On dirait que cela vous contrarie? répondit Lisbcth en arrêtant sur Crevel un œil pénétrant. Quel intérêt avezrous donc à empêcher ma cousine de se marier, car vous avez fait manquer, m'a-t-on dit, son mariage avec le fils de monsieur Lebas...
— - Vous êtes une bonne fille, bien discrète, reprit le père Crevel. Eh bienl croyez-vous que je pardonnerai jamais à monsieur Ilulot le crime de m'avoir enlevé Josépha?... surtout pour faire d'une honnête créature, que j'aurais fini par épouser dans mes vieux jours, une vaurienne , une saltimbanque, une fille d'opéra... Non, non!
— C'est un bon homme cependant monsieur Ilulot? dit la cousine Bette.
— Aimable?... très aimable, trop aimable, reprit Crevel, je ne lui veux pas de mal; mais je désire prendre ma revanche, et je la prendrai. C'est mon idée fixe!
— Serait-ce a cause de cette envie-là que vous ne venez plus chez madame Ilulot?
— Peut-être...
— Ah ! vous faisiez donc la cour a ma cousine? dit Lisbcth en souriant, je m'en doutais.
— Et elle m'a traité comme un chien, pis que cela, comme un laquais ; je dirai mieux : comme un détenu politique. Mais je réussirai, dit-il en fermant le poing et s'en frappant le front.
— Pauvre homme, ce serait affreux de trouver sa femme en faute, après avoir été renvoyé par sa maîtresse!...
— Josépha! s'écria Crevel, Josépha l'aurait quitté, renvoyé, chassé! Bravo, Josépha! Josépha! tu m'as vengée, je t'enverrai deux perles-pour mettre à tes oreilles, mon ex-biche! .. Je ne sais rien de cela, car, après vous avoir vue le lendemain du jour où la belle Adelinc m'a prié encore une fois de passer la porte, je suis allé chez le? Lebas, à Corbeil d'où je reviens. Héloïse avait fait le diable pour m'envoyer a la campagne, et j'ai su la raison de ses menées, elle voulait pendre, et sans moi, la crémaillère rue Chauchat, avec des artistes, des cabotins, des gens de lettres ... J ai été joué) Je pardonnerai, carlïéloïse m'amuse, c'est une Déjazet inédite. Comme elle est drôle, cette fille-là! Voici le billet que j'ai trouvé hier au soir : « Mon bon vieux, j'ai dressé » ma tente rue Chauchat. Jai pris la précaution de faire » essuyer les phltre* par des amis, tout va bien. Venez qunnd » vous voudrez, monsieur : Âgar attend son Abraham. » Héloïsc médira les nouvelles, car elle sait sa Bohème sur le bout du doigt.
• — Mais mon cousin a très bien pris ce désagrément, répondit la cousine.
— Pas possible ! dit Crevel, en s'arrètant dans sa marche semblable à celle d'un balancier de pendule.
— Monsieur Ilulot est d'un certain âge, fit malicieusement observer Lisbeth.
— Je le connais, reprit Crevel, nous nous ressemblons sous ce rapport: Ilulot ne pourra pas se passer d'un attachement. Il est capable de revenir à sa femme, se dit-il. Ce serait de la nouveauté pour lui, mais adieu ma vengeance Vous souriez, mademoiselle Fischer?... ah! vous savez quelque chose?...
— Je ris de vos idées, répondit Lisbeth. Oui, ma cousine est encore assez belle pour inspirer des passions; moi, je l'aimerais, si j'étais homme.
— Qui a bu, boira! s'écria Crevel, vous vous moquer de moi ! Le baron aura trouve quelque consolation.
Lisbeth inclina la tète par un geste aflirmatif. - — Ah I il est bien heureux de remplacer du jour au lendemain Josépha ! dit Crevel en continuant. Mais je n'eu suis pas étonne, car il médisait, un soir à souper, que, dans sa jeunesse , pour n'être pas au dépourvu, il avait toujours trois maîtresses : celle qu'il se proposait de quîtter, la régnante, et celle à laquelle il faisait la cour pour l'avenir. Il devait tenir en réserve quelque grîsette dans son vivier ! dans son parc aux cerfs! Il est très Louis W. le gaillard I oh! est-il heureux d'être bel homme! Néanmoins, ilvieillil.il est marqué. . il aura donné dans quelque petite ou\ rière
— Oh! non. répondit Lisbeth.
— Ah! dit Crevel. que ne ferais-je pas pour l'empêcher
DE BALZAC
de pouvoir melt.e son chapeau! Il m'était impossible de lui prendre Josépha. les femmes de cette espèce ne reviennent jamais a leur premier amour. D'ailleurs, comme on dit, un retour n'est jamais de l'amour. Mais, cousine Bette, je donnerais bien, c'esl-à-dire je dépenserais bien cincpjaute mille francs pour enlever k ce grand bel homme sa maîtresse et lui prouver qu'un gros père à ventre de chef de bataillon et à crâne de futur maire de Paris ne se laisse pas souffler sa dame, sans damer le pion...
— Ma situation, répondit Bette, m'oblige à tout entendre et à ne rien savoir. Vous pouvez causer avec moi sans crainte, je ne répète jamais un mot de ce qu'on \eut bien me contier. Pourquoi voulez-vous que je manque à cette loi de ma conduite'? personne n'aurait plus confiance en moi.
— Je le sais, répliqua Crevel, vous èies la perle des vieilles filles... Voyons? Sacristie, il y a des exceptions. Tenez, ils ne vous ont jamais fait de rentes, dans la famille...
— Mais, j'ai ma fierté, je ne veux rien coûter à personne, dit Bette.
— Ah! si vous vouliez m'aider à me venger, reprit 1 ancien négociant, je placerais dix mille francs en viager sur votre tète. Dites-moi, belle cousine, dites-moi, quelle est la remplaçante de Josépha, et vous aurez de quoi payer votre loyer, votre petit déjeuner le matin, ce bon café que vous aimez tant, vous pourrez vous donner du moka pur... hein? Oh! commefc'est bon du moka pur!
— Je ne tiens pas tant aux dix mille francs en viager qui feraient près de cinq cents francs de rente, qu'à la plus entière discrétion, dit Lisbeth; car, voyez-vous, mon bon monsieur Crevel, il est bien excellent pour moi, le baron, il va me payer mon loyer...
— Oui, pendant long-temps, comptez là-dessus ! s'cciïa Crevel. Où prendrait-il de l'argent?
— Ah! je ne sais pas. Cependant il dépense plus de trente mille francs dans l'appartement qu'il destine à cette petite dame...
— Une dame!... Comment ce serait une femme de la société! Le scélérat est-il heureux, il n'y en a que pour lui !
— Une femme mariée, bien comme i! faut, reprit la cousine.
—Vraiment! s'écria Crevel en ouvrant des yeux animés autant par le désir que par ce mot magique : Une femme connue il faut.
— Oni, reprit Bette, des talens, musicienne, vingt-trois ans, une jolie ligure chiffonnée, une peau d'une blancheur éblouissante, des dents de jeune chien, des jeux comme des
un pronl upi rh et des petits pieds, je D'en ai jamais vu de par ils, il : pas plus larges que son buse. —.Et les oreilles? demanda Crevel visiblement émoustiile par» ienl d amour.
— Bes oreilles à mouler, répondit-elle.
— De petites mains?...
,f, \ jus dis, en un seul mot, que c est un bijou de femme et d'une candeur, d'une honnêteté, d'une pudeur, d'une
délicatesse, une belle ame, un ange, toutes les distinctions; elle a pour père un maréchal de France...
— Un maréchal de France ! s'écria Crevel qui fit un bond prodigieux sur lui-même. Mon Dieu, sapcrlotte , cré nom! nom d'un petit bonhomme... Ah ! le gredinL.. — Pardon, cousine ! je deviens fou ! Je donnerais cent mille francs, je crois...
— Ah! bien, oui. Je vous dis que c'est une femme honnête, une femme vertueuse. Aussi le baron a-t-il bien fait les choses.
— Il est sans le sou , vous dis-je !
— 11 y a un mari qu'il a poussé... • •
— Par où ? dit Crevel avec un rire amer.
— Déjà nommé sous-chef, ce mari, qui sera sans doute complaisant, est porté pour avoir la croix...
— Le gouvernement devrait prendre garde, et respecter ceux qu'il a décorés eu ne prodiguant pas la croix, dit Crevel d'un air politiquement piqué. Mais qu'a-t-il donc tant pour lui, ce grand malin de vieux baron? reprit-il. Il me semble que je le vaux bien, ajouta-t-il en se mirant dans une glace et se mettant en position. Héloïse m'a souvent dit , dans le moment où les femmes ne mentent pas , que j'étais étonnant...
— Oh! réplirpra la cousine, les femmes aiment les hommes gros, ils sont presque tous bons;' et, entre vous et le baron, moi , je vous choisirais. Monsieur Hulotest spirituel, bel homme, il a de la tournure : mais vous! vous êtes solide, et puis, tenez... vous paraissez plus mauvais sujet que lui !
— C est incroyable comme toutes les femmes, même les dévotes, aiment les gens qui ont cet air là ! s'écria Crevel en venant prendre la Bette par la taille, tant il jubilait !
— La difficulté n'est pas là, dit la Bette en continuant. Vous comprenez qu'une femme qui trouve tant d'avantages ne fera pas d'infidélités à son protecteur pour des bagai et cela coulerait plus de cent et quelques mille francs, caria petite dame voit son mari chef de bureau dans deux ans d'ici. C'est la misère qui pousse ce pauvre petit ange dans le go..ffre ..
Crevel se promenait de long en large, comme un furieux, dans son salon.
. — Il doit tenir à cette femme-là? demanda- t-il après un moment pendant lequel son désir, ainsi fouetté par Lisbeth'
ilesini uni' espère de rage. *
— Jugez-en ; reprit Lisbeth; je ne crois pas qu'il ail encore obtenu e:i' dit-elle eu faisant claquer l'ongle d pouce sous l'une de ses énormes palettes blanches, et il a déjà fait pour dix mille francs de cadeaux.
— Oh! la bonne farce! s'écria Crevel, si j'arrivais avant lui!
— Mon Dieu! j'ai bien tort de vous faire ces cancans-là, reprit Lisbeth ea paraissant éprouver un remords.
— Non. Je veux faire jougir voire famille. Demain je en viager, sur votre lètc, nne somme en cinq pouir
cent, de manière à vous faire six cents francs de i mais VOUS me direz tout : le nom, la demeure delà Dulcinée
LES PAREXS PAUVRES
Je puis vous l'avouer, je n'ai jamais eu de femme comme il faut, et, la plus grande de mes ambitions, c'est d'en connaître une. Les houris de Mahomet ne sont rien en comparaison de ce que je me ligure des femmes du monde. Enfin, c'est mon idéal, c>st ma folie, et tellement que. voyez-vous, la baronne Hulot n'aura jamais cinquante ans pour moi, dit-il en se rencontrant, sans le savoir, avec un des esprits les plus fins du dernier siècle. Tenez, ma bonne Lisbeth, je suis décidé à sacrifier cent, deux cent Chut! voici mes enfans,
je les vois qui traversent la cour. Je n'aurai jamais rien su par vous, je vous en donne ma parole d'honneur, car je ne veux pas que vous perdiez la confiance du baron, bien au contraire! Il doit bien aimer cette femme, mon compère!
— Oh ! il en est fou! dit la cousine. 11 n'a pas su trouver quarante mille francs pour établir sa fille, et il les a dénichés pour celte nouvelle passion...
— Et le croyez-vous aimé ? demanda Crevel.
— A sou âge?. . répondit la vieille fille.
— Oh! suis-je bétel s'écria Crevel. Moi qui tolère un artiste à Héloîse, absolument comme Henri IV permettait Bcllegarde à Gàbrielle. Oh) la vieillesse! la vieillesse!... — Bonjour, Célestine, bonjour mon bijou, et ton moutard! Ah! le voila? Parole d'honneur, il commence à me ressembler Bonjour, llulot, mon ami, cela va bien... Nous aurons bientôt un mariage de plus dans la famille....
Célestine et son mari firent un signe en montrant Lisbeth, et la fille répondit effrontément à son père : — Lequel donc?...
Crevel prit un air fin qui voulait dire que son indiscrétion allait être réparée.
— Celui d'Uortense, reprit— il ; mais re n'est pas encore tout-à-fait décidé. Je viens de chez les Lebas, et l'on parlait de mademoiselle Popinot pour notre jeune conseiller a la Cour royale de Paris qui voudrait bien devenir premier président en province... Allons dn?r.