‹ Histoire des parens pauvresChapitre 94 sur 111 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Au moment où M. de Chabourot, entrant chez sa femme , avait été salué par elle de la révélation de sa dernière et sanglante équipée , il apportait de son côté une nouvelle d'mie nature infiniment plus satisfaisante, mais dont, au mi-

lieu delà scène assez animée que nous venons de rapporter. il n'avait naturellement pas trouvé le placement.

Son ambition de relations extérieures, comme l'appe'ait sa femme, allait être satisfaite. Le directeur du personnel au

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ministère des affaires étrangères, dînant avec lui chez un de leurs amis communs , venait de lui confier qu'un mouvement se préparait dans le personnel des ambassadeurs , et que, par suite de ce mouvement, il serait très prochainement appelé au poste de minisire plénipotentiaire à Francfort.

Habituellement , Mme de Chabourot traitait gaîment les prétentiocs diplomatiques de son mari ; mais quand il lui annonça sa future promotion , elle dut reconnaître avec lui que l'honorable expatriation à laquelle il avait sollicité d'être condamné, était peul-être le remède le plus eflicace qu'ils pussent trouver aux difficultés de leur position.

En effet , quitter Paris et la France était un moyen naturel de soustraire aux malicieux regards de la 'curiosité publique la plaie de leur existence qui," d'abord intime et secrète, avait commencé depuis peu à re\èiir les symptômes extérieurs les plus inquiélans. Il y avait , en outre, à considérer qu'à l'étranger , en supposant que l'obsession de lpur fâcheux persécuteur les y a< compagtiât, un notable dégrèvement néanmoins s'opérerait sur elle par le changement du milieu dans lequel ils vivraient, puisque dans un pays où ni lui ni eux ne seraient connus, il leur serait facile de mena ger à l'accoiutance ro'.urière de Cousinot une transition et une vraisemblance qui lui ôteraient tout d'abord ce qu'elle avait de plus compromettant et de plus dur à leur amourpropre.

Néanmoins, si quelque parti sérieux et utile était à tirer de cette favorable o ci rrence, ce n'est pas au milieu de ses absorbantes préoccupations du moment, qu'il pouvait être donné à Mme Chabourot de l'en extraire : les forcis de son attention étaient ailleurs, et le danger immédiat qui la menaçait lui formait une trop cruelle distraction.

Elle nesc le dissimulait pas, en effet. Quoique l'aide-major eût généreusement promis de mourir sans vengeance, il pouvait facilement arriver, au moment suprême, qu'il se ravisât, et qu'il donnât à sa mort les conséquences posthumes qui étaient à sa disposition, et, ou pouvait presque le dire , dans son droit Jusqu'au moment donc où elle le verrait revenu sain et sauf de l'imprudente épreuve ■ u'clle lui avait ménagée, la malencontreuse provocatrice se sentait à la merci da son ressentiment et de son indiscrétion, ensorie que, par un arrangement bizarre, elle se voyait obligée de lui transporter les vœuxet la sollicitude qu'elle avait d abard réservés pour soi adversaire.

Cette dure et singulière nécessité, après avoir agité son sommeil, continua de l'occuper le lendemain des sou réveil. et à mesure qu'app'orhait l'heure où l'événement devait disposer de l'un ou de l'autre des combitlans, sa mortelle inquiétude ne (it que s'aigrir et s'accroître.

Pour comble de malheur, M de Freneuse, n'aimant pasii déranger ses habitudes, n'avait pas voulu que la rcncon.re eût lieu avant 1 heure ordinaire de son lever, et onze heures déjà étaient passées , sans qu'on eût aucune nouvelle du résultat.

Enfin, sur le midi, comme la baronne, dans une irapatien" le anxiété qu'on aurait pu prendre pour celle d'une mère ou d'une sœur, se tenait derrière le vitrage d une fenêtre donnant sur la cour de son hôtel, afin d'aviser quelques minutes plus tôt les nouvelles qui lui arriveraient, elle vit s'arrêter à la porte de la me un fiacre d'où descendirent deux hommes, qu'à leur tournure militaire et à leurs moustaches, elle dut prendre pour les seconds qui avaient assisté Cousinot. Ne le voyant pas paraître, elle fut sa;sie d'un violent battement de cœur, et fut sur le piint de s'évanouir. Néanmoins, elle eut assez d'empire sur elle-même pour ne point tomber en faiblesse , et, ayant continué de regarder, elle s'aperçut que les deux étrangers parlementaient avec le concierge, mettant même à leur conversation une assez grande animation.

Ce singulier colloque ne finissant pas, elle se retourna vers M. de Chabourot , qui, assis au coin de la cheminée , s'occupait, plus tranquillement peut-être que ne le comportait la situation , à lire son journal, et lui dit :

— Je pense que les témoins de M. Cousinot sont en bas ; ils ont avec Antoine je ne sais quelle interminable discussion; allez donc voir un peu de quoi il s'agit , car je me meuis d'impatience d'être renseignée.

Etant aussitôt sorti sur le perron, M. de Chabourot appela son coLcierge, et lui demanda à qui il en avait.

— Ce sont, répondit celui qu'il interrogeait, deux Messieurs que je ne connais pas; ils ont dans celte voilure un blessé qui leur a indiqué son ad.esse ici pour y lo^er. Monsieur ne nf avant pas donné d'ordre pour faire de sa maison un hôpital, je ne veux pas les laisser entrer.

Il faut croire que le cher Cousinot n'était pas atteint bien gravement, puisqu'il avait eu la présence d'esprit de se faire, de sen mauvais cas, une occasion pour s'introduire dans la maison où il avait constamment montré !a volonté de s'installer; à moins tou efu i que, frappé à mort, il n'eu! voulu se ménager la vergeance d'offrir à la baronne le spectacle effrayant de son agonie.

Ces deux prob'bi'ités traversèrent rapidement la pensée de M de Chabourot, qui, pour savoir à quoi s'en tenir, prit le parti d'aller jusqu'à la voiture et de s'expliquer lui même avec les étrangers

— Nous arrivons, dit l'un d'< ux, du bois de Vincennes, où M. Cousinot. que vous c mai: sez sans doute, vient d être touché dans une rencontre II nous a\ait di avant le combat que, s'il était blessé, nous eussions à le mener chez M le baron de Chabourot , nie de Varennes. C'est bien ici, je pense Cependant le concierge prétend que nous nous iroinpsns, et veut nous reavoyer.

— Est-ce qu'il est gravement atteint? demanda le baron avaut toute chose et allant au faii qni l'intéressait.

— Une simple balle dans le gras du bras droit, qui n'a, à ce que dit notre ami lui-même, offensé aucuuc partie essentielle, mais qui l'a empêché de continuer le combat.

— Et son adversaire? continua M do Chabourot.

CHARLES RABOU. - LE CAPITAINE LAMBERT

— Rien, puisque du premier coup qu'il a tiré, Cousinot a été.atteint.

— Permettez, reprit alors le premier interlocuteur, vous vous occupez là, Monsieur, à recueillir des nouvelles; mais notre ami, qui a perdu beaucoup de sang, s'est évanoui depuis une dizaine de minutes; il lui faut donc de prompts secours; ainsi, voyez si Cousinot n'est pas aussi inconnu ici que le dit cet honnête concierge et si vous avez le crédit de le faire admettre, veuillez vous décider, autrement nous allons liler sur l'hôpital du Gros-Caillou.

— Quand même vous vous seriez mal adressés, Messieurs, répondit noblement le baron, qui d'ailleurs, de cette manière, esquivait l'aveu explicite de sa relation intime ave3 l'aide-major, il suffirait qu'un homme fût à ma porte, blessé,

pour que je ne lui refusasse pas des soins nécessaires à ipn état. Faites donc entrer la voiture, je vais appeler mes gens pour qu'on le transporte dans un appartement.

Alors de sa fenêtre, où elle continuait d'observer dans la plus douloureuse attente tout ee qui se passait. Mme ce Chabourot vit que le (iacre s'approchait jusqu'au bas du perron; aidés de deux domestiques, les seconds de Cousinot le tirèrent pâle, sanglant et inanimé, de la voiture, et commencèrent a le monter vers le logement que M. de Cbabourot avait désigné; elle ne douta pas alors qu'il ne fût mort, etsi elle n'eut pas au malheur dont elle se croyait la ca>:se. le regret qu'on aurait dû attendre d'elle, elle eut au moins des événemens qui devaient suivre assez d'effroi et d'émotion pour lui tenir lieu de la torture d'un remords.

CHAPÏTME IV.

Un médecin du voisinage ayant été appelé, mit aussitôt le premier appareil sur la bless*rc, qu'il jugea, comme Cousinot lui-même, d'une très médiocre gravité. Ce pansement opéré et le malade une fois couché dans un lit bien bassiné, il reprit complètement connaissance, et, voyant M. de Chaboucot à ses côtés :

— Ah I ah ! dit-il, me voilà encore de ce monde , et chez de bons amis dont les excellens soins m'auront bientôt remis sur pied. Ce M. de Freneuse tire juste, et je crois qu'il a mis de la bonne grâce à ne pas me viser à la tête, car il ne lui en coûtait pas plus de m'y planter une balle, si bon lui eût semblé.

— Je vous engage à peu parler , dit alors le confrère de l'aide-major, et à laisser en paix des souvenirs qui pourraient vous donner de l'émotion.

— Bah! reprit le blessé, je me trouve à merveille, et autant causer de ça que d'autre chose.

— Oui, mais il n'est nullement nécessaire que vous causiez d'autre chose ou de ça, dit alors un des témoins de l'aide-major. Vous voici, comme vous le disiez tout-à-1'heure, en bonnes mains ; nous allons donc vous laisser et nous reviendrons prochainement vous voir.

— C'est juste , dit Cousinot, vous avez vos affaires, et je n'ai plus besoin de votre assistance; mais à bientôt.

— Aujourd'hui même nous viendrons prendre de vos nouvelles, répondirent ses camarades, et ils sortirent.

Le médecin ayant laissé les prescriptions nécessaires et voyant une garde installée auprès du malade, en fit autant , en sorte qu'il ne resta plus auprès du blessé que M de Cbabourot.

— Ah çà ! fit alors Cousinot à voix basse, et tandis que la garde tracassait dans la chambre, vous allez me trouver un peu sans gêne, de venir ainsi descendre chez vous. Mais, ma foi, comme j'ai l'intention de donner ma démission le plus

tôt porsible, je n'ai pas voulu la dater d'un hôpital militaire, et puis il faut en finir, et puisque d'un moment à l'autre je devais venir m'elablir ici, j'ai pensé que si je revenais de ce duel, l'occasion serait bonne, et ma foi me voilà.

— Vous avez bien fait, repartit le baron, sans mettre toutefois une grande chaleur à cette approbation.

— Hum ! repartit l'aide-major. j'aurais peut-être fait quelchose de plus agréable à vous et à cette bonne Mme de Chabourot, en m'en allant tout droit dans l'autre monde , car vous étiez alors débarrassés de moi.

— Vous nous suppposez . répondit M. de Cbabourot. des sentimens d'inhumanité qui ne sont point les nôtres. Croyez que ma femme a eu du regret à et qu'un premier mouvement lui a conseillé; déjà nos rapports avec voas ont commencé à se mettre sur un pied meilleur; vous entendrez la raison, j'espère, et puis nous sommes à la veille de quelque r, ment dans notre existence qui arrangera peut-être bien des choses.

Cousinot n'eut pas le temps de demander l'explication de ces paroles, car un domestique vint dire au baron que Madame lui faisait dire de de se rendre auprès d'elle.

Dans le fait, la pauvre darne, qui n'avait eu encore aucuue«xplication de tout ce qui se passait dan? sa maison, et qui avait appris seulement que Cousinot était bien vivant, avait peut-être un peu le droit de se montrer curieuse d 0tre plus complètement mise au fait. Ayant donc demr.. blessé s'il n'avait besoin de rien, sur sa réponse négative. M. de Chabourot le quitta pour satisfaire au mandat de comparution qui lui était signifié.

Resté seul, notre digne ami Cousinot se mit à songer.

Car que faire en uu lit, à moins que l'on ne songe.

11 récapitula toutes les phases par lesquelles avait déjà passe la lutte dans laquelle il était engagé, et, quelle que fût

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sa modestie naturelle, il ne put s'empêcher de reconnaître que, jusque-là, s'il avait manœuvré avec bonheur, il avait aussi manœuvré avec habileté. Ses progrès, au milieu des différens obstaclej dont sa route avait été semée, n'en restaient pas moins incontestables , et le lieu même où il se voyait en ce moment, suffisait à lui en donner la mesure. Maintenant que ferait-il ?

Il continuerait à suivre la ligne ferme et modérée dans laquelle il avait marché. Suivant le programme prédédemment formulé par lui, il s'offrirait à Mlle de Chabourot comme le successeur, l'ayant-droit et le continuateur de Charles Villeneuve; au moyen de ses séductions personnelles, de la grande connaissance qu'il se supposait du cœur des femmes, et de l'habileté qu'il aurait de s'insinuer d'abord auprès de la jeune fille en lui parlant du défunt chéri dont personne ne lui donnait la consolation de l'entretenir, il espérait arriver dans un temps assez prochain à se faire passablement venir d'elle. Il est vrai de dire aussi qu'il se sentait la ressource, à un certain moment, dont l'opportunité lui serait indiquée par les circonstances, de compléter l'entraînement de sa fascination en faisant à sa future une confidence mesurée des raisons qu'elle avait, ainsi que les autres membres de la famille, pour ne pas reconduire trop rudement ; mais c'était là une extrémité à laquelle, suivant son instinct de passer les choses en douceur, il ne devait se décider qu'autant que l'empressement de ses soins et la recommandation de son mérite se trouveraient décidément sans influence; supposition qu'il admettait assez difficilement.

Quant au reste de son avenir, il se déduisait tout seul de ce premier succès obtenu. En Mlle de Chabourot était implicitement comprise une dot. Or, substituant à la raison de sans dot, dont il est lire dans l'Avare de Molière un parti si concluant, la raison non moins étourdissante d avec une dot :

Avec une dotl se disait l'heureux aide-major, j'aurai une maison tenue sur un bon pied, où je pourrai noblement recevoir mes amis.

Avec une dot ! j'aurai chevaux, équipages, loge à l'Opéra, maison de campagne pour la saison d'été, à moins que je n'aime mieux la passer à quelque établissement thermal, ou aux bains de mer, ou en Suisse, ou en Italie.

Avec une dot! continuait ce dormeur éveillé, serai-je exclusivement occupé de ma femme qui se trouvera, alliance assez rare, une des beautés de Paris? Hum! cest selon, et cela dépendra beaucoup d'elle : si elle sait me captiver, me retenir, à la bonne heure! mais si, blasé sur les enivremens de sa possession, mon cœur venait à se latiguer d'elle!...

Avec sa dot! j aurais bientôt fait de lui trouver une ou plusieurs suppléantes qui, à leur tour, seront suppléées par d'autres, de telle sorte que ma vis ne soit qu'une chaîne non interrompue de plaisirs et de folles amours.

Avec une dot! ajoutait-il, ceci était un menu détail rétrospectif, mais qui témoignait du bon cœur et de la loyauté de notre rêveur, je paierai ce que je dois à Mme Bouvard et

je lui ferai cadeau de quelque somme pour donner de l'extension à son établissement.

Puis, reprenant son essor, sa pensée remontait aux plus étourdissantes visions.

Avec une dot! si l'ambition vient à s'emparer de moi, je me ferai nommer membre de la représentation nationale; je serai, — peut-êlre, — un très éraineDt orateur et deviendrai directeur-général, ministre, ambassadeur, et décoré de plusieurs ordres français et étrangers.

Avec une dot! je puis, si je l'aime mieux, me jeter dans la haute philantropie, fonder, inspecter ou administrer quelque établissement de bienfaisance ; m'occuper de la propagation de la vaccine, de souscriptions au profit des Grecs ; couronner des rosières et encourager l'usage de la gélatine de Darcet, appliquée à la nourriture des classes souffrantes et laborieuses, après toutefois que l'Académie des sciences aura achevé de décider si ladite gélatine contient quelque principe nutritif et si ceux auxquels on l'administre sont simplement gommés à l'intérieur ou réel'ement alimentés.

Avec une dot !... allait continuer cet infatigable explorateur du plus brillant avenir, quand la femme qui le gardait lui apporta une tasse d'une infusion que le médecin avait prescrite. Cousinot la porta à ses lèvres, en prit une gorgée dans l'a bouche, mais la rejetant aussitôt : Que me donnezvous là, malheureuse, s'écria-t-il, avez-vous mission de m'empoisonner?

La vérité est que la bouillotte dans laquelle avait chauffé l'eau, ayant été mal rincée, lui avait communiqué un goût détestable, mais sans qu'aucune intention eût préparé cette malenconlre, qui ne pouvait d'ailleurs avoir sur la santé de laide-major aucune influence fâcheuse ; maig dans la position assez étrange qu'il s'était ménagée, ayant, par surprise et presque violemment, envahi le domicile des Chabourot, il se trouvait en ce moment à leur discrétion, et la mesure de ce que pouvait oser le ressentiment de la baronne lui avait déjà été donnée. Il ne douta pas alors que, sur sa promesse de ne pas donner suite à sa mort, si elle arrivait par le fait de son duel, on ne se fût arrangé de manière à rendre sa blessure mortelle et à continuer dans sa tisane ce qu'avait commencé le pistolet de M. de Freneuse — Dites à M. de Chabourot que je veux lui parler, s'écria-t-il d'une voix terrible ; puis, comme la garde lui faisait observer que le docteur lui avait recommandé le calme et qu'il s'émouvait plus que déraison : — Yeux-tu aller le chercher, fit-il d'un accent plus animé encore, vieille sorcière, ou je me lève et j'y vais moi-même, après t'avoir traitée comme tu le mérites !

La pauvre femme, épouvantée, s'imagina qu'il était pris d'un transport au cerveau, et, au lieu de sortir comme elle en recevait l'ordre, elle se mit à tirer violemment tous les cordons de sonnette pour appeler du secours, se gardant bien d'ailleurs de le quitter, de peur qu'il ne se jetât par la fenêtre ou n'attentât à ses jours en quelqu'aulre manière Voyant dans cette conduite la suite bien marquée du complot qu'il soupçonnait, Cousinot supposa que l'infirmière

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donnait le signal à des assassins apostés, et, se précipitant hors de son lit, il courut s'armer de la pelle à l'eu qu'il brandissait de la main gauche, son bras droit étant en écharpe et engagé dans l'appareil posé sur sa blessure. A la vue de ces symptômes, selon elle non équivoques d'un accès de fièvre chaude, la pauvie femme, déplus en plus épouvantée, se précipita vers la porte qu'elle ouvrit en appelant à l'aide de toutes ses forces; heureusement, un renfort puissant lui arrivait. M. de Chabourot, accompagné de

la baronne, accourait su bruit des sonnettes qui avaient retenti dans toute la maison, pensant qu'il devait se passer quelque chose d'extraordinaire dans la chambre du blessé, et ne voulant pas laisser aux domestiques le soin de le démêler. Voyant qu'à son aspect de quasi-nature la baronne s'était enfuie, et que le baron n'avait pu se tenir de rire, l'aidemajor conclut que ses jours n'étaient pas aussi menacés qu'il avait £ru, et, se réintégrant dans son lit, il parut prêt à entrer en explication.

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