TRAITEMENT DU PARTICIPE PASSE DANS LES PATOIS
Les patois sont des langues dont le développement a été interrompu et retardé. Négligées à une certaine époque par les classes éclairées du pays où on les parle, elles se sont trouvées, après plusieurs siècles, fort en retard sur la civilisation des mêmes pays. Comme elles ont néanmoins assez de ressources pour satisfaire aux besoins d'une classe nombreuse d'hommes, elles subsistent longtemps à côté des langues cultivées, auxquelles elles font les emprunts nécessaires à l'expression des idées nouvelles que le temps apporte avec lui. Ce ne sont pas des langues mortes : elles ont la vie et le mouvement ; mais la vie est chez elles moins complète et le mouvement plus lent. Les patois sont donc plus rapprochés de l'origine commune des langues sœurs et il y a profit à les étudier. A notre point de vue particulier, l'étude des patois offre encore un autre avantage. C'est le peuple qui fait les langues et une langue qui ne sera parlée que par le peuple échappera nécessairement à l'influence et aux théories des grammairiens ; elle se développera dans le sens de son génie propre .
Si les tendances de la laugLie étaient en faveur de l'accord, le peuple a dû suivre ces tendances jusqu'au bout. Dans l'hypothèse contraire, sa logique inconsciente et
sûre aura supprimé l'accord partout où il l'aura pu sans nuire à l'expression de sa pensée. Examinons :
Tous les patois de la France peuvent se ramener à deux groupes principaux : ceux de la langue et oc et ceux de la langue iroil. Les deux groupes différaient peu à leur origine dans le traitement du participe, qui y était à peu près le même. « Le provençal, écrit Diez (m, 270) — et il entend parler de la langue classique du xif siècle — le provençal ne connaît pas de règle stricte, mais il fléchit volontiers, surtout lorsque le régime précède ; après le relatif le participe est partout fléchi ; voy. à ce sujet les Leys II, 382. Voici seulement quelques exemples pour établir la comparaison avec le français : 1 . Participe placé avant le régime : ai fag tantas clamors, Choix, m, 278 ; que renégat a tota cortesia, id., v, 5 ; ai passatz pons ni plancas, id., v, 3. — IL Participe placé après le régime : la doussa votz ai auzida, Choix, m, 91 ; la chanso quel joglar avia fâcha, id., v, 32; la crotz qu'avem perduda, id., iv, 115; mais qu'ieu ai sufertz, ibid.
Telle était la syntaxe du participe provençal au xii* siècle . Il y a loin de cette langue aux patois méridionaux dont J. F. Schnakenburg a donné un Tableau (Berlin, IS-^O). Les fables Camides de la Fontaine en bers gascoiois (Bayonne, 1776) ne suivent pas de près la syntaxe des anciens troubadours. Le paysan méridional aime plus que jamais à matériahser sa pensée ; il lui faut une langue luxuriante et épanouie ; il veut dans sa phrase beaucoup de paroles et dans ses paroles beaucoup de syllabes sonores. La prononciation des participes féminins et pluriels, plus large et plus harmonieuse que celle du masculin singulier, a dû lui plaire toujours davantage. Cependant les méridionaux ne font pas l'accord partout où il serait possible ; ils le font moins que le français classique, beaucoup moins que l'ancien provençal.
Dans beaucoup de provinces le participe passé a conservé presque entièrement les terminaisons du provençal classique. Il y a trois conjugaisons :
masc. sine. masc. plur. fémin. sing. fémin. plui'.
1" conjug. cantat cantats cantado cantados
2' — perdut perduts perdudo perdudos
3^ — sentit sentits sentido sentidos
Dans quelques contrées, en Auvergne, par exemple, le féminin pluriel est adas, udas, idas. Le t final du masculin singulier tombe dans le Périgord et le Limousin, mais ce n'est pas une règle générale. Uo et Va final au féminin se changent volontiers en e muet, par suite du déplacement de l'accent.
Dans le patois béarnais des Basses-Pyrénées et dans le gascon des Hautes-Pyrénées, les personnes lettrées font souvent par imitation du français l'accord avec le pronom relatif que ; mais le peuple ne le fidt point et le poète d'Espourrins écrit sans accord.
Go leougé, co boulatgé (cœur léger, cœur volage}
Dise l'infourtunat,
La tendresso e l'aniou
Que you t'en dat,
Qu'ey aquiou lous refus
Qu'ey méritât !
L'accord n'a jamais lieu avec le pronom interrogatif.
Ex. :
Quin chibaou habét croumpat? (Quel cheval avez- vous
acheté ?)
Quins chibaous habét croumpat ? (Quels chevaux...) Quino baco habét croumpat? (Quelle vache...) Quinos bacos habét croumpat? (Quelles vaches...) On traite de même les locutions combien de et autres
semblables. Ex. :
Couan dé chibaous habét croumpat? (1)
L'accord a lieu avec les pronoms personnels, le, la, les,
quand ils précèdent le participe. Ex. :
Fables Causides, lou Loup et l'Agnét :
Qu'en as mentit, que l'as trouhladc.
(t) Extrait d'une note communiquée par M. Labougle, proi'esseur d'espagnol au lycée de Tarbes.
Ni dans lo Béarn ni dans les autres pays méridionaux on ne fait l'accord avec le participe postposé, comme le firent dans le Nord les poètes du xiif siècle. On dit :
Fables Causides:
Lou Uenard un jour à disna Qu'abé counbidat la cigougne.
La syntaxe des environs de Bordeaux ne dilFère pas ou diffère peu de celle du Béarn. On lit dans un Noël en patois de ce pays [Noels nouveaux par Ian Lorreau, Nantes, Le Monnier, sans date).
Rostre billet n'a pas disnat, Prenez de nostre micque Que ly abam portât.
Très novles Reys l'en bisitat, De bets escut ly en portât.
A l'autre extrémité des Pyrénées, dans le comté de Razès (Limoux), l'accord paraît se faire à peu près comme en français. Ex. :
Les libres qu'aben legits nous an amusats. La letro qu'aben legido nous a fait pla de plasè. Abex bist aquelis goujats? (Avez-vous vu ces jeunes gens i) Les aben bistis.
Abex bist aquedos fennos? Las aben bistos.
L'auxiliaire être lui-même prend l'accord : la bilo e.s esta do brullàdo.
Dans certaines contrées du Languedoc, aux environs de la petite ville de Le Vigan surtout^ on constate une particularité bien remarquable. L'accord, quand il se fait, n'a lieu que pour le genre. Les participes gardent la même terminaison au singulier et au pluriel. Ex. :
To lettro, l'ai legido ^ ta lettre, je l'ai lue. Tos lettres, los ai legido.
Toun libre, l'ai legid.
Tous libres, lous ai legid.
Ai perdut ma bousso, l'obez pas troubado l ^^ j'ai perdu ma bourse...
Ounté as croumpat lous aubres qu'as plantât! = les arbres que...
L'accord u'a pas lieu quand le régime est interrogatif. Ex. :
Quantos noubellos ohez pourtatl Quelles nouvelles avez-vous rapportées?
Il y a aussi, comme ailleurs, tendance à supprimer l'accord après le que relatif. Le poète Michel clans la Foire de Beaiœaire (Schnakenburg, p. 129) dit :
La commaïre Tonne to dis, Qu'auren aquest 'an bonno Fieiro, Que crei d'y gagna la verguieiro (dot) D'une fillo qiCa raaridat.
La langue populaire actuelle de la Provence est bien différente de l'ancien provençal, que la Société des Félibres tente non sans succès de faire revivre. Le patois de la montagne vers Draguignan et Digne n'est pas tout à fait celui de la plaine vers Marseille. L'accord a toujours lieu, comme dans le français classique, dans la plaine et dans la montagne. Ex. :
Avès légi la létre que vous aï mandade? Noun. Ta mère es anade a Marseille, l'aï rescontrade. Que nouvèle as aprésse déspui ier l Ere fresque coume la rose que l'éigagne a bagnade. (Que la rosée a baignée).
Un poète moderne dit en parlant de la Mort qui vient de frapper un médecin fameux (Oberlin, p. 52) :
L'injusto ! avrie degu d'uiio tant bello vido
Df'stournas dei ecrets.
Noun per recouneissenci, au mens per interest Car lou pauro toujour l'avie tant btn servido.
^ Cependant, d'après l'un de nos correspondants, le patois de la plaine, vers les bords du Rhône, se rapproche de celui de Nimes et il est difficile d'y reconnaître d'autre accord que celui du genre. Ex. :
La poumo qu'ai jitado ero (jastado. (La pomme que j'ai jeté<î...
Li i)oumo qu'aven jitado eron gastado. (Les pommes que nous...
Couneissés li dos femo que soun agrouvado (accroupies) davant la porte l Noun, lis ai pasm/o. (Je ne les ai pas vues.)
La chato qu'ai embrassado es ma fiho (la demoiselle que j'ai embrassée) ; quelli qu'avès accompagnado soun sei cousino.
Mi dos chatouno se soun proimienado emé vostro sorre. (Mes deux filles se sont promenées...)
Lés enfant de Tescolo se soun proumena emé lou mestre.
Cet affaiblissement de l'accord est très remarquable. L'instinct populaire, qui l'a reçu de la tradition, le subit comme à regret et semble vouloir s'y soumettre le moins possible.
Si maintenant nous quittons la côte pour nous diriger vers le centre de la France^ dans le Rouergue d'abord et l'Auvergne ensuite, nous y trouverons deux syntaxes différentes des précédentes et surtout différentes entre elles. L'accord semble avoir toujours lieu dans le Rouergue, quelquefois même quand le participe précède le régime. Voici quelques-uns des exemples que nous envoie M. Roques, ancien principal du collège de Villefranche.
Quallo loïçon obez apprise ?
M'o sounat. (Il m'a appelé).
M'o sounado. (Il m'a appelée.)
Lous aï laissats sourti. (Je les ai laissés sortir.)
Lo peno qu'aï obudo o sourti. (La peine que j'ai eue à sortir.)
Les marchandises qu'an pesados.
Bous a dounados los ejpUcations qu'o pongut.
Conformément à la logique, coûté, participe neutre, ne prend pas l'accord (1).
(l) 11 le proiiil, au contraire, en provençal. Ou dit : « coustas.
Lous bint mille francs qu'aquel houstel o constat.
Nous retrouvons en Auvergne, surtout dans les environs de La Tour (Puy-de-Dôme), la syntaxe déjà signalée dans le Béarn et que nous retrouverons dans les patois du Nord; le participe précédé du pronom personnel s'accorde ; il reste invariable, s'il est précédé du relatif que. Ex. :
ScHNAKENBURG, p. 176: Que lou bou dieou vous trate couma z'avez trata lei defuns é couma m'avez tratada (et comme vous m'avez traitée).
IbicL, p, 177 : M'apelassias plus Nouémi, apela me Mara, perço que lou bon dieou m'o ramplkla d'amarteuma... m'o ben aflezada, é m'o fait bercop de mahr.
Ces textes sont de la Haute-Auvergne; dans la Basse- Auvergne on ajoute à \a final un e mi-muet, qui rend la lecture assez difficile. Ex. :
La vatshae que vous m'agae vindiu ne vaôt pas quellae que jou on ayae atshatae ve Rotshaefot. (La vache que vous m^avez vendue ne vaut pas celle que j'avais achetée à Rochefort.)
Les istoueras que se nous ae countae sont bien tzentae. (Les histoires qu'on nous a racontées...)
La tshinea erea inraetsadae et se l'ae tuadae. (La chienne était enragée et on l'a tuée.)
Ici, comme dans le Languedoc, l'accord ne se fait qu'en genre. Ex. :
Mas sors sont tombada de tshavae et se sont blassada. (Mes sœurs sont tombées de cheval...)
La cordiudae que mas sors fagueron dien lae mountagnae, las a bian fatigadae. (La promenade que mes sœurs ont faite...)
Moun frère s'ein blassa Mous frères se sont blassa Ma sor s'ein blassadae Mas sors se sont blassadac.
Nous concluons de ces textes que l'accord, dans les patois de la langue d'oc, a perdu depuis le xif siècle et
est menacé, dans plusieurs contrées, de disparaître tout à fait. Le patois (fu Dauphiné qui, g-éographiquement parlant, appartient encore à la langue d'oc, ne fait presque plus l'accord. Ex.:
Champol. Figeac, Nouv. Recherches sur les patois, p. 147 :
J'ai dous agneux que n'ont pas prey la rougny, Je suis d'avis de lous alla auFri. (V. Noëls)
... La viergi a la fraichou de la rousa (rose) Qu'il niey de may la rousa (rosée) a mouilla.
Ibid., p. 103, poésie de 1740:
Tu dévia cey veni, ma poura ricandella. . . T'ouria veu Cupidon, y t'ourit caressia, Y t'a toujour ama depeu qui t'a blessia.
Ibid., p. 154:
0 mort que jai choisi Per ma granda medailli !
Il va sans dire que l'accord se fait quelquefois quand le régime précède.
. .Qu'U at migeat de chair son saou cettes ('estes, Va ([u'il at oubliât les pertes qu'il a faites.
Les visions de la bienheureuse Marf/uerile de Duin, écrites au xiii'' siècle en patois du Dauphiné, ne le font jamais.
Ibid,, p. 161 : Quant avez huy racontar alcuna graci que nostre sires a faijt a acuns de sous amis.
Ibid., 162: Yo vos diroy la reyson pro que crey que Deus las ly a fait (la graci).
Ibid., 162 : Citi creatoro aveyt escript en son cor la soinLi via que Deus menot en terra.
Dans ce dernier exemple le participe précède le régime, mais il marque l'état, et l'accord n'a pas lieu davantage. Le Nouveau Testament de la secte des Vaudois, manuscrit de la même époque, suit la même syntaxe.
Ibid., p. 113 : E poisqu'ol ac consuma totas cosas, grant fam fo fait.
PATOIS DU NOPx,D (oii langue d'oil.)
Si des provinces méridionales nous passons aux provinces du Nord, nous y trouverons des hommes doués, en apparence, d'une imagination moindre et moins amoureux de la parole, froids, pressés de dire, parce qu'ils sont pressés d'agir, supprimant, quand cela est possible, des mots dans les phrases et des syllables dans les mots, qui disent :
Je fus au Heu de fousqueri. vu — bégut.
pu — pongut.
su — sabut.
Il pleut — plaouget.
Ces hommes ont dû souvent supprimer l'accord que les méridionaux suppriment quelquefois. Nous commencerons par l'Est, d'où nous irons au Nord pour finir à l'Ouest.
D'après MM. Champol. Figeac et Schnakenburg, les patois du Nord commencent, à l'Est, sur la rive droite du Rhône sorti du lac de Genève. Ces patois diffèrent nécessairement peu de ceux des environs de Grenoble. Prenons celui de Gex. Dans le patois de ce pays, comme dans ceux du Bugey et du Valromey, le participe passé construit avec avoir est toujours invariable.
{'"' conjugaison.
Là brava chanson quêtj'ài chanta (la joUe chanson que) Les bravet fenet quet li a embracha (les jolies personnes qu'il...)
L'honeto homo quet j'ai rencontra Los honetos homos quet j'ai rencontra.
•2" conjufjaison.
La lettra qiiet j'ai feni.
Qiiinta lettra a te apporta det Nentoua ? (Quelle lettre as-tu apportée...)
Lo bonet quet j'ai vêtu Les bonets quet nos eu vêtu.
3* conjugaison.
Lo letvro que fa? reche m'a charma (le livre que j'ai reçu).
Los letvros quet fai reche.
La fena quet j'ai vie iret brava (la femme que j'ai vue était...)
Les fenets quet li an vie irant grant (les femmes qu'ils ont vues...)
4^ conjugaison.
La soma quet tia rendu la fèt plietsi (que tu lui as rendue...)
Los bomos quet los gapious en prêt (que les douaniers ont pris) sur la Valselena irant fort (1).
Quoique beaucoup plus rapproché du français moderne, le patois Charollais suit la même syntaxe que celui du pays de Gex. È s'y prononce comme ai dans;> le hais, et ai comme dans bataille. Le participe passé construit avec avoir ne prend pas l'accord. Ex. :
Les histoires qu'ô nous a raconté étain amusantes.
La t'sène (chienne) étot enraidzi : ol' l'a tuè.
La vatse (vache) que vous m'ez vendu n'vaut pas c'te là que dzai acheté à Charolles.
La promenade que mes seurs ont fait, les a bien fatiguai.
I se sont apreçu trop tard qu'i s'étaîn trompai.
(l) Extrait d'une note de M. Berrod de Nantua.
Nous devons ces textes à M. Laronze, professeur au lycée de Nantes, dont la famille habite le CharoUois. Les Noels bourguignons de Gui Barozai (B. de la Monnoye, mort en 17^8, à 88 ans) observent la même règle. Ex. :
Adam nos aivo mâcherai (m. à m barbouillés).
J'avein l'amo si noire,
Que n'elein pas daigne d'entrai
Dans la moizon de gloire.
Même absence d'accord dans la Franche-Comté.
Je lis dans Fallot de Montbéliard [Recherches sur les patois de Franche- Comté, p. 1 19) : Et fa laichie les boenes où Chailemigne les ai piantai (il faut laisser les bornes où Charlemagne les a plantées). C'est un proverbe en prose : ni la rime ni la mesure n'empêchaient l'accord, s'il eût été d'usage.
La syntaxe du patois lorrain diffère à peine de celle des autres patois de l'Est. Si l'on trouve quelquefois l'accord, c'est lorsque le participe est précédé du pronom personnel, la, les ; il n'a pas lieu quand le régime est un que relatif, encore moins lorsque le régime suit le participe. Toutes ces règles se trouvent appliquées dans la première stance du Noël sur les Trois Rois. Au septième vers /' est explétif; le régime est que.
Oberlin, page 79 :
Boin jo, mou bé Faillon,
Sans ve déplaire, qui sont
Teurtos solet, qu'sont tôt esprès vos,
Qu'nos ont bailli ht Irance et ca let pô,
Da qu' je les évons vus
Sur let montaigne
Qu' l'ont dechandu,
Et qu' tenont teurtôt let campaigne ?
Si nos evint pris,
Nous ferint-ils meuri ?
Ibid., p. 138. Lo Mavais tirou de vi?i : erdjouons mait'nant pou vaere loquél de nos que vré bais è le caive pou framé hs ondchattes, que d'jai laichi d'envié (les robinets que j'ai laissés ouverts.)
Ibîd., p. 147 : Dj'en ne seroïs vo dére bin-eddrae tortotes lis belles elîaires, que dj'ons vu.
Ibid., p. 151 : Dje vno vœre, se vos nos vlae t'ni lis promesses, que vos nos an fait.
Le Lorrain peint par lui-même, Metz, Lorette, 1851, page 42 :
E vos belles geans dé lé vèlle.
Nié lontamp que ve n'eveus btièmé.
Ve ne tratieus tojo d'imbécèlle, Quand j'otans déssu le mèrché.
Lo Méricge des Branves, Schnakenburg, p. 255 :
L'ancien munin d'Woipy, qu'at moût (mortuus est); Dieu veuille awouet s'n'âme et li perdonnet les motures qui ni'et prins d'trap [çiril m^a prises).
Le patois de la Champagne a moins d'individualité que les précédents et se rapproche de ceux du Centre. Cependant le participe reste invariable dans les textes que nous avons étudiés.
P. Tarbé. Recherches sur l'histoire des patois de Champagne, p. 129 : Oui, ma foé ! J'en ai des noyées (des terres). Via pour la daxième foué que j' l'o fsumé que je les ai ensemencées).