PATOIS DU CENTRE
Ces patois, que nous n'avons point étudiés dans le pays, nous semblent, dans les livres, avoir un caractère plus effacé que ceux des provinces frontières. Sauf quelques formes dialectales, le Glossaire nous donne des mots français et surtout une syntaxe française. On reconnaît à peine un patois dans les phrases suivantes : il a mangé toute la soupe et n'en a pas laissé lèche-doigt. — Des chansons ! j'en savais mais que d'une, mais du depuis je
les ai toutes desapprises {Gioss. desapprendre). — Le chien s'est emmanché enmi les ouilles et les a toutes abagées {Gl. enmi). Dans les exemples où se trouve l'accord, le régime est le pronom les. Il en serait de même avec que : nous avons affaire à un patois académique. Je doute pourtant qu^m paysan du Berry prononce : il les a toute-z-abagées.
Une légende Morvandelle, intitulée : La Veuve et le Trésor du dimanche des Rameaux écrit aussi avec l'accord du participe : « Las répies qu' oll avaient liannées pendimant l'temps d'iai mouchon, ateint chu l'point d'fini. » Les mots sont du patois rustique sans doute, mais je me défie du paysan qui écrit un peu plus loin la phrase suivante : « Quée joie, mon Dieu ! soun âme n'atot p'assez grande poo t'ni toot son bounheur et son aïté. »