‹ Histoire des participes françaisChapitre 14 sur 22 · PATOIS POITEVIN ET SAINTONGEOIS · texte numérisé non relu

PATOIS POITEVIN ET SAINTONGEOIS

Ce patois a conservé en grande partie son énergie native. On le cultive et on l'aime pour lui-même dans le pays. Toutes les classes de la société savent par cœur les poésies poitevines. M. le baron de Wismes, président de la Société d'archéologie de Nantes, possède deux Recueils de Noels, dont un grand nombre sont en patois du pays. La librairie Robin et L. Favre, à Niort, publie une série d'études sur ce patois. La Chanson de Nichan, écrite en 1806 pour Madame de Perlongue, par le spirituel Paliau, notaire aux Sables-d'Olonne, est restée populaire ; c'est dans l'une des grandes familles de Nantes que nous avons entendu chanter pour la première fois le Paysan de Nuville à Poitaë (Voy. Reveillère-Lepaux) . Jusqu'à ces derniers temps, le français l'avait moins envahi que les patois du Centre.

En poitevin, les lettrés se laissent quelquefois entraîner à faire l'accord^ surtout après les pronoms la, les ; le plus

souvent le participe reste invariable ; il l'est toujours dans la bouche des illettrés, Ex. :

Les Deloirmont d'un oncien des Huguenots, Fabre, Gloss. du Poitou, p. XXXVIII :

0 lyat déjà Ion temps qu'iiie méchante engeonce Que le Diable a forgé

Id., ibid. :

Ha ! qui les eusse veu de bon quieu dans la Beyre !

Ibid., xLiv : A matingn, en barbotant à la rivière, iai troué ine boursaye d'argeont ; i Pai baillée à n'in mossieu qui m'at dit qu'aile était à li.

Plus loin : I ai troué ine boursaye d'etchus, i l'ai donnay à ien qu'a n'était pat à li.

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