MÉON
Âmor d'ome est aventureuse Et redotanz et périlleuse.
R. DE CoucY, 4378:
Li escuiers fait entendant A l'oste c'on les va gaitant.
C/i. de Bol., 1478:
Mais d'une chose vus sui jo bien guarant : Sainz pareis vus iert abandunant.
St-Bern., 532 : Jlie su-Christ naist, moignetjoye cil cuy li conscience des péchiez jugieret colpaule de permanant dampnation.
Boni, de Tristan, Bartsch, Chrest., 118
Liée, triste, chantant, plorant, Vois amer com Dieu aorant.
Alexis., 3' réd., 555 ,
Li fist le cornant
Ke le saint home lor amenast avant, Et ses bontés lor fesist entendant.
Ibid., 737
S'or me voloie faire a iaus conoissant, Tel goie aroient onkes n'orent si grant.
En résumé, il est à peu près impossible, faute de textes, d'établir la syntaxe du participe présent au x* siècle. On a cependant des raisons de le croire indéclinable. (Voy. notre Conclusion). Au xif et au xiii'' siècles, le participe se décline et n'a qu'une forme pour le masculin et le féminin. Dès cette époque on voit apparaître le participe à deux terminaisons, dont on a fait l'adjectif verbal. Au xv' siècle, il exprime aussi souvent l'action que l'état.
Dans la vieille comme dans la moyenne langue, le gérondif persiste: on l'emploie, d'une part, avec les verbes de mouvement; de l'autre, avec ou sans la préposition en. Il conserve dans les deux derniers cas la fonction qu'il remplissait dans le latin classique.
Il faut admettre avec M. de AVailly que le participe présent joue volontiers, en vieux français, le rôle du participe futur passif latin. Les exemples que nous avons cités ne s'expliquent que par la substitution de cette forme verbale au participe présent.
Dans les locutions toutes faites, comme chemin roulant, etc., le sujet ne fait pas l'action, sans doute; mais la logique du peuple la lui attribue, à raison de la part considérable qui lui revient dans le résultat obtenu : le chemin, si j'ose ainsi parler, a plus de mérite que le véhicule.