‹ Histoire des pasteurs du désertChapitre 15 sur 96 · LIT. VII, GHAP. TI. S · texte numérisé non relu

LIT. VII, GHAP. TI. S

miqiielets du PoAt-de-Montvert , du Villard et les milir^es de Genouillac, fit une immense battue pour faire descendre les camisards dans la plaine , ou les attendaient Julien , Lalande et Fimarcon; mais ils n'aperçurent pas même l'ombre des bandes du Gévaudan : du Villard seulement fit main-basse sur une centaine de personnes revenues dans les ruines de leurs foyers à Saint-Privat et dans les hameaux voisins du Collet. Il en tua une quarantaine; le reste s'enfuit dans les précipices, et y môiiftit de ses blessures^ de froid et de faim. 11 prit quelque butin , douze armes, trente louis et des bagues qu'une jeune fille avait dans une bourse. Il découvrit encore un autre ramas de femmes et d'enfants, qui, n'osant s'enfermer dans Genouillac, s'était établi dans une caverne voisine. Ces malheureux trouvèrent la mort dans ce désert, où ils chercliaient la vie et la liberté. Le colonel fit répandre le vin que les soldats n'avaient pu boire, et brûler les châtaignes qu'ilsavaient laissées. -Le tout valaii deux mille écus. Tournon découvrit de même quarante habitants de Saint-Julien-d'Arpaon réfugiés aussi dans un lieu sauvage: ils y avaient apporté des chaudières, des marmites et d'autjres ustensiles de ménage; ils s'enfuirent à son approche, hormis quelques vieilles femmes que les soldats massacrèrent.

Cependant Planque , sans trouver les camisards, ne laissait pas que de glaner force peuple errant sur les ruines de ces bourgades. Redescendu à Saint-André-de-Valborgne, il en envoya im certain nombre aux prisons de Lasalle, sous l'escorte de deux cents hommes du Dauphiné commandés par

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le lieuteunnt-coloDel de Montblanc. Pour délivrer ces malheureux 9 Roland se posta dans une gorge profonde nommée le Col-de-Marcou , au pont de Yalloogue. Ce val fut le tombeau de Montblanc et de fies soldats ; il n'en ressortit que quelques-uns, que Saint-Paul et douze cavaliers camisards harcelèrent jusqu'à Lasalle. Des armes, dies vêtements^ cinquante louis d'or furent le butin de Rolajid, qui rendit grâces à Dieu de sa victoire près du chàlteni de Valescure. Le soir même, sur les onze heures , il attaqua les faubourgs deSaint-Hippolyte, brûla l'église et jeta l'alarme dans la ville et dans la citadelle. Lahaie, naguère écharpé par Cavalier, tira le canon, sonna le tocsin , mais n'osa sortir de ses murailles. Cependant Planque apprit la &tale aventure de JVIontblanc et de ses soldats; ilsereodit sur le champ de bataille ; entassa leurs cadavres sur un énorme bûcher et mit le feu à cette pyramide funèbre. Puis, en se retirant, il incendia, dans sa fureur, les bourgades voisiaes, comme complices de leur trépas.

Cependant , soit que , le succès de la dévastation ne répondant pas à leurs désirs , les autorités fussent lasses de nourrir les peuples dans les bour^ d'asile; soit négligence ou rapacité des distributeurs; soie peut-être manque de vivres, on n'en donnait plus assez. Ces malheureux s'échappèrent furtivement des palissades et allèrent déterrer quelque pâture dans les décombres de leurs bourgades. C'est ainsi que de Saint- André-de-Yalborgne un de ces troupeaux d'hommes affamés alla fouiller les ruines d'Aussillargues. Planque, furieux, lance ses soldats après ces fugitifs, qui , sans être surpris

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