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CHAPITRE X

Le combat de Nages n'était, dans le plan de Blontrevely que la tête de sa bataille, qui, eÎTectivement , eut encore vers les montagnes une longue et sanglante queue. Il avait posté Termite dans le voisinage, pour recevoir les camisards qui lui échapperaient, et Lalande aux environs d'Alais, pour achever ceux qui échapperaient à Termite. Mais Cavalier prévint Termite; car, dans la nuit même, des bois de Lenx et de Cannes, le chef camisard , avec la cavalerie de Catinat, diminuée d'un tiers, repassa rapidement le Gardon , et s'arrêta à Vézenobre. Ravanel, à ce qu'il purail, resta dans la )laine, pour rallier les débris de ses brigades et les uî ramener au même lieu. Le lendemain, Termite battit les bois et les bourgades d'alentour et fit main basse sur un grand nombre de camisards égarés, blessés sur les chemins et cachés dans les buissons ou les métairies.

Cependant, d'après les ordres ^u maréchal, le our même du combat ( 16 avril ), Lalande avait réuni quatre ou cinq mille combattants, troupes royales, milices et florentins; il se tint à Taffùt ve

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J|tais9 envoyant partout des espions guetter si les #tt>ris promis par Montrevel arrivaient encore. Il apprit qu'une division caroîsarde était à Brenoux : ce ne pouvait être celle de Cavalier, qui n'était pas encore venue. Mais Roland avait appelé Joani pour occuper ensemble, d'un autre côté,le général catholique, et, selon la victoire ou la défaite de Cavalier, concourir à son salut ou à son triomphe. Lalande y courut effectivement avec le colonel des milices da Yillard, commandant de Genouillac. Roland, avec la moitié de sa division , car l'autre moitié était k Nages, et la troupe entière de Joani, comptait font au plus six à sept cents combattants. Mais, enflé par le souvenir de sa victoire de Salindres, il ofint témérairement la bataille à Lalande. J>es En£aints de Dieu combattirent un contre huit: ils furent vaincus; et, après une affaire sanglante, se réfugièrent sur les cimes de Mialet. Le prêtre de Saint-Germain, qui mentionne, sans aucun détail, la défaite de Roland , évalue à quatre ou cinq cents bommes sa perte , qu'il exagère évidemment, car c'eàt été sa ruine presque totale. Après sa victoire, Lalandese rendit à Brenoux, et abandonna les restes le sa population à la fureur des florentins, qui en avaient maséacré précédemment une partie , et qui , Dette fois, n'épargnèrent que les enfants, qu^on emmena, je ne sais où, car le bourg fut pillé et ^truit « Ce lieutenant- général, dit le prêtre de ^int-Gennain , ordonna à M. du Villard de traiter Je même huit à neuf autres lieux circonvoisins qui ^vaieDt donné retraite aux camisards. Ce comman- ^tf suivi des cadets de la croix et de quatre mille soldats, en y comprenant les milices, les mit suc-

IM HISTOIEB BEg FASTEOK il DÉSI&T.

cessivemeni à feo et à sang , après les avoir an pillage; on ne fit grâce qu'aux femmes et qu'amft enfants à la mamelle : pour tous les hommes , on les passa au fil de Fépée; et on fit un butin considérable, car on enleva une quantité prodigieuse de bestiaux. On ne peut se représenter jusqu'à quel excès alla le dégât que firent ces troupes : il suffît de dire qu'elles versèrent plus de sept cents tonneaux de vin^ et qu'elles ne laissèrent sur pied que cinq ou six maisons d'anciens catholiques i qsà furent même démolies peu de temps après. » ( i)

Cependant Lalande fut averti par ses espionâ que Cavalier, avec environ quatre cents hommes j venait de reparaître à Euzet. De Navacelles^ où il était alors, le général partit aussitôt. Il divisa sa troupe en trois corps; deux de ses détachements, de trois cents hommes chacun, passèrent, l'un par le bois de Vaquières, l'autre par Foncoiiverte ; et lui, avec douze cents combattants, il descendit dans la plaine, où il s'étendit, pour s'assurer que Cavalier était véritablement à Euzet. Il entra dans le boorg, et n'y trouva pas de camisards, maisUHts les apprêts de leur repas, un bœuf écorché et des monceaux de pain , de jambons, de saucisses et de salade. Les habitants surpris à ces énormes préparatifs, évidemment destinés aux camisards , ne purent nier leur passage; mais ilsdirent qu'ils étaient partis^ « Depuis combien de temps, et de quel côté?» leiir demanda le général. — « Oh ! monseigneiri répondirent ces rosés paysans, il y a deux grosses heures. Une moitiés'est dirigée vers Uzès, et l'autre

(t) Loat relcttil , tomt 3 , page 65.

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