LIT. IX, CHAP. TI
qu^une trentaine d exécutions à mort, ce qui est beaucoup trop sans doute , mais infiniment peu relativement au nombre des arrestations et à la multitude des conjurés; soit que les chroniqueurs en aient passé quelques-uns sous silence , soit que Bàville , satisfait d'avoir frappé les chefs, ait négligé leurs obscurs complices, trop nombreux pour ses échafauds, et craint de dévoiler imprudemment cette grande plaie aux regards des ennemis de la France, soit enfin que la torture n'ait arraché que d'incomplètes révélations aux principaux conjurés, qui périrent tous avec une constance héroïque. Cette dernière supposition est confirmée par Labaume. «Tous ces scélérats , dit ce juge, moururent avec une intrépidité surprenante. Avant leur condamnation ils semblaient se moquer des supplices dont ils étaient menacés; et ils les souffraient avec une fermeté qui mériteraitd'étre admirée, si la cause pour laquelle ils les souffraient ne donnait de rhorreur à tout le monde. Tant il est vrai qu'il y a dans le crime aussi bien que dans la vertu je ne sais quoi d'extraordinaire capable de tromper ceux qui ne s'arrêtent qu'au dehors de l'action sans en pénétrer le fond. » Labaume avait pourtant plongé jusqu'au fond de cette histoire de sang. Mais ce juge, intègre d'ailleurs et impartial, mais endurci par une continuelle ^application d'une législation barbare , était du nombre des otages que les conjurés devaient déposer sur la flotte anglo-holUindaise. Il y eut encore une vingtaine d'hommes et de femmes condamnés, les premiers aux travaux des galères et au service des araies , les secondes à une réclusion perpétuelle dans les tours d'Aigueinortes et de la vieille Carcassonne.
nSTOnB DES PASTECiS DO DÉSEBT.
TerBÛnoos cette tragique catastrophe par Taveih liire lies deux traîtres qui l'avaient produite, Che^ iralier et le genevois. Le premier, nommé Guikijonie Delorme et natif d'Evreux, en Normandie, était catholique , âgé de vingt-quatre ans, de haute taille et doué d'une certaine élégance de manières et de langage; mais le libertinage, et notamment un invincible penchant au vin, lui firent quitter la niaiSQn paternelle pour s'enrôler dans un régiment, et déserter ensuite de ce régiment pour se jeter parmi les camisards.Le normand déguisa son nom, sa religion, sa patrie, se dit protestant, originaire même de Charenton, et simula avec tant d'art leurs extasesqu'il fut accueilli par eux comme un frère et incorporé dans la légion de Cavalier. Il fit toutes les campagnes de ce chef avec lequel il se rendit à Villars. Retenu comme déserteur dans les prisons d*llKos , et de là transféré au fort de Nismes, il n'en sortit que pour s'enrôler encore dans le régiment de Tour non. Catin;U« arrivant aloi*s de Genève, le remxnUra , et s;uis doute après boire, l'engagea malheurtnisomont dans la conjuration, le jour delà fmrifH>m\m de Mi^re-Damc. Tout à coup il disparaît, et, |Vir un concours de circonstances inconniH!^» dont ses habitudes baoliiques expliquent suftiMiumonl lo mvstèriN on le retrou\e captif dans la ciMdello do Mo«t|vUier, et, huit jours après, Oll no S4it sNMumont^ libr^^ dans Msmes. Bâville TavaiI ivKWho vu^s \K>uto on rtwmpense de ses iV\>UthM^> À r^blv do M,tsîi4U,in, ot dansTespoir d^ ro«i|^k\x\*^\ >\vwîtV4^ îo j^xMioxvvs . À î,i découverte df» \^^^^vv, h^^x >l <vJ^jvjvi, rvu^mba dans la WM^WWrtK^ X sH^ d^ï w,v;< .Uns U^ vjipetirs du