‹ Histoire des pasteurs du désertChapitre 62 sur 96 · UT. X , CHAP. II · texte numérisé non relu

UT. X , CHAP. II

tion presque totale glorifie assez la valeur cévenole (a5 avril). Berwick vainqueur prit Saragosse, Lérida , et son épée dissipa de ce côté les rêves des ennemis touchant le Languedoc.

Mais alors même le duc de Savoie et le prince Eugène tentaient l'invasion par les Alpes maritimes. Cavalier s'embarqua , avec les débris de son batailloOy à Barcelonne^ et rejoignit à Nice l'armée alliée, où il retrouva son ancien régiment commandé pat* son lieutenant-colonel Daniel. Victor Amédée et Eugène passèrent leVar et vinrent assiéger Toulon, que bloquait par mer la flotte anglo-hollandaise, où était Labourlie. Les alliés avaient ordonné à tous leurs émissaires de rentrer dans les Cévennes et le Vivarais, afin que leurs soulèvements concourussent avec les progrès de l'armée savoiso-impériale. Sallier,qui, pour escroquer leur argent , leur promettait toujours l'insurrection du Yivarais, 9k rendit à Turin , et attendit prudemment dans celte ville l'issue du siège de Toulon. Mais Tobie Rocairol , ami de Catinat et agent de Labourlie, et qui participait de leur caractère aventtireux, entra %n France. A peine eut-il mis le pied sur son sol qu'il fut arrêté avec un nommé Létier , son compagnon. Trois autres aventuriers, Dasse^ac, Lagresse et Gampouillé , éprouvèrent le même sort. Tous arrivèrent enchaînés au milieu de leurs compatriotes dont ils rêvaient follement la délivrance. Rocairol, sous promesse de la vie , livra ses papiers. Bàville crut, à tort probablement,, se convaincre par la lecture de ces pièces que si, après la reddition de Cavalier, Roland ne s'était pas soumis, c'était aux instigations de Rocairol , qui lui faisait espérer les

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secours de Fétranger. Il fut, ainsi que son compagnon, condamné tout d'une voix au gibet, dont l'intendant commua la peine en celle des galères. Rocairol était cousin de Flottard et probablement natif comme lui du Yigan. « Il est extraordinaire, dit Bàville , que cet homme ait autant hasardé , et qu'il ait été si mal récompensé; il n'y avait rien dont il ne fût capable. » Bàville , qui remercia l'ambassadeur de France à Berne d'avoir fait saisir ce malheureux , lui indiqua encore un Portalès , frère du secrétaire des trois prophètes camisards, à Lod- ' dres; il lui envoya son signalement : ce Philippe Portalès, dit Florac, de Saint-Laurent près Ganges, moyenne taille, portant perruque, justaucorps de drap gris-blanc, la veste de même, maigre de visage, chirurgien, ami de Rocairol, présentement à Genève... Si vous pouvez nous en défaire comme des deux autres ( Rocairol et Létier) ce serait une bonne affaire, aussi bien que du nommé Hue, qui fait toutes les recrues de Cavalier à Genève et dans la Suisse, p (i) Ce Hue, natif de Pinsac, diocèse d'UzèSy était vraisemblablement le messager du duc de Shomberg et de Yivens. Bàville, dans toutes ces lettres, témoigne un ardent désir de faire enlever, pendre et rompre tous ces scélérats.

Cependant la terreur était grande parmi les catholiques , et Tespoir parmi les protestants au sujet de Cavalier qu'ils voyaient, à travers le prisme de leurs craintes et de leurs désirs , accourir comme un horrible monstre ou comme un ange libérateur.

(t) Caitons de RalhièrM , leltret de Bàville au roarqais de PaI^Ieux, do s 7 mai , 9 , i a , a3 juin , 8 et i s juillet , ii et «8 septembre 1707.

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Claris el Monlbonnoux prêts à se lever en armes pour recevoir leur ancien chef, observaient attentivement les progrès du siège de Toulon. Mais les ducs cJe Bourgogne et de Berri , le maréchal de Tessé et une dyssenterie produite par les raisins ▼erts forcèrent les princes de Savoie à repasser le Yar. Montbonnoux et Claris se colimaçonnèrent de nouveaux dans leur antre, et leur indomptable espérance au fond de leur cœur. « Maintenant, s'écriait Fléchier revenu de sa frayeur, maintenant nous ne craignons plus Cavalier ! » Ce guerrier camisard lui paraissait plus redoutable qu'Eugène * et Victor-Amédée. Ces princes cependant eussent pu aisément percer jusqu'en Languedoc. Ils n'eus- ' sent trouvé jusqu'au Rhône que des populations indifférentes, des troupes trop peu nombreuses et aucun général capable de les arrêter par une bataille. Mais ils reculèrent devant la gloire et la vieille majesté de la France dont le fantôme imposant^ debout sur des ruines, épouvanta le grand capitaine et ses armées victorieuses.

Après cette éclatante tentative d'invasion , dont l'insuccès parut décisif, les alliés renoncèrent l'année suivante à agiter les Cévennes. L'année 1708 ne nous offre aucun événement remarquable, sî ce n'est que l'épuisement toujours croissant du royaume fut consommé par son terrible hiver. Les prophètes, attentifs aux moindres signes du ciel et des éléments, virent dans ce fléau la main de l'Eternel flagellant un monarque superbe et une nation insensée complice et victime de son despotisme. Pourquoi n'adopterions-nous pas cette simple et sublime interprétation qui rend aux catastrophes

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de la nature une formidable moralité capable de servfr de frein salutaire aux rois et aux peuples? £h quoi ! Dieu laisserait-il impunément fouler aux piecb les inviolables droits de l'humanité ? Le sang et les larmes de deux millions d'hommes ne sufdsent-ils pas pour faire tomber du ciel sur un royaume coupable , après les désastres de la guerre, les désastres encore plus effroyables de Thiver ? Dans cet hiver terrible, vignes, oliviers, mûriers, jardins , semences de la terre , tout périt , tout fut gelé. L*avarice cupide resserra ses vieux blés. Le roi les acheta , les revendit au poids de Tor , et spécula sur la faim de son peuple. Des troupeaux de • mendiants, semblables à des spectres, erraient sur les chemins. Des hommes riches tendirent la main à Taumone et sollicitèrent, comme une grâce, rhôpital; mais les hôpitaux^ gorgés de pauvres par la misère universelle, revomissaient ces malheureux. I^s courrisans de Versailles, et madame de Maintenon eIle-nuMiu\ ne mangeaient que du pain d^avoine; le fn.>ment, comme un aliment rare et précieux* était rt\<orvo pour le roi. Le peuple afiamè de Paris ii^ameuta: et . pour effacer par le scandale de Tinsulle lo scandale de tant de lionteuses apothéoses» ahandoniuil le vieuv monarque, jetait loulnif^ 1 SA fvr^onne, la boue à son statues , et glorituil stupulomont iusque dans son palais le poignard ^W B:atus et do Kaxailiac.

Dans ce ika;NSOuur.t Jo la torti:i:e et des s\ ni- ]>athie»\W U :tt;i,:.:u.:o. !o roi vji:: . quarante ans auparaxant « a;; rv.-- .> v:o> vir.^rs U< : :.:5 saii.ts des natioiU!i«ax;juC uvj-.:^ x,iVo.t^^::: ^::x ^1.: U Hollande amie. *'alvjnx>u ;u>^;,: t .rx.-xç- a la na\e, Torcv

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solliciter la paix dans les antichambres deHeinsîus. Le Grand-Pensionnaire repoussa le ministre avec la dureté hautaine d'un Spartiate qui humilie un roi de Perse. Torcy se retourna vers Eugène et Malboroucky offrit quatre millions au général anglais , et revint à Versailles avec la douleur d'une humiliation stérile et la confusion d'une proposition honteuse qu'on lui rejetait à la face. Dans cette extrémité, le vieux monarque descendit jusqu'à se justifier devant son peuple, et pour ce roi si superbe ce fut la lie du calice d'amertume dont Dieu l'abreuvait. S'il eût du moins reconnu la toute puissante main qui le frappait ! Si pour désarmer le ciel il se fut prosterné sur la terre, s'il eût gémi et demandé grâce ! Si , pour l'obtenir de Dieu courroucé , il eût rouvert les portes des prisons , rompu les fers des forçats, rappelé les exilés , et si, à la tête de ces victimes, il eût, en se frappant le sein , imploré le salut de la France ! Voilà comment s'immole un monarque vraiment chrétien ! Voilà ce qu'eût fait Saint-Tjouis ! (i)

(i)Méinoiref de Saiot-SUAon , année 1709.

BUTOUB hWA PASTKflI N BÉiUV.

CmAPITBBtlI.

(1709). Mais Louis XIV ne ressemblait pas à Saint-Loais. Le sentiment chrétien , si ardent et si éleré dans son pieux aïeul, éuit faible et ralgairs en lui. Ce qc^il arait d'imposant dériTait d*uii instinct contraire, Tinstinct pakn de l'orgueil et de la domination. Cette nature royale, objet de tant d'apothéoses, ayait absorbé celle de l'homme, Fem* péchait de réparer ses erreurs, de guérir la plaie intérieure de la France et d'apaiser le ciel. Pfailèt que de rappeler les protestants, dont le retour et\t éteint l'insurrection , a£Egiibli les ennemis , renforcé ses armées, regarni son trésor, il préférait s'enseyelir dans son injustice sous les ruines de son trône. Il renvoya Berwick , avec son nouveau bâton de maréchal orné des lauriers d^Almanza, repousser Victor-Amédée dans les Alpes, et Villars et Buufflers couvrir les frontières de Flandre contre Eugène et Malborouck.

Les alliés « las de tant d'infructueuses tentatives, avaient renoncé définitivement à ranimer l'insurreclion cévenole. Mais Miremont et Cavalier, désireux de rentrer dans leur patrie à la tête des exilés ,

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et mesurant leurs espérances à leurs regrets , résolurent d'y fomenter des soulèvements qui engageassent les puissances protestantes à les y envoyer sur leur flotte. L'intrépide Abraham se chargea de cette mission belliqueuse; il partit accompagné de Daniel et de Dupont,le premier lieutenant-colonel, et le second ancien secrétaire de Cavalier. D'Arzeliers, à leur passage à Genève, leur donna trente louis et en promit quatre à son retour à leur guide, nommé Antoine Sallier, qui les conduisit en cinq nuits de marche à Valence, où , le soir du dernier jour de mars , il essayèrent de traverser le Rhône. Les bateliers refusèrent de les passer, mais un garde du fleuve, plus hardi et plus dévoué, nommé Labaume, accepta, nonobstant le poste établi à Soyons. Les trois camisards se disposaient à livrer un petit combat, quand tout k coup une violente bourrasque s'élève , chasse les gardes du rivage et la petite embarcation aborde' paisiblement à la faveur de l'orage et de la nuit. Cette tempête protectrice , qui ouvrait à Abraham les portes du Yivarais, lui parut d'un heureux augure pour son expédition. Il résolut d'insurger d'abord les Boutières, moins épuisées que les Cévennes,et se dirigea vers la cabane où demeurait le prophète le plus influent de ces cantons, appelé Paul Ebrui , et de son nom mystique Saint-Paul. Mais au lieu de partager l'enthousiasme du camisard et de seconder, comme il l'espérait, une guerre entreprise au nom de l'Eternel, le vieux prophète lui répondit en se renfonçant sous son toit: « Renoncez-y, mon frère, ▼ous ne trouverez pas de partisans, ou, si vous en recrutez quelques-uns, vous succomberez faute

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d'armes, et, dans tous les cas, faute de vivres, car rhiver nous a laissé la famine. « Abraham lui dit adieu, et^ découragé, se dirige vers lesCévennes. Mais, en passant à Vais, il rencontre un nommé Just, ancien soldat , dont la bravoure et la piété égalaient sa vigueur herculéenne et sa taille gigantesque. Ce pâtre belliqueux adopte avec enthousiasme le projet du chef camisard , lui promet des hommes, des armes, des vivres et des ressources, dont la plus certaine toutefois était sa confiance en Dieu. Abraham s'arrête à Vais et envoie aussitôt deux prophetesses annoncer son retour à Claris et à Montbonnoux , afin que le soulèvement des Cevenues réponde à celui du Yivarais. Après un mois de préparatifs silencieux , Abraham , près d'entrer en campagne, publia sa déclaration de guerre.

« Dieu bénisse notre entreprise et préside en nos conseils, afin que nous ne puissions jamais rien entreprendre qui ne soit pour sa gloire, pour l'édification de nos prochains et pour l'avènement de son règne. Amen ! »

Après ce religieux préambule, le prophète s'adressait au clergé, première cause, disait-i4, de la ruine du royaume de France et del'eropire de Jésus- Christ. Il le sommait d'abandonner les paroisses protestantes sous peine de mort. Ainsi donc guerre aux prêtres et à leurs partisans, alliance avec leurs ennemis de quelque religion qu'ils fussent, paix aux pacifiques, rétablissement de l'édit de Nantes pour n'offrir à Dieu que des prières libres et ne payer au roi que les deniers légitimes. Appel aux catholiques pour refuser de concert au monarque, non l'obéissance ni les anciennes tailles, mais les

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impôts nouveaux et accablants de la capitation ; libération des captifs et des forçats protestants , et enfin liberté de servir Dieu et de chanter ses louanges j qui firent toujours les suprêmes délices d'un camisard ; telle était en substance cette proclama* ton qu'Abraham terminait ainsi : a Nous assurons tous les peuples qui entendront parler de notre sainte entreprise que nous avons jeté au loin les fourreaux de nos épées, et que nous ne les ramasserons qu'après avoir obtenu les objets de nos justes requêtes.

» Au désert, le la mai 1709.

Abraham. »

Ce programme de l'insurrection nouvelle conçu dans un sens plus large que celui de la guerre cévenole était aussi beaucoup plus dangereux, puisqu'il s'adressait indistinctement à toutes les classes et à toutes les infortunes. Et pour donner à sa harangue l'appui plus persuasif encore de son épée, le belliqueux Abraham, à la tête d'une trentaine de pâtres des environs de Yals, se leva et parcourut les Boutières en appelant leurs peuples aux armes. Le premier adversaire avec qui le prophète se mesura fut le seigneur de Vocance. Il l'attendit, le jour de la foire de Mézillac , qui se tient vers la fin de mai, et, fondant impétueusement sur lui, il le tua de sa propre main et dispersa ses milices. La mort de ce châtelain, qui était le Saint-Cômes de ces cantons, fut comme le signal de l'insurrection dont l'effervescence, toujours croissante , attira enfin l'attention des colonels de Boulai et de Courten. Le premier commandait son régiment et le second trois compagnies suisses disséminées dans le Yivarais.

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i'^liseet derrière le mur d*enceinte du cimetière. Le prophète Vy suivit et Vy attaqua ; il combattit à la tête de sa troupe , un pistolet à la main , reconnaisttble à sa haute taille , à Télégance de son justaucorps bleu et de son chapeau galonné d or où flottait une plume d'azur, a Rendez-vous , criait-il de temps en temps aux suisses ; rendez-vous, messieurs, on vous fera bon quartier. » Il leur fit passer un exemplaire de sa proclamation dans Tespoir de les attirer dans ses rangs. Mais les trouvant inébranlables, il les assiégea depuis dix heures du matin jusqu'à la nuit, qui seule lui fit abandonner ces étrangers qu il regardait comme sa proie. Alors il se retira emportant ses morts et suivi de la jeunesse de Gilhoc. Le lendemain , le colonel de Courten et Lacaze, major de Boulai, avec quatre cents hommes, vinrent ( 12 juin) délivrer Rapine, et tous ensemble ils poursuivirent Abraham, qui, trop faible , refusa le combat.

Cependant Dumolard et Courten avaient dépéché de» courriers vers Bâville et Roquelaure. Ils ignoraient encore cette insurrection , qui déjà fermentait sourdement dans les Cévennes. Marie Désubas et Elisabeth Catalon , ces deux prophétesses envoyées par Abraham pour annoncer son retour à Claris et à Monlbonnoux, allaient de village en village prêchant la nouvelle croisade évangélique. Elles descendirent jusqu'à la métairie de Cornon près de Nisines. Malheureusement l'assemblée fut surprise; quatre-vingt-douze personnes restèrent entre les mains des soldats (8 juin). On trouva sur elles deux lettres écrites de Hollande. L'une , de Miremont, peut-être, et datée du i f avril, annonçait

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Daniel et Dupont , dont il connaissait déjà riieti» reuse arrivée dans le Yivarais. L'autre, du la da même mois, était de Cavalier lui-même, et adressée à une cévenole. « Je n*ai jamais douté , ma chère sœur (écrivait-il ) du zèle et de la bonne affection de nos compatriotes; il ne tiendra pas à moi qu*iis n'aient pleine satisfaction; mais, à la vérité, je crois que la paix arrêtera tous nos bons desseins; on la croit comme faite. Cependant il faut toujours avoir espérance en Dieu et implorer son secours. J'espère qu'on parlera de nous dans la paix. Cette grande reine est pieuse. Donnez-moi des nouvelles de nos parents et du cher frère Claris. Vous avez vu les personnes dont je vous ai parlé dans la précédente, ou vous les verrez bientôt. Conduisez-vous par eux. Je vous souhaite toutes sortes de bénédictions ! »

Ces lettres instruisirent Bâville et Roquelaure du retour des chefs camisards; mais ils ignoraient encore dans quels cantons ils étaient cachés. Leurs incertitudes à cet égard furent dissipées par la nouvelle inattendue que Dumolard et Courten leur transmettaient de la mort de Yocance et du combat de Gilhoc, avec l'exemplaire de la proclamation qu'Abraham avait envoyé au capitaine suisse. Cette proclamation, que l'intendant reconnut modelée sur un plan insurrectionnel dicté par Heinsius à trois officiers partis de Hollande et saisis sur le Bhône au printemps de 1703, le remplit d'inquiétude ; il la trouvait extrêmement dangereuse, parce qu'elle était modérée , et qu'en revendiquant pour les protestants la liberté religieuse et pour les catholiques l'allégement des impôts , elle sollicitait tout le mondeàla rébellion. Il jugea ce soulèvement

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formidable au milieu de montagnes plus sauvages que les Cévennes , et parmi des peuples naturellement belliqueux , et qu'il croyait y à tort sans doute , plus ardents et plus tenaces que les cévenols ; au plus fort du dénûmeut du Languedoc , de Tépuisement de la France, des désastres de la guerre et d'une famine commencée par les glaces de Tbiver, et irrévocablement consommée par les chaleurs de Tété dont les orages noyaient les semences du printemps, dernière et vaine espérance des classes agricoles. BâvîUe s'alarmait trop tôt pourtant ; car le salut était dans la gravité même du mal> qui , ravissant aux populations défaillantes toute force morale et physique, les rendait incapables des moindres efîforts comme des moribonds promis au sépulcre.

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