‹ Histoire des pasteurs du désertChapitre 69 sur 96 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

(1730) Court laissa les églises des Cévennes sous la direction principale de son collègue Pierre Corteisy de Castagnols, homme assurément moins instruit mais plus actif peut-être , et plus intrépide. Celles du Vivarais étaient desservies par Pierre Durand I fils du greffier consulaire du Bouchet, paroisse de Pranles. Cet infortuné ministre , d*une intelligence cultivée , couronna par le martyre dixsept années d^apostolat. Arrêté sur le chemin de Saint-Jean-Chambre (i 4 fév. i'j3i)k Vemoux, il fut conduit à Montpellier, condatnné par l'intendant Bernage de Saint-Maurice, et mis au gibet (tia avril). Son martyre inspira une légende et une complainte aux poètes populaires des bords de l'Erieu. Ainsi , des cinq premiers compagnons de Court, tous avaient péri d'une mort tragique, à l'exception d'un seul peut-être dont la fin demeure inconnue.

Barthélemi Claris, de Lezan, fils probablement du fameux thaumaturge camisard, fut dans la même année saisi chez un nommé Puget, à Foisac, près d'Uzès (ai août lySa). Voici un échantillon de Tinterrogatoire que lui fit subir, au fort d'Alais, le

tir. u, cHâP. m. iOi

subdélégué Raimond Novi de Caveirac. — « Qui vous a élevé ? — Mou père et un de mes oncles décédé maintenant. — Comment étes-vous entré dans le pastorat ? — J'étais sur la Lozère , un inconnu vint me prendre et me conduisit en Suisse^ Dans une ville dont j'ignore le nom, deux pasteurs, que je trouvai dans une salle, m'imposèrent les mains. — Où résidez-vous ? — Tantôt dans les villes, tantôt dans les bourgades, dans les métairies, dans les grottes, dans les forets. — Indiquez-nous les lieux ? -^ Je ne le puis, j'arrivais de nuit, je partais de même. — Le nom de vos hôtes ? — Je l'igno-» rc. — Le lieu de vos assemblées? — Au déserf. » C'est ainsi que le ministre déjouait habilement les questions captieuses du juge. Du reste, il avoua ses fonctions, reconnut son écriture , et parapha son interrogatoire (i). Son échafaud était dressé; mais les fidèles d' Alais résolurent d'arracher le confesseur à la mort. Ils lui firent passer un ciseau de fer à l'aide duquel, pendant une nuit obscure, il souleva la pierre des communs communiquant avec son cachot. Il descend an rez-de-chaussée , rompt la clavette des fers de ses pieds, monte sur les toits, ety par la fenêtre de la première rampe de l'escalier, redescend au pied du donjon. De ce préau , il se laisse glisser au bas du rempart. Ses libérateurs ftnfent, au dehors, le menuisier Roche et son beaufrère Théron ; et au-dedans , Madelaine Fontanés, sa voisine de captivité, qui, pour se justifier de D^avoir pas averti les gardiens , répondit avec une naïveté tant soit peu narquoise qu'elle avait cru

(i) M. Coqaerel , manoscrits de P. Rabaot.

Il a6

40t HI8T0IU nS8 PJJTBUIS OU'DàSBÉT.

entendre un gros rat grimpant sur les muraines (6 oct. 173^1). L'actif et courageux ministre reprit aussitôt son apostolat , et mourut à Tàge de cinquante-un ans au désert (déc. 1 748)*

Au martyre de Durand et à l'évasion de Claris, succédèrent treize années d'un repos orageux encore mais salutaire. Ce fut un temps d'accroissement insensible et d'organisation silencieuse. De jeunes pasteurs se levèrent, et deux notamment, remarquables entre tous , Pierre Peyrot , de Vernoux , et Michel Viala , du Pont-de-Montvert. Le premier devait, pendant cinquante ans, conduire;, avec intelligence et courage, les églises du Vivarais. Le second , descendant vers Castres et Montauban, organisa les communautés qui se groupent autour de ces deux métropoles (i735). Plus tard, Corteis établit dans le pays de Foix la règle qu'Etienne DefFères(i) appliquait vers le même temps aux fidèles du Béarn (1745). Toutes ces églises, fondées par des cévenols, se disaient filles de celles des Cévennes. L'organisation s'étendit de proche en proche aux troupeaux des bords de la Garqpne, de la Dordogne, et enfin des côtes de TOcéan. André Migault, de Baussaix , relia les peuples du Poitou ; et Jean-Baptiste Loire, de Saint-Omer, les communautés lointaines de la Normandie. Ce développement rapide était le précoce et fécond résultat du séminaire de Lausanne qui multipliait les pasteurs.

(i) DelfèrM, prédicant, assesbien fait, taille d'environ 5 pieda 6 poacea» cheveoz chàtaina ; portant , tantôt perraqae , tantôt au bonnet trèa-conrt de conleor bmne; belle main; babit, tantôt noir, tantôt bran; veate preaqne tcajonn noire. ( Signalement det ministret , man. Rabaot dtêa par M. G. CoqoereL )

LIT. XI , CHIP. III. toi

Le Languedoc dut ces dernières années de calme au caractère tolérant de son nouveau gouverneur^ le duc de Richelieu (1740). Ce brillant et voluptueux maréchal entretint des relations presque amicales avec les églises qui, par reconnaissance, lui firent, dit-on, le présent chevaleresque d'un régiment nommé de Septimanie. Enfin un synode national fui convoqué dans le bas Languedoc, et renoua là chaîne de nos assemblées délibérantes dont la dernière avait eu lieu, soixante ans auparavant, à Meaux. La Normandie, le Poitou, TAunis, la Saintonge, TAngoumois, le Périgord, le Béarn, la Guienne, le Languedoc, les Cévennes, le Velaî, leVivar^iis, le DaUphiné y furent représentés par des pasteurs et des anciens. L'ouverture eut lieu lé 18 août 1744 sbuâ la présidence de Michel Yiala. Un événement inattendu vint prêter un caractère touchant à cette solennité. L'assemblée eut principalement à s'occuper de l'extinction d'un schisme qui, depuis dix ans, affligeait les égliges au sujet du ministre Jacques B6yer(i), accusé d'avoirséduit une de ses catéchumènes. Son consistoire l'avait destitué; mais, défendu par unie partie des églises du bas Languedoc , le pasteur , vraisemblablement victime d'une calomnie , avait continué ses fonctions avec un zèle bien capable de démentir ou de faire oublier ces bruits injurieux; car, dans cet intervalle, il avait été confdamné à mort et exé-

f 1) Boyer n*a¥ait pat la figare d'an sédocteor ; voici ion signalement : • Plnaieiin dcatriccf an viaage , sortont sons le menton ; an gros boargeon à nne jone , perroqne noire , habit bien à boaton# d*or. » — Son fils fnt anaai pasteor : • Taille de 5 pieds 5 ponces , Wsage bmn , l'accent suisse. » ( Sign, des min. 4 man. Rabaat. )

kOk HISTOIEB DBS PASTIVB8 Df 9É8E1T.

cuté en effigie (1736). La médiation de la vénérable classe de Zurich n'avait pu terminer ces dïssentions qui s'agitaient encore violemment dans le synode 9 quand tout à coup apparut Antoine Court. Il avait quitté Lausanne pour interposer son autorité purement paternelle. Il justifie Boyer auprès de son consistoire, et le consistoire auprès du pasteur outragé ; le synode déclare nulle la destitution du ministre, et Court, du haut de la chaire , annonça solennellement sa réhabilitation cpmplette à une assemblée de dix mille fidèles aocourus des environs pour voir le fondateur des églises , le restaurateur du protestantisme français. Il leur donna sa bénédiction , embrassa ses collégués et revint à Lausanne.

(1744) Au milieu des vastes guerres de la succession de la maison d'Autriche, ce synode national alarma la cour. Dans son effroi , elle vit un conciliabule insurrectionnel dans cette assemblée de paix et de concorde, dont les premières paroles, après Tinvocation de l'esprit de Dieu, avaient été des protestations de fidélité inviolable envers le roi. L'épouvante transforma à ces yeux les prêches en des réunions séditieuses, les épées dont se parait la noblesse en des amas d'armes , les aumônes destinées aux ^pauvres en des collectes militaires. LoUis XY qui envoyait le prince Edouard insurger les clans écossais, trembla que quelque prince protestant ne vint par représailles soulever les tribus cévenoles. Dans son camp d'Ypres, il apprit mensongérement que le pasteur Roger avait lu en chaire aux peuples àe Die un prétendu édit de tolérance empreint du seing et du sceau royal. Le comte d'Argenson, mi-

UT. Xt, CHAP. III. 405

nistre de la guerre, ordonna aussitôt au premier pré* Hident, M. dePiolens, de démentir victorieusement ce bruit calomnieux en faisant main basse sur les prédicants et les assemblées du Dauphiné. Les tribunaux de sang se rouvrent, les prisons se remplissent, les échafauds se relèvent. Sept ministres contumaces sont condamnés à mort, Vouland, Descours, Faure, Dunoyer, Roland, Dubuisson , Alexandre Rang. Mais déjà Louis Rang, frère de ce dernier, avait été saisi dans une hôtellerie de Livron (i6 fév. 1745). Ce jeune confesseur, à peine âgé de vingt-six ans, avoua hautement ses fonctions au subdélegué de Valence, et repoussa TofFre, de la vie que lui fit, au prix de son abjuration , le. parlement de Grenoble (2 mars). Il fut condamné à subir le supplice du gibet à Die , théâtre ordinaire de son apostolat. En passant à Crest, il se fit raser la barbe et peigner la chevelure : « On verra mieux ainsi, dit-il, la sérénité de mon visage en £ice de la mort. » Il arriva sur la place de Die, en chau; tant ce verset du psalmiste.

Lia Yoici Theareose journée Qui répond k notre désir ! Louons IHea qm nous l'a donnée !

Faison»-en tont notre'plalsir I (4}

Les tambours étouffèrent son cantique et sou > allocution à la foule. Alors , tombant à genoux , il pria , les yeux au del , se releva , et montant d'un pied ferme le degré fatal, il s'offrit au bourreau. Après le suj^lice , l'exécuteur , selon les termes de •

(1) Pstome cxTui,

406 9IST0IEE DES PASTEUftS DQ DÉSEAT.

la sentence, lui trancha la tête pour être exposée à Livron , et abandonna le tronc aux outrages de la populace. Une dame catholique [répara ces indignités en recueillant pieusement les restes ii^itr tunés du martyr qu'elle déposa dans un tombeau. Alexandre Rang, son frère , condamné à. mort, évangélisa, pendant cinquante ans, le Dauphiné, et son fils devint, sous Napoléon, pasteur de la Rochelle • où sa famille existe encore.

Le jeune Charnier, de Montélimart , descendant de deux martyrs , subit aussi le sort de ses ancêtre$^ Il fut suivi bientôt du vénérable patriarche des éjglises des bords de la Drôme, Jacques Roger. Né en 1675 à Boissières, près de î^ismes, cQntemporain. des camisards, il sortit de France, après leur ruine totale (171 \). Consacré dans le Wurtemberg, il rentra quatre ans après, et accomplit dans le| Dauphiné la réorganisation qu'Antoine Court exécutait dans le Languedoc. Il était le père spirituel de ces jeune^ ministres qui l'avaient précédé devant Dieu. Son jour vint enfin ; il fut arrêté par trahison dans les bois des Peli tes- Vachères , non loin de Crest (avril 174^) — « Qui êtes-vous » , lui demanda l'officier catholique — « Celui que vous cherchez depuis trente-neuf ans, et il était temps que vous me trouvassiez » répondit le vieil apôtre. Il soupirait après le martyre : <c Pauvre enfant, écrivait-il à Rang , pour le fortifier dans sa prison , pauvre enfant que je voudrais être à ta place! » Son vœu fut exaucé; conduit à Grenoble, il fut condamné au gibet. Après avoir entendu sa sentence, il demanda quelques instants moins, pour se préparer à la mort que pour consoler une dernière

LtY. II , CBAF. m. 407.

fois quelques compagnons de captivité à qui, dans ses derniers adieux, il exprima la joie qu'il éprou-^ vait de quitter la terre. Sur les quatre heures du soir y quand le bourreau vint le chercher : a Le voici , s'écria le confesseur , le voici le moment que j'avais tant désiré! Réjouissons-nous, ô mon âme, car voici l'heureux jour où tu dois entrer dans la joie de ton Seigneur ! » Il partit en récitant à haute voix le psaume des mourants : a Seigneur, aie pitié de moi, selon la grandeur de tes miséricordes! » (aa mai 174*^) Déjà devant Dieu, il marchait insensible au roulement des tambours , à l'appareil menaçant des armes et des soldats, à l'empressement d'une multitude immense. Après sa prière, il monta légèrement l'échelle , au sommet, de laquelle il voyait s'ouvrir le ciel. Son cadavre, resté' vingt^quatre heures exposé sur la place du Breuil^ fut ensuite jeté dans l'Isère (i).

Quelques mois plus tard , Roger reçut dans sa gloire le jeune et intéressant Mathieu Majal, plus connu sous le nom de son lieu natal ^ Désubas (a). 11 fut surpris, pendant le nuit, chez un nommé Jean Meniet, au Mazel, près de Saint-Agrève (la déc.), et dès le matin, après, son interrogatoire, dirigé; «or Vernoux. Mais à Cluac, Etienne Gourdel ^ un dé ses fidèles, reconnut le pasteur captif, et rassemblant aussitôt seize on dix-sept de ses voisins, il courut avec eux après l'escorte qu'il atteignit au

(t) Mém* hist. de Coart.

(ft) Il éuit MDt doate de U même famille qae Marie Détabaa , cette propbétesse envoyée par Abraham aoz cliefs des camiaards des CëTennes» poor leur annoncer son retoar et TonTertare de sa brillante campagne diiie le VWaraia (1 709).

vos HISTOUB »E8 PASTEUM 9i DÉSBET.

bois de Trousse près de Yemoux. a Rendez*noust cria-t-il au commaQdanty rendez-nous notre pa»> leur! — Vous ne Taures pas, répondit Tofficier! — Et moi je le veux ! » répliqua le hardi Gourdol, et s*élançant vers le ministre, il Tétreignit vigou*» reusement pour Farracher aux soldats. Mais il fut tué avec quatre de ses compagnons, et rinfortuné captif fut atteint, pendant la lutte, d*un coup de baïonnette. Dès que le ministre fut à Yernoux, une des nombreuses assemblées, convoquées ce jour-là dans les environs, vint en masse le réclamer aux portes du bourg. « Retirez-vous , leur répondit durement le juge AfTorty, vous n'obtiendrest pas sa ilélivrance; il subira sa peine.» Aces mots, les montagnards se précipitent dans le bourg, en pous* sant des cris douloureux et menaçants. Du haut des fenêtres, le feu des soldats et des milices tua trente personnes et en blessa environ trois cents. Cette multitude, plus bruyante que redoutable, car elle n'avait à la main que des bâtons, se retira toute sanglante; mais le lendemain elle redescendit en armes. £lle eut sans doute, après un choc qui n*eut pu être que meurtrier, enlevé le captif; mais, pour prévenir TeiTusion du sang, le confesseur pria ses amis de l'abandonner à son sort, a Je suis, leur écrivait-il , fort tranquille et entièrement résigné aux volontés divines. » Les pasteurs du Vivarais accoururent; ils continrent le courroux des populations; pendant plusieurs jours, elles descendirent des Boutières par masses formidables. Mais ces nuées tumultueuses se dissipèrent tour à tour à la voix des ministres qui , se justiâant de n'avoir pu d'abord, à cause de leur éloignement, conjurer

UT. XI , oHtr. m. 409

cet orage, en écrivirent leurs regrets au comman* dànt des troupes de Vernoux.

Cet officier put enfin sortir de ce bourg, et conduire à Montpellier, Désubas, ses hôtes du Mazel, et ceux de ses défenseurs dont le dévo&ment, pour lui rendre la liberté, n'avait abouti qu'à leur faire partager ses fers. Leur escorte, faible d'abord, mais grossissant de ville en ville, fut néanmoins obligée d'appeler un puissant renfort pour traverser les plaines du bas Languedoc. Car la multitude éplorée, menaçante, se pressait partout sur le passage du confesseur; partout les pasteurs des cantons qu'il traversait continrent la douleur vengeresse de leurs troupeaux. De sorte que son trajet présenta le spectacle extraordinaire d'un concours immense et toujours renouvelé de populations qui, cinquante lieues durant , adressèrent au jeune martyr les plus touchants adieux et l'honorèrent d'un cortège de larmes et de sanglots. Il arriva à Montpellier pendant l'assemblée des états, et cette circonstance qui réunissait dans cette ville les évéques du Languedoc, le rendit l'objet d'assauts différents et d'un intérêt non moins solennel. L'évéque de Montpellier et plusieurs autres prélats, mi nom de l'ordre entier du clergé, montèrent plusieurs fois à la citadelle pour ravir à la mort et conquérir à leur foi un jeune pasteur tant aimé des peuples. Il repoussa les séductions affectueuses de Bes ennemis comme naguères l'affection violente de ies fidèles, et cela sans exaltation, sans ostentation, mais avec une fermeté modeste et une douceur vrai- «lent évangélique. Ses juges lui témoignèrent un intérêt moins expansif mais plus sincère que celnî

410 HISTOIEB BES PASTEURS DU «éSElT.

des prélats. L'intendant, qui naguère avait succédé au comte de Saint-Maurice, était Jean Lenain, chevalier d'Asfeld, petit neveu de Lenain de Tillemont, riliustre solitaire de Port-Royal. Sous sa rigidité janséniste , il cachait une secrète mais impuissante sympathie pour les protestants; il entretenait même indirectement avec leurs pasteurs des rapports semi-ofliciels. a Je vous adjure, au nom du Dieu vivant, dit-il au confesseur, de déclarer hautement si les églises ont une caisse commune, des amas d'armes et des relations avec les Anglais? » — « Rien de tout cela n'est vrai, répondit-il; les ministres ne prêchent que la patience et la fidélité au roi 1 »

— «Je le sais, monsieur, repartit l'intendant; aussi n'est-ce qu'avec douleur que je me vois contraint de vous condamner; mais ce sont les ordres du roi. ».

— «Je le sais, monsieur, » répliqua le martyr. Il entendit sans émotion son arrêt de mort; ses juges étaient attendris; l'intendant versait des larmes.

L'échafaud était dressé sur l'esplanade, devant la citadelle même; une force armée imposante l'entourait. Quatorze tambours battirent aussitôt que le confessur parut, à demi dépouillé de ses vê-* tements, la tête et les pieds nuds et dans l'appareil ordinaire du martyre. La beauté de sa figure, si calme en présence de la mort, émut vivement la multitude dont l'attendrissement redoubla, lorsque, tombant à genoux, il pria ardemment, et en regardant le ciel. Il montait rapidement l'échelle fatale; mais à la seconde marche , on l'arrêta pour qu'il vit les flammes consumer ses homélies, des liturgies du désert et des notes synodales. Il dit adieu aux deux

Page 1