‹ Histoire des pasteurs du désertChapitre 87 sur 96 · UT. XII, CHAP · texte numérisé non relu

UT. XII, CHAP

ribles sont les flammes de ma fureur, contre ceux qui m'irritent y et que tu lui donnes aussi des signes de ma clémence et de mon amour pour ceux qui se repentent et qui me révèrent. Après cela il se fit faire place au milieu de rassemblée , qui forma un grand cercle autour de lui. Il lui fut dit qu'il s'approchât de l'abime d'où sortait le feu dévorant , et qu'il y présentât la main. 11 s'approcha d'un certain endroit à sa gauche et avança la main ; mais il la retira en faisant des cris effroyables. Il reçut le même ordre deux ou trois fois, et toujours il se retira avec frayeur et précipitation, en faisant aussi toujours des cris qui faisaient peur. Ensuite il fit connaître qu'il s'approchait de la porte du ciel, qui était à la droite. 11 frappa, et une voix terrible (qui sortait de sa propre bouche) demanda ce qu'il voulait : il répondit qu'il demandait la grâce d'entrer; et à l'instant, la voix l'ayant menacé, son corps fut mis comme un peloton , après des agitations étranges, et cette masse fut soulevée de terre et jetée quinze ou vingt pas en arrière. Il se relevait sans avoir été blessé , il revenait frapper à la porte, et il demandait grâce encore et miséricorde; mais il était rejeté encore avec de grand reproches et de nouvelles menaces; et cela fut réitéré plusieurs fois. Mais il ne se rebuta point ; et enfin, quelle joie ! la porte du ciel lui fut ouverte. Il témoigna qu'il voyait les armées des anges qui assistaient devant le trône de Dieu, et les mille milliers de bienheureux revêtus de robes blanches, qui chantaient le cantique de bénédiction. Il chanta mélodieusement, et comme étant avec eux. Et nous fûmes témoins de ces mer-

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veilles, étonnés et ravis nous-mêmes, comme on le peut penser. »(i)

Cette scène apocalyptique, précédée et suivie de prières, de 'sermons, de cantiques qui en préparent et explfquent le symbole , est un véritable drame camisard avec son prologue, son épilogue, ses chœurs : c'est ^a représentation du double mystère de la vie future et de la destinée du chrétien ,t dont Dieu , les anges et les bienheureux , Satan , les démons et les réprouvés , le prophète et les ramisards, sont les acteurs , et le ciel, la terre et Tenfer, le théâtre. C'est une trilogie symbolique et sauvage^ conçue non d'après les règles de l'art moderne ^ mais d'après le sentiment profond des tragédies, que les nations antiques représentaient dans leurs solennités religieuses, et telle que , l'auraient e:i^é^ cutée les tribus israéUtes, à Silo.

(t) Théâtn sofiré.

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