LIT. TU , CHIP. II
Labourlie, et lui dire qu'ils renonçaient à la conjuration : « Nousaimons mieux , ajoutèrent-ils, rester dans notre misère que de faire alliance avec des sacrilèges furieux contre Dieu et ses autels. » Ne pouvant les ramener à ses desseins, il ne dut songer qu'à se dègaorer lui-mêrae, a6n de n'être pas enveloppé dans ses propres iitets. Il s'enferma dans son château de Vareilles, écoutant de quel côté bruissait l'orage. Il apprit bientôt le supplice des compagnons deCatînat, l'emprisonnement de ses correspondants de Millaud, de Saint-Affrique, de Camarès, etc. Banse, subdèlèguè de l'intendant, convoqua à Beaumont la noblesse du Rouergue, au sujet d'une nouvelle conspiration : c'était celle raéme de Labourlie. Il eut la témérité de se rendre à cette assemblée; et voyant que Banse balbutiait du ton d'un homme qui fait entendre sur des riens de grands mystères, l'audacieux abbé voulut ce donner à lui-même et à la noblesse le périlleux plaisir de confondre l'énigmatique subdélégué, tt Voyons y lui dit-il résolument; ne nous alarmez pas avec des chimères! Expliquez-vous, M. Banse!» Banse s'expliqua, et montra qu'il connaissait toute la conjuration , hors le nom de son chef. Labourlie, sans se décontenancer, jugea qu'il était temps de s'éloigner; il fit ses adieux à ses amis, les pria de se conserver, pour des jours meilleurs, dans ces sentiments généreux , et sortit de France. Nous verrons Labourlie continuer son projet à l'étranger, et reparaître dans des aventures plus hardies encore, qu'il termina par une mort tragique.
Ainsi ce concours simultané, quoique accidentel, de luabourlie, de Boéton, de Catinat, de Pevtaud,
36 HISTÛIEE DES fASTEUaS DO DÉSEET.
(le Joiiquety des vaisseaux anglo-hollaiidais, qui devait écraser Montrevel, échoua partout et à la fois: Catinat vaiilcu par une noblesse et des milices qu'avait fait fuir , plus de vingt fois ailleurs , Téclair de son sabre; Boéton et Labourlie, se divisant sur un malentendu, succombant, non par leur faute , au moment où tous, protestants , catholiques , paysans , bourgeois , gentilshommes , allaient se lever à leur voix; Jonquet arrêté sur le Rhône , à trois pas des Cévennes; des vaisseaux qui n*abordent point sur une plage non gardée, occupée même par les camisards, et ces camisards ne reconnaissant pas ces vaisseaux auxiliaires; et toutes ces combinaisons et ces hasards, d'abord propices, puis se heurtant les uns les antres et tournant tous au détriment des Enfants de Dieu, qui n'en recueillent que la ruine et la mort; C'est incompréhensible! etisans doute une sombre fatalité planait sur leur tête!(i)
(i) Mémoires da luarqaii de Gaiscard. Lonvreleoili t. a , p. 109, etc.
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