‹ Histoire des paysans (volume 2)Chapitre 20 sur 85 · I,A GUERRE · texte numérisé non relu

I,A GUERRE

nager, (anl h Tégard do la diminution de leurs laxcs, qu'il leur est tout h fait impossible de payer, qu'en ne pressant pas les choses et en leur donnant du temps, (|ui est un grand remède pour calmer ces sortes d'émotions populaires. » (l)epping, 111, 200.)

Dans la Normandie, en divers endroits du pays de Caux, les paysans vont par troupes mendier à la porte des gens qu'ils croient moins misérables qu'eux. (M. 11,227.)

La Franche-Comté n'était pas remise encore des désastres de 1052 et de lOÔO, lorsque Louis XIV l'envahit une première fois en 1607, une seconde en lOTT), et l'annexa définitivement 'a la France. Arrachée à des maîtres dont elle sentait a peine le joug, privée des franchises à l'abri desquelles elle prospérait depuis si longtemps, dépeuplée et ruinée a ne pas s'en relever de plus d'un siècle (1), elle trouvait (jue c'était payer bien cher le stérile honneur de s'ap- |)eler française et d'appartenir à une puissante monarchie, et elle ne s'en consola que le jour où cette monarchie, en s'écroulant, lui rendit sa liberté jierdue.

Préludant 'a la guerre effroyable (pii, 'a peu d'an-

(1) « En Franche-Comté, l'agriculture était plus avancée il y a deux ou trois siècles. Les malheureuses guerres dont nous avons été si souvent le théâtre, les guerres surtout du siècle dernier, ont détruit les anciens laboureurs , et nous ont amené une foule d'étrangers , qui ont substitué des méthodes plus faciles, mais vicieuses, à celles qui étaient en usage. J'ai eu lieu de me convaincre , en comparant les baux anciens et modernes, que le produit d'une quantité très considérable de nos territoires est fort inférieur aujourd'hui à ce qu'il fut autrefois. » (Perreciot, 11, 493 I

nées (le là, devait faire du Palatinal une ruiue fumante, Turenne, après avoir brûlé a l'électeur palatin deux villes et vingt-cinq villages, « brûla avec le même sang-froid les fours et une partie des campagnes de l'Alsace, pour empêcher les ennemis de subsister. Il permit ensuite 'a sa cavalerie de ravager la Lorraine. On y fit tant de désordres, que l'intendant, qui, de son côté, ravageait la Lorraine avec sa plume, lui écrivit et lui parla souvent pour arrêter ces excès. Il répondit froidement : « Je le ferai dire a l'ordre. » Il aimait mieux être appelé le père des soldats qui lui étaient confiés, que des peuples qui, selon les lois de la guerre, sont toujours sacrifiés. Tout le mal qu'il faisait paraissait nécessaire : sa gloire couvrait tout (1) ! »

Après la paix de Nimègue (107(8), Colbert espéra reconquérir sa prépondérance et reprendre son œuvre interrompue. Mais Louis était lancé sur la route fatale, et lui-même touchait ii la tombe. Un jour, accoudé à l'une des fenêtres de son château de Sceaux, il promenait ses regards rêveurs dans l'espace qui prolongeait devant lui ses riantes perspectives. « En contemplant ces campagnes fertiles qui sont devant mes yeux, dit-il à quelqu'un qui l'interrogeait sur la cause de sa mélancolie, je me rappelais celles que j'ai vues ailleurs. Quel riche pays que la France ! Si les ennemis du roi le laissaient jouir de la paix, on pourrait, en peu d'années, procurer à son peuple cette aisance que leur promettait le grand Henri, son aïeul ! Je voudrais (jue mes projets eussent une lin

(1) Voltaire, Hist. de Louis XIV.

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