‹ Histoire des paysans (volume 2)Chapitre 39 sur 85 · LE FISC · texte numérisé non relu

LE FISC

vouloir liiUcr, cl (nfon lui demande de rargeiil, cl non des ordonnances. Xerxcs,... non, Louis XIV luUcra contre l'océan et en triomphera. 11 ordonne une presse de paysans, et, dans le val de Sainl-Denoilsur-Loire, dix mille campagnards, qui reçoivent pour tout salaire une ration d'une livre et demie de pain par jour, sont traînés sur les turcies et condamnés a ce travail insensé. Le fleuve détruit la nuit ce qu'ils ont fait le jour ; il est dompté cependant a la fin : les travaux sont terminés, le grand roi commando aux éléments. Vain triomphe! Trois jours ne s'étaient l)as écoulés que tous ces remparts de houe élevés au sein des eaux sont entraînés d'un seul coup. La fatigue et la faim avaient décimé les paysans. Louis fit grâce au reste, et voulut hien attendre jusqu'au prinlem|)S pour dompter le lleuve capricieux.

Tout n'est qu'heur et malheur en ce monde, et la misère de l'un fait la fortune des autres. Tandis (]ue les familles des inondés, réfugiées sur le chaume de leurs cahanes, appelaient par leurs cris les moines de la riche ahhave de Saint-lJenoît, ceux-ci envovèrent

27 mai 1733 : La Loire fut de 8 pouces 9 lignes plus haute qu'en 1707. Les foins et les blés furent gâtés, quantité de bestiaux perdus, les levées au-dessus et au-dessous d'Orléans emportées en plusieurs endroits.

5 octobre 17.'")3 : La Loire ne fut que de (i pouces moins haute qu'en 1733.

13 octobre 1790 : La Loire fut estimée de 3 pieds plus hau'e qu'en 1733.

Il est à remarquer que la terrible inondation de 1711 n est pas mentionnée dans cette note : elle fut due, sans doute, aux afiluents inférieurs de la Loire, et ne lit sentir ses désastres qu'au-dessous d'Orléans. On pense que la crue de juin 18ÔG n'a eu d'égale qu'en 1711.

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à leur secours leurs procureurs (iscaux, moulés sur des barques ; seulement, avant de les y recevoir, ils exigeaient d'eux des reconnaissances d'argent ou de redevances, abandonnant dans l'attente d'une mort lente et inévitable tous ceux qui ne purent se racheter. C'était une manière originale de demander la bourse on la vie, et beaucoup qui avaient refusé le premier jour acceptaient le lendemain. Une pauvre mère, qui ne possédait rien, leur tendit son enfant, qu'ils laissèrent tomber dans l'abîme.

Mais ce n'est rien encore que les exactions royales; ce n'est rien que l'invasion du territoire et ces guerres interminables qui dépeuplèrent certaines provinces et les rejetèrent de deux siècles en arrière (Perreciot, II, i95) ; ce n'est rien que l'inondation, le froid et la famine: un autre ennemi, bien plus implacable, vient s'abattre sur les campagnes et combler la mesure.

Les Hottes de l'Angleterre tenaient la mer et enlevaient les grains que l'on attendait en vain du Levant, Alors les linanciers, exagérant encore le mal, si c'est possible, obtinrent un édit qui mit le commerce des blés entre leurs mains, lirent des recherches, envoyèrent des émissaires par les provinces, et, sous prétexte de l'approvisionnement des troupes de la marine, accaparèrent le peu de grains qui se trouvait en France pour le revendre ensuite au gré de leur avarice homicide.

Les indendants des provinces furent accusés d'avoir trempé dans cette œuvre criminelle, et d'avoir vendu le blé au profit du roi et au leur. Beaucoup volaient avec audace et impunité, et, par malheur, justiliaient par avance tous les soupçons qui pouvaient planer

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