‹ Histoire des paysans (volume 2)Chapitre 41 sur 85 · I.A OAIIEI.LK. 'itil · texte numérisé non relu

I.A OAIIEI.LK. 'itil

on pillait, on arivlait, on massacrait, on niouiail di; faim, cl le cliovalior do f.anliépin qui arrivait di! Moanne, |)ar la prande ronle (!c Lyon, avait Iroinô trcnto-dcnx personnes mortes sur le chemin, dont huit avaient été assassinées. (Dangeau.)

Kaul-il, pour compléter le tableau, parler des impitoyables exécutions auxquelles servait de prétexte celte odieuse gabelle dont le nom seul meltail le peuple en émoi ? « Si la taille arbitraire n'existait pas, dit avec raison l'auteur des Becherclies sur les finances, l'impôt du sel serait peut-être le plus funeste qu'il fût possible d'imaginer. L'humanité frémirait en voyant la liste de tous les supplices ordonnés a l'occasion de cet impôt depuis son établissement. L'abandon de la culture, le découragement du contribuable, la diminution du commerce et celle du travail, les frais énormes de la régie, feraient a|)erccvoir au législateur que chaque million qui entre dans les coffres du roi en a coûté un autre au peuple, soit en payements elîectifs, soit en non-valeurs. »

Tout n'était que ])rivilège et inégalité. Par la grande ordonnance de 1G80, la France, déjà divisée, au point de vue des tailles, en [)rovinces d'Etat et en pays d'élection, se vit morcelée, au point de vue de la gabelle, en provinces de grande gabelle, ou de grand parti, de petite gabelle, de (piart bouillon, de pays rédimé et de franc-salé! Le territoire du royaume était coupé par des lignes fictives, par des démarcations imaginaires, an delà ou en deçà desquelles le droit changeait.

Les greniers 'a sel étaient de deux sortes. 11 y avait ceux de vente volontaire, et ceux d'impôt. Dans les

premiers, chacun allait acheter le sel, autant qu'il en voulait, et lorsqu'il en voulait. Les greniers tlimpôt étaient ceux où l'on était obligé d'aller prendre la quantité de sel pour laquelle on était imposé proportionnellement au nombre des membres de la famille, par télé, et sans distinction d'âge. C'était un impôt sur les nombreuses familles, c'est-'a-dire généralement sur la misère. Un officier nommé Grenetier fixait la quantité, de sel établie pour l'imposition de chaque paroisse et qu'elle devaij, faire enlever. La distribution s'en faisait ensuite, conformément 'a des rôles dressés de cinq en cinq ans, par les assesseurs et collecteurs particuliers, chargés d'en percevoir le prix et de le verser entre les mains des receveurs du grenier a sel. Les greniers d'impôt formaient dix-sept directions générales, dont les fermiers généraux étaient les administrateurs en chef. A chaque direction était attachée une juridiction particulière, qui jugeait en première instance, et souvent même en dernier ressort, de toutes les contestations sur le fait du sel.

Alîn sans doute de rendre l'armée des traitants plus nombreuse et plus redoutable, on avait (ait trois fermes différentes des gabelles. La première, appelée le grand parti, comprenait la majeure partie du royaume ; la seconde était celle du Lyonnais et du Languedoc ; la troisième celle de Provence et du Dauphiné.

Dai>s les pays de grand parti, la distribution moyenne se montait 'a environ onze livres trois quarts pesant par tête d'habitant. Pour ajouter au désordre et faciliter les abus, on rencontrait au milieu des pays de grande gabelle certaines contrées jouissant

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