VAINS EFFORTS DIT RKOENT
(aies, avait inlroduil l'usage de lever sur la campagne (les impositions militaires, telles que fourrage, quartiers d'hiver, etc., sur de simples lettres de ministre. Le rcgenl défendit de lever aucune espèce d'imposition, si elle n'était ordonnée par un arrêt rendu en connaissance de cause. Le commerce reconquit sa liberté, qui est sa vie, et l'on put non seulement faire circuler le blé d'une province dans une autre, mais encore le transporter a l'étranger. L'élève du bétail avait cessé, faute d'argent pour l'acheter, de moyens pour le nourrir : c'est a ce point que les beurres et les fromages manquaient, de telle sorte que l'on dut en permettre l'entrée sans payer des droits. La mesure fut étendue aux bestiaux euxmêmes, qui avaient disparu du sol français. (Forbonnais, II, 580, 585.)
Mais en dépit des espérances, des promesses et des palliatifs, la soufiVance du peuple, loin de diminuer, augmentait encore ; la capitation et le dixième, établis pendant la guerre et pour cesser avec elle, pesaient toujours sur lui, bien qu'il fût réduit à l'impuissance de les acquitter, et, deux ans après la mort de Louis XIV, ils étaient exigés avec plus d'exactitude et plus de dureté (lue sous l'ancien gouvernement, (Saint-Simon, XXMII, 50, 70.) Comptant sur la faiblesse, la légèreté et la facilité a pardonner du régent, (juelques intendants, loin d'obéir 'a ses instructions, volaient avec jjIus dimpudeur que jamais, levaient des taxes sèches, les augmentaient arbitrairement si l'on tardait a les ac(|uitter, multipliaient les frais, et faisaient jeter dans les cachots justiu'aux maires et aux échevins des villes et des communautés
récalcitrantes. En vain ceux-ci envoyaient les plus riches et les plus influents parmi leurs amis pour porter leurs plaintes devant le conseil de régence ; ils venaient achever de se ruiner à Paris, sans pouvoir parvenir à forcer les portes des antichambres des ministres. {Id., 209.)
Cependant les parlements murmuraient, et une sourde agitation remuait les provinces : on résolut donc de tenter encore (juelques essais. Mais les dispositions les meilleures, les plus sensées, les plus faciles, étaient paralysées par le mauvais vouloir des agents que Ton employait et par les obstacles que savait y apporter l'exécrable geut financière. On tenta tout d'abord d'établir la taille proportionnelle dans la généralité de Paris, et l'on échoua après y avoir dépensé en pure perte une somme de huit cent mille livres. Un trait bien significatif avait montré cependant que la chose était non seulement possible, mais encore excellente. L'imposition de 1718, avec les arrérages des cinq années précédentes, fut acquittée dans douze mois, sans frais ni discussion. « Par un excès, le plus capable peut-être de dégrader Ihumanité, le bonheur commun lit des mécontents de tous ceux dont la prospérité dépend de la misère d'autrui. Depuis ce temps, on a essayé d'introduire la même nature d'imposition en diverses provinces, mais elle n'a point réussi dans les campagnes, parce iju'on l'a dénaturée en voulant imposer le fermier a raison de son industrie particulière, au lieu de l'imposer uniquement 'a raison de l'occupation du fond. Dès lors l'arbitraire continue ses ravages, éteint toute émulation, et tient la culture dans un état languissant où nous la voyons.