FOULLON. — BERTHIER
vide, deux flacons richement garnis, enfin tout ce avait appartenu a Foullon (1). Ces monstres n'étaient pas des Itandits : ils avaient de l'iionneur et de la proijité a leur manière. Et cependant ce peuple était demi-nu et mourait de faim!
Berlliier, poursuivi également par la populace des campagnes, avait été arrêté dès la veille aux environs de Compiègne, et ramené à Paris. Tout a coup, au détour d'une rue, lui et son hideux cortège se heurtent a un autre plus hideux encore : Berthier a reconnu la tête de Foullon. Furieux, il airrache un fusil, des mains de ceux qui l'entraînent, et, sans vouloir faire un pas de plus, se fait tuer sur la place.
Les deux bandes se réunirent alors, et le beaupère et le gendre firent ensemble leur horrible promenade...
Ceci avait lieu le 22 juillet, huit jours après la prise de la Bastille.
Le peuple commençait 'a solder les comptes du pacte de famine, et Dieu avait entendu la malédiction du vieillard de Vincennes.
Lorsque, après avoir laissé derrière lui le château des ducs de Brissac, en Anjou, le voyageur va visiter les arènes de Doué, cité chère a Dagobert, il aperçoit, avant d'entrer dans cette ville, sur la droite, 'a travers un rideau de peupliers, un moulin qui s'agite et tourne au vent... La prédiction du manant s'est réalisée : la fastueuse et quasi royale demeure de Foullon a été démolie juscpi'au rez-de-chaussée ; le soubassement, dont les magnifiques voûtes attirent
(1) Réimpression du Moniteur, I, 612.
ratlention du touriste, abrite le meunier et sa famille, et au-dessus, a l'endroit même où était la salle du château, s'élève le moulin, emblème de l'instabilité des choses humaines!...