CHAPITRE XVII
Insurrection des campagnes. — La nuit du 4 août.
« Mettez l'autorité, les plaisirs et l'oisiveté d'un côté, la dépendance, les soins et la misère de l'autre; ou ces choses sont déplacées par la malice des hommes, ou Dieu n'est pas Dieu. »
La Bruyère, Des esprits forts.
Je voudrais montrer le peuple des campagnes, à l'instant où sonne enlin l'heure de son tardif affranchissement, attendant avec calme que ses mandataires aient élevé l'édifice légal et régulier qui va l'abriter et le protéger dans l'avenir ; je voudrais le montrer magnanime dans sa victoire, tendant une main fraternelle 'a ses oppresseurs d'hier, et répondant par un pardon sublime aux forfaits de ses impitoyables persécuteurs. Mais il était impossible qu'il en fût ainsi : les dominateurs du plat pays l'avaient maintenu dans un état de stupide ignorance, de grossièreté et de barbarie, qui devait fatalement