II
ir.K HISTOIRE DES PAYSANS.
Ces monstres u'étaienl pas des bandits : ik avaient de rhoQ< neur et de la probité à leur manière. Et cependaut ce peuple était demi-nu et mourait de faim !
Berihier, poursuivi également par la populace des campagnes, avait été arrêté dès la veille aux environs de Cooipiègne, et ramené à Paris. Tout à coup, au détour d'une rue, lui et son hideux cort^e se heurtent à un autre plus hideux encore : Berthier a reconnu] la tête de Foullon. Furieux, il arrache un fusil des mains de Tun de ceux qui rentrai nent, et, sans vouloir faire un pas de plus, se fait tuer sur la place.
Les deux bandes se réunirent alors, et le beau-père et le i:endre firent ensemble leur horrible promenade...
Ceci avait lieu le ^^ juillet, huit jours après la prise de la Bastille.
Le peuple commençait à solder les comptes du pacte de famine, et Dieu avait entendu la malédiction du vieillard de Vincennes.
Lorsque après avoir laissé derrière lui le château des ducs de Brissac, en Anjou, le voyageur va visiter les arènes de Doué, cité chère à Dagobert, il aperçoit, avant d'entrer dans cette ville, sur la droite, à travers un rideau de peupliers, un moulin qui s'agite et tourne au vent... La prédiction du manant s'est réalisée : la fastueuse et quasi royale demeure de Foullon a été démolie jusqu'au rez-de-chaussée, le soubassement, dont les magnifiques voûtes attirent rattention du touriste, abrite le meunier et sa famille, el au-dessus, à l'endroit même où était la salle du château, s'élève le moulin, emblème de l'instabilité des choses humaines!...