‹ Histoire des paysans (volume 3)Chapitre 88 sur 114 · II. — 23 d · texte numérisé non relu

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sions d'un mariage trompeur, voyant, comme Mably, le passé à la place de Tavenir, et rêvant quelque chose comme le communisme de Sparte mitigé par le communisme de rÉglise de Jérusalem et des premiers jours de la reli^on sainte de Jésus-Christ.

Quand finira cette lutte, et qui aura raison, de ceux qui regrettent le passé, de ceux qui veulent immobiliser le présent, ou de ceux qui ont foi dans l'avenir?...

Quoi qu'il en soit, nous allons voir, pendant le xyiii* siècle, les colonnes restées debout de l'édifice du moyen âge rudement secouées par les esprits intelligents de cette époque féconde, et la critique s'élever à des proportions révolutionnaires.

Les légistes s'étonnent à bon droit de rencontrer encore des seigneurs qui prétendent s'arroger « le droit de retenir leurs sujets dans leurs terres, de s'opposer à leurs mariages, et d'exercer d'autres contraintes personnelles (i). i» C'est qu'en effet les derniers vestiges du servage ne disparurent qu'avec la monarchie (2), et bien des provinces en conservèrent des traces profondes jusqu'en i 789, en dépit

(i) Lefèvrc de la Planche, Traité du domaine, I, préf.,"85 (17fîi).

(2) 1768. • Il y a encore des servitudes corporelles en France, et cela est surprenant. En effet, Tabbé Suger, régent du royaume, affranchit, en 1141, tous les gens de mainmorte du royaume; et deux chartes, Tune de Humbert, dauphin du Viennois, l'autre de Thibault, comte de Blois, portent le môme affranchissement. Deux édits, Fun de Loub X, publié en 1315, l'autre de Henri II, de l'an 1553^ ont conftnné l'affiraiichissement de tous les mainmortables, et proscrit à jamais la servitude corporelle. » — Denisart, Dict. de jurisprudence, art. Mainmorte.

1771. « La mainmorte ne fut abolie dans la Lorraine qu'en 1771, moyennant un prix annuel de rachat. » — Darestc de la Ghavanne, 81.

1777. « II reste encore en quelques Ueux des traces profondes de l'ancienne servitude. C'est de là, par exemple, qu'on voit dans presque tout le parlement de Besançon, les colons tellement attachés à la glèbe, qu'ils ne peuvent la quitter sans l'aveu de leurs seigneurs, et que le seigneur hérite d'eux et quelquefois au prt^judice des héritiers du sang. » — Ordonnances du Louvre, XII, préface.

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des affranchissements généraux et partiels qui nous font assister à un spectacle en tous points semblable à celui que nous a présenté le passé; car on continue à vendre la liberté, tandis qu'on devrait la rendre, et Ton trouve encore des communautés qui, n'y croyant pas ou la trouvant trop chère pour ce qu'elle valait alors, refusent de l'acheter (i).

Il en fut de même de l'aubaine, droit impolitique et sauvage, qui semblait dicté dans l'intérêt seul des gouvernements ennemis, toujours disposés à s'enrichir des essaims que jetaient sur eux les persécutions religieuses et mille autres circonstances, tandis qu'au dire de Necker, de riches étrangers qui se fussent fixés en France n'osaient y acheter une simple maison de campagne qu'ils n'eussent pu laisser à leurs enfants. L'aubaine avait encore le défaut d'être improductive, et tous ses fruits étaient presque entièrement absorbés par des frais de formalités et des attributions qui appartenaient aux officiers de justice (2). On se demanderait pourquoi donc elle ne disparaissait pas, si l'on ne savait que les abus, par leur ténacité, semblent, dans tous les temps.

1786. c Hélas! il est encore des serfs dans quantité de nos provinces! » — Perreciot, I, 2^.

1789. « Lorsque les rois de la troisième race montèrent sur le trône, il y avait en France un si grand nombre de serfs de tout genre et de toute espèce, que, nonobstant ce qu*ont fait ces princes pour les affranchir, il en reste encore dans plusieurs provinces. » — Etats génératKK^ I, 106; voyez aussi VH, 133.

1789. « La Franche-Comté n'était certainement pas la seule province où il y eût encore des serfs en 1789. » — Monteil, Traité de matériaux manuscrits f I, 2/ti.

(1) Dans son Traité de matériaux manuscrits^ Monteil nous présente un Mémoire sur l'affranchissement de vingt- trois communautés de serfs appartenant à l'abbaye de Luxeuil, manuscrit original de 1777, et, à côté, un autre de la même année, où les serfs refusent de s affranchir au prix d'une modique somme, I, 241 .

(2) De l'administration des finances^ 111» 310, 311, 313.

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se donner le mot pour rendre les révolutions inévitables et en précipiter le cours.

Les hommes qui ont dépensé toute leur existence dans l'élude sérieuse et approfondie d'une science, ne peuvent se résigner à proclamer que cette science pèche par ses fondements. Les légistes avaient été, au m'' siècle, les plus implacables adversaires des chrétiens, et s'étaient convertis les derniers à la religion sainte qui venait renverser leurs vieilles lois, leurs vieilles religions et leur vieille société. De même au xvm'^ siècle, pendant que les publicistes et les philosophes étaient depuis longtemps unanimes à battre en brèche le servage et l'odieuse corvée, ces institutions oppressives trouvaient encore parmi les jurisconsultes d'ardents apologistes, témoin le président Bouhier, le célèbre commentateur de la coutume de Bourgogne, qui se fait l'avocat des banalités, de la mainmorte, de la taille haut et bas, et de cette odieuse solidarité contre laquelle tous se déchaînent. Il blâme les seigneurs d'avoir affranchi leurs serfs, cl défend pied à pied le terrain que les philosophes ont gagné sur la féodalité, déjà jugée et condamnée (1).

« On ne saurait sans injustice, dit-il, au sujet de la corvée, lui donner le nom odieux d'usurpation et d'extorsion... C'est, à regard des affranchis, le prix de leur liberté, et conséquemment d'une faveur dont l'avantage est inestimable, et dont ils ne doivent jamais perdre le souvenir. » '

« Le bien public, dit-il ailleurs, s'accorde en cela avec celui des seigneurs ; car, suivant la remarque judicieuse de Godefroy, reipublicœ interest tit censiii terrœ inhœreni. Tout le monde sait que le fondement principal du revenu d'un État dépend des produits des terres. Il faut donc avoir attention qu'elles soient bien cultivées; et l'expérience nous apprend qu'elles le sont avec plus de soin dans les lieux de mainmorte que dans les autres, où le plus souvent elles

(1) Bouhier, II, 28i, 286, 329, 349, 422, 437...

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tombent en friche faute de cultivateurs. Uniquement occupés d'agriculture, on ne les voit point se fatiguer en procès, ou aspirer à des professions qui les détournent du métier de leurs pères. Us ne songent qu'à faire fructifier la terre et à multiplier le nombre des citoyens, qui fait en même temps la force et la richesse de l'État; ainsi, loin de les plaindre, il faudrait s'écrier avec le poète :

0 fortunatos nimium, sua si bona n(5rint, Agricolas î... »

Si quelques esprits judicieux tentent de remettre encore une fois en avant l'idée, déjà si souvent émise et toujours abandonnée, de réformer toutes les coutumes pour les refondre en un seul code de loi uniforme pour toute la France, de tous côtés les parlements protestent contre ces rêveries d'idéologues qui mettent la société en péril. (Floquet, VII, 347.) Voltaire, qu'inspire le génie du bon sens, ne se tient pas pour battu et continue sa sainte croisade contre la routine et les vieux abus : « Votre coutume de Paris, dit-il (Dict. philos,, v. Lois), est interprétée différemment par vingt-quatre commentateurs; donc il est prouvé vingt-quatre fois qu'elle est mal conçue. Elle contredit cent quarante autres coutumes ayant toutes force de loi chez la même nation, et toutes se contredisent entre elles. Il est donc, dans une seule province de l'Europe (1), entre les Alpes et les Pyrénées, plus de quarante petits peuples qui s'appellent compatriotes, et qui sont réellement étrangers les uns pour les autres, comme le Toukin l'est pour la Cochinchine. »

L'on vit d'Éprémesnil dénoncer au parlement une bro-

(1) Ces six mots sont à remarquer. Ce hardi penseur comprenait Tunité européenne, il pressentait les États-Unis de l'Europe. Quand cetle^| utopie sera-t-elle réalisée, pour la paix de l'humanité? ^^

iOi HISTOIKE DES PAYSANS.

chure de Voltaire contre la corvée. Si des idées étranges commençaient à agiter le royaume, c'était la faute des éco- ■ nomistes — ces socialistes du siècle dernier, — qui troublaient rÉtat et enseignaient le mépris des lois. (Floquet, VII, 49.) Lorsque parut la brochure de Boncerf sur les Inconvénients des droits féodaux (1776), ouvrage modéré s'il en fut jamais, Séguier dénonça énergiquement cet ouvrage séditieux, et ne faillit pas à accuser Fauteur d'ameuter les paysans contre les seigneurs, les pauvres contre les riches, le peuple contre le souverain, de saper la constitution de la monarchie, de vouloir plonger la France dans Tanarchie (W., 55). Le parlement fit lacérer et brûler par le bou^ reau ce livre incendiaire.

C'est à peine si, par grâce et à titre de concession, on permet aux gens de mainmorte et aux roturiers d'acquérir les domaines démembrés des nobles et de devenir propriétaires : « Ils ne les possèdent aujourd'hui, écrit Pocquet de Livonnière en 1725, que par tolérance et à certaines charges... Il a été nécessaire, pour le bien du commun et de la société civile, de permettre aux roturiers déposséder des fiefs (1). »

(1) Constatons que les titres et reconnoissances, à chaque renouvellemont, perdaient beaucoup de leur dureté primitive. Voici un tilre renouvelé à Bressuire, en Poitou, en 1787 :

« Je vous dois, mon dit seigneur, le devoir ci-après expliqué, qui est qu'à la première couche que la dame de *" fera d'un enfant vivant, soit mAle ou femelle, moi avenant, et l'aîné des enfants mâles qui naîtront de moi en légitime mariage, et leurs descendants mâles premiers nés, à perpétuité, sommes tenus *a'aller, le lendemain des couches de la dite dame, au-devant de la porte d'entrée do sa chambre, et là crier à haute voix : Vive madame et le nouveau-né!... A l'honneur duquel je serai tenu de boire, tout d'une haleine, une bouteille de vin que vous serez tenu de me faire donner, avec un morceau de pain blanc pesant une livre, et une perdrix bien poivrée et salée : si ladite dame n'accouchait que d'une fille, vous ne me ferez donner qu'une bouteille d'eau, une livre de pain noir et un morceau de fromage. » — France pittoresque^ III, département des Deux-Sèvres.

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Cependant les penseurs et les philosophes poursuivaient leur œuvre et se montraient les ardents avocats du dogme de la liberté. UEncyclopédie s'élève avec énergie contre le servage, et signale ses abus persévérants. «: Ëst-il rien de plus effrayant, par exemple, dit-elle, que le droit de suite pendant dix ans sur les taillables qui transportent leur do« micile dans une ville franche, où ils payent les capitations, les entrées, les octrois et autres droits presque équivalents à la taille! Un malheureux journalier qui ne possède au* cun fonds dans une paroisse, qui manque de travail, ne peut aller dans une autre où il trouve de quoi subsister, sans payer la taille en deux endroits pendant deux ans, et pendant trois, s'il passe dans une troisième élection... y>

C'est à ce développement de l'esprit philosophique, c'est surtout à un livre, VAmi des hommes (1755), que l'on doit l'engouement subit pour l'agriculture, qui fit abaisser enfin les regards vers cette race avilie et méprisée, qui cultivait si misérablement la nourricière commune. Bientôt des sociétés d'agriculture s'organisèrent par toute la France, celle de Bretagne en 1756, grâce à l'impulsion donnée par Turgot et de Gournay, alors à Rennes; celle de Paris en 1761, divisée en quatre bureaux : Paris, Meaux, Beauvais et Sens ; celle de Tours, dans la même année, en trois bureaux : Tours, Angers, le Mans...

Par une réaction inévitable, on mit des paysans partout, au théâtre, dans la littérature, dans les arts : à l'Opéra, le Devin du village, d'un coup de sa baguette magique, fit disparaître dans les derniers dessous les éternels Grecs et les Romains non moins vivaces. La peinture ne peignit plus que des bergers, Florian écrivit des bergeries, et Versailles eut son hameau de marbres et de glaces où la cour vint oublier ses splendeurs et son royal ennui. Et comme tout ce beau monde champêtre était propret et coquet, habillé de soie et de velours, enrubané de la tête aux pieds! Et les jolis moutons! et les amours de chiens! Comme tout cela,

bêtes et gens, chantait et biglait en mesure, dansait et sautillait en cadence au milieu d une prairie émaillée de fleurs, sur une fougère naine ou sous une fougère gigantesque, variétés inconnues de nos jours, passées à Tétat de mythe avec leurs congénères antédiluviennes, dont les vastes gisements enrichissent aujourd'hui nos bassins houillers! Pouvait-on, au milieu de cette joie et de ces fêtes, croire aux méchants rapports de ce fou atrabilaire de Rousseau, qui disait que les paysans de France étaient nus et mouraient de faim, qu'ils empruntaient leur pain aux seigneurs qui voulaient bien leur faire l'avance de la vie, et que, tandis que les duchesses se déguisaient en bergères, les bergères se travestissaient en bêtes de somme, et tiraient la charrue pour labourer la terre (l) ?

Dans la Franche-Comté, qui s'appelait franche comme les Furies s'appelaient Euménides, et ou le servage avec toute sa révoltante iniquité se conserva en fait et en droit jusqu'en 1789, les habitants essayèrent de porter leurs doléances jusqu'aux pieds du trône (1770) :

a. Lorsqu'un serf du chapitre (de Saint-Claude) passe pour être malade à l'extrémité, l'agent ou le fermier du chapitre commence par mettre à la porte de la cabane la veuve et les enfants (2), et par s'emparer de tous les meubles. Le chapitre, en qualité d'héritier, est tenu de payer le chirurgien et l'apothicaire. Un chirurgien de Morez, nommé Mcod, demanda au mois d'avril son payement à l'agent du chapitre : l'agent répondit ces propres mots : « Loin de vous payer, le cha- » pitre devrait vous punir : vous avez guéri l'année dernière y> deux serfs, dont la mort eût valu mille écus âmes maîtres! »

(1) Arthur Young, Voyage en France.

(2) Quatorze années plus tard, Chabrol nous montre le servage existant encore dans le pays de Conibraille, et les chanoines réguliers d'Évaux réclamant les enfants nés d'un père libre, mais d*une mère serve. » — Coul. d'AuvergnCy III, 495.

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» Nous ne voulons point fatiguer Votre Majesté par le récit avéré de cent désastres qui font frémir la nature, d'enfants à la mamelle abandonnés et trouvés morts sous le scellé de leur père; de filles chassées de la maison paternelle où elles avaient été mariées, et mortes dans les environs au milieu des neiges ; d'enfants estropiés de coups par les agents du chapitre, de peur qu'ils n'aillent demander justice... y>

Voltaire prit en main la défense des serfs de Saint-Claude, mais inutilement (1). Le puissant écrivain n'en continua pas moins de prêter à l'indignation de tous la voix de son ironie impitoyable :

« On dit communément qu'il n'y a pltis d'esclaves en France, que c'est le pays des Francs, qu'esclave et franc sont contradictoires ; qu'on y est si franc, que plusieurs financiers y sont morts en dernier lieu avec trente millions de francs acquis aux dépens des derniers Francs, s'il y en a. Heureuse la nation française d'être si franche !

"» Cependant comment accorder tant de liberté avec tant d'espèces de servitudes, comme par exemple celle de la mainmorte?... Mais le plus curieux et le plus consolant de toute cette jurisprudence, c'est que les moines sont seigneurs de la moitié des terres mainmortables.

» Quand nous avons fait quelques remontrances modestes sur cette étrange tyrannie de gens qui ont juré à Dieu d'être pauvres et humbles, on nous a répondu : « Il y a six cents » ans qu'ils jouissent de ce droit, commentles en dépouil- )D 1er? » Nous avons répliqué humblement : Il y a trente ou quarante mille ans, plus ou moins, que les fouines sont en possession de manger nos poules, mais on nous accorde la permission de les détruire quand nous les rencontrons. » {Dictionnaire philosophique.)

(1) Ils lui firent dire que s'il leur faisait rendre leur liberté, ils «itéraient le saint de sa niche, et le mettraient à sa place. « Rien ne presse, répondit-il, je me trouve bien niché où je suis. »

C'était en tous lieux TÉglise qui reculait la dernière devant raffranchissement ; mais le terrible chanipion du progrès était partout sur la brèche, vengeant Thunïanité et fustigeant de son fouet vengeur le tyrannique égoïsme des moines :

a Au milieu des rochers et des abîmes qui bordent le pays de Gex, dit-il ailleurs (1), au revers du mont Jura, au bord d'un torrent nommé la Valserine, se trouve le village de Chezery, qui appartenait à la Savoie, et qui est réputé français depuis l'échange fait avec le roi de Sardaigne en 1760. Les bernardins sont seigneurs de ce terrain, et voici les droits que s'arrogent ces seigneurs par excès d'humilité et de désii>téressement.

i> Tous les habitants sont esclaves de l'abbaye, et esclaves de corps et de bieiis. Si j'achetais une toise de terrain dans la censive de monseigneur l'abbé, je deviendrais serf de monseigneur, et tout mon bien lui appartiendrait sans difficulté, fût-il situé à Pondichéry. Le couvent commence, à ma mort, par mettre le scellé sur tous mes effets, prend pour lui les meilleures vaches, et chasse mes parents de la maison.

» Les habitants de ce pays les plus favorisés sèment un peu d'orge et d'avoine dont ils se nourrissent ; ils payent la dîme sur le pied de la sixième gerbe à monseigneur l'abbé, et l'on a excommunié ceux qui ont eu l'insolence de prétendre qu'ils ne devaient que la dixième gerbe.

i> En 1762, le 20 de janvier, le feu roi de Sardaigne abolit dans tous ses États cet esclavage chrétien. Il permit à tous ces malheureux d'acheter leur liberté de leurs seigneurs, et prêta même de l'argent à tous les colons qui n'en avaient pas pour se rédimer.

X Ainsi, il est arrivé que ces cultivateurs auraient été libres s'ils étaient restés Savoyards jusqu'en 1762, et qu'ils

(1) Correspondance f ^3 (é\rier m ^.

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