‹ Histoire des paysans (volume 4)Chapitre 106 sur 145 · ARMAGNACS ET BOURGUIGNONS · texte numérisé non relu

ARMAGNACS ET BOURGUIGNONS

squ'à Tespoir d'être secourus, ils ne quittaient un moînt la place qu'après leur avoir dit que leurs seigneurs pelaient derrière eux les Anglais et les Allemands pour hever de les exterminer. (Lelaboureur, 815.) En 4440, le duc de Bourbon meurt : débarrassés de son ntrôle, les autres princes des fleurs de lis se liguent mtre le duc de Bourgogne, traversent la France, c'est-àre ravagent l'Anjou, l'Orléanais, inondent le pays chartrain, où ils portent la désolation jusqu'aux portes de Paris, ndis que les troupes mandées par le duc de Bourgogne lusent les mêmes désordres du côté de la Seine. « Tout le )vre commun, et des bonnes villes et du plat pays, était langé, les uns par les tailles, les autres par le pillage ». bourgeois de Paris, 636.) On se décide à faire crier dans les liages de l'Ile-de-France, de par le roi, ordre aux paysans e courir sus aux Armagnacs. (Ordon. du 28 fév. 4440.) Ils mtent d'obéir, et, n'ayant d'espoir que dans une énergique éfensfi, essayent de repousser par la force les bandes que on désigne à leur vengeance ; ils sont dispersés et se sauent dans les forêts, mais les soldats vont les « lancer et ener dans les bois comme des bêtes sauvages, et en un )ur ils firent curée de sept cents de ces villageois ». — Les gens de guerre enchaînaient tout ce qu'ils trouvaient e sujets du roi, sans distinction de sexe ni d'âge; ils les hassaient devant eux comme des troupeaux de galériens, et près leur avoir fait. souffrir tout ce qui se peut de supplices ans mourir, s'ils n'avaient de quoi se racheter la vie, ils les rendaient ou les jetaient à l'eau. » (Lelaboureur, 765, 845.) Dans la Beauce, les Armagnacs mettaient le feu aux glises dans lesquelles se réfugiaient les populations atterées, et tuaient au milieu des flammes ceux qui cherchaient s'enfuir ; dans le comté de Saint-Pol, une autre bande du lême parti, sous les ordres d'un bâtard de Bourbon, se vrait à des atrocités analogues (Hennebert, Artois, III, 284), mdis que de leur côté les Bourguignons tatsajg^ix^wV \fe

Beauvoisis et le Valais. Le prévôt des Essarts, Antoine de Craon, le Borgne de la Heuse, saccagent le comlé d*Alençon, les seigneurs de Helly et de Bournonville infestent le Poitou, et le sire de Saint-Georges, à la lête de bandes bourguignonnes, traverse presque toute la France pour aller attaquer en Gascogne le comte d'Armagnac.

Tel est Texcès des souffrances du plat pays, que malgré les révoltes qui ensanglantent Paris, malgré les souvenirs encore si récents de la jacquerie et de la révolte des tuchins, le roi, après avoir inutilement appelé à son secours l'autorité religieuse et requis Tévêque de Grenoble de lancer contre les bandits l'excommunication ordonnée par la bulle d'Urbain V, légalise une fois encore l'insurrection en mettant au peuple les armes à la main pour repousser la force par la force. Après l'ordonnance d'avril 1412, qui permet à tous les marchands forains et autres d'apporter et de vendre à Paris toutes espèces d'armures, afin que tous les sujets puissent s'armer contre a les grans et dampnables compagnies », vient, pour la compléter,, celle du 25 mai de l'année suivante, qui autorise les paysans à résister à main armée aux pillards, <ic lesquels ont pillé et gâté, et gâtent, pillent et robent de jour en jour nos bons et loyaux sujets, ont tué gens, rançonné, bouté feux, efforcé femmes mariées et autres, violé filles à marier, tué enfants, et font encore et s'efforcent de faire toutes autres inhumanités (art. 250, 251)... » et leur permet de les tuer en toute impunité. (Monstrelet, I, f. 168.)

Et cependant, les bandits et les pillards , c'étaient ses oncles et ses cousins dans la personne de leurs partisans, c'était lui-même par l'intermédiaire de ses serviteurs* Les seigneurs, et jusqu'aux princes du sang, en étaient arrivés i ce point de ne plus payer leurs dettes et de laisser leurs gens prendre au hasard et par force pourrapprovisionnementde leurs maisons : ils les envoyaient sur les fermes enlever les blés dans les gremets, eVtmmwi défendre aux paysans, sous

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