‹ Histoire des paysans (volume 4)Chapitre 21 sur 145 · LES NOBLES VONT A LA 1»U01E. 1J · texte numérisé non relu

LES NOBLES VONT A LA 1»U01E. 1J

C'était peut-être pour séduire le ciel en flattant ses liabiits, pour le séparer du peuple en le soumettant aux habiles féodales, que Marie, Thumble vierge-mère, était denue une dame, Jésus-Christ un seigneur, et Pierre un ron (4). Tout était noble ou ignoble : nous serons plus act quand nous dirons que tout était voleur ou volé, ulement, au lieu d'être, comme aujourd'hui, le fruit de dresse et de la ruse, le vol était le résultat de la vio- Qce ouverte la plus implacable, et Ton vit un écrivain 1 XIII® siècle, un auteur grave, Jacques de Vilry, évêque, irdinal et légat du pape en France, consacrer, dans son istoire occidentale, un chapitre particulier aux « rapines t exactions que commettent les grands seigneurs et leurs itellites ».

« ... Les vols, dit-il, les rapines et les violences qu'ils xercent, tantôt ouvertement, tantôt en secret, sur les lalheureux qui sont sous leur dépendance, rendent insuporlable leur cruelle tyrannie. Ces seigneurs, malgré les lires pompeux et les dignités dont ils s'enorgueillissent, ne aissent pas d'aller à la proie et de faire le métier de voeurs; défaire celui de brigands, en ravageant des contrées 'nlières par des incendies...

» Lorsque, pour des causes légères, il s'élève quelques 'onlestations entre les pauvres et les seigneurs, ceux-ci parjiennent, parleurs satellites, à faire vendre les biens de ces malheureux.

» Veulent-ils exercer quelques vengeances contre des

opsqu'ils avaient obtenu du patient la rançon obligée. » Dulaure, lllst. ie Paris.

^l) A Dieu s'est commandée et au baron saint Pierre,

lit le roman de Berle aus g r ans pies, vers 50, ibid., 130. — Les révoutions, qui ne respectent rien, n'ont conservé qu'à Jésus-Christ et à la ♦lerge leurs litres, et le cardinal Duperron disait d'un prédicateur qui, în chaire, faisait précéder le nom de chaque saint du titre de monseijneur, « qu'il n'était guère familier avec €ux, puisqu'il les tra,\t^\. ^\^ç. anl de cérémonie ».

\u Histoire dus paysains.

personnes simples et innocentes, ils les font attaquer par leurs sicaires, scélérats qui remplissent les rues des villes et des bourgs, ou qui, cachés dans des lieux secrets, tendent des pièges à ces malheureux pour les y attirer et y répandre leur sang.

y> Sur mer, ils font le métier de pirates ; ils pillent les voyageurs, les marchands, brûlent souvent leurs navires^ et noient dans les flots ceux qu'ils ont dépouillés.

)> ... Les nobles sont semblables aux chiens immondes qui, toujours affamés, disputent aux corbeaux voraces la chair des cadavres. Par le ministère de leurs prévôts et de leurs satellites, ils persécutant les pauvres, dépouillent les veuves et les orphelins, leur tendent des pièges, leur suscitent des querelles, leur supposent des crimes imaginaires afin de leur extorquer de l'argent.

}> Ils font ordinairement mettre en prison et charger de chaînes des hommes qui n'ont commis aucun délit, et font endurer à ces innocents de cruelles tortures pour en tirer quelques sommes d'argent... C'est pour payer leurs usuriers, pour entretenir des mimes, des jongleurs, des parasites, des histrions et des flatteurs, vrais chiens des cours, qu'ils dépouillent et torturent ces malheureux... »

Au pauvre propriétaire dépossédé il ne restait qu'un seul parti à prendre. S'il savait réduire sous son joug quelques hardis compagnons, il devenait à son tour chef de bande, occupait ou bâtissait un donjon, vivait oisif, de combats, c'est-à-dire de pillage. Cela s'appelait vivre no' blement, et en effet, c'était la manière dont se faisaient le« gentilshommes.

Si ces barons de grand chemin foulaient aux pieds 1* justice à l'égard de leurs hommes, ils ne l'ôbservaien» guère entre eux; surtout il n'y avait nul moyen de rendra ses arrêts exécutoires, lorsqu'elle en rendait. Comme l^ partie condamnée en appelait toujours, en définitive, à s^ hincc ei à son épée^ W êù\V çW'à ^v\\\\i\^ el çlus rapide à^

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