DONATIONS AUX COUVENTS
laïvement tout cela à l'acquit de ses biens, daus ses déuoiiiirements et dans ses terriers (1). Grâce 'à cette cordiale ntente du brigand et du receleur, le chevalier détournait sa ince des terres de l'Église: aussi les faibles s'empressaients de donner leurs biens à celle-ci, dans l'espoir qu'elle onsentirait à les leur redonner en fief, moyennant certaines îdevances. S'ils mouraient, s'ils étaient tués sans laisser errière eux de postérité masculine, cas très-fréquent dans 3s jours de crimes et de massacres, leur succession tombait l'Eglise. Souventencore, sans concéder à titre de fief, elle )us passait des lettres dites précaires (precaricBy precatofœ), par lesquelles on obtenait la jouissance des terres ue Ton donnait, pendant cinq, six et même sept généraons, toujours, bien entendu, moyennant des redevances inuelles (2).
D'autres fois les donations des seigneurs aux moutiers aient le résultat de transactions plus ou moins pacifiques (3). algré cela, et bien que les moines eussent soin de faire mfirmer par les seigneurs, au lit de mort, ces étranges arches, qui, odieux aujourd'hui, étaient alors chose toute nople et toute naturelle, et qui se faisaient publiquement au grand soleil (4), les regrets s'éveillaient bientôt, puis 5 récriminations, le plus souvent armées. De là ces prestes toujours si avidement saisis par les seigneurs, de se nger en ravageant les terres des monastères. Donc, à l'heure où elle devint obligatoire et de droit civil, dîme n'avait plus ni motif ni raison d'être, et le clergé
) « Quœ cum injuslitiâ et rapina, aut violenlia, congiegala nul ao- Ua sunt... » — Richard Simon, II, 62. — Huet, Origines de Caen, —^ Louis de Héricourt, Lois ecclésiastiques de France, 585. 1 Richard Simon, I, 188; II, 61, 62.
) « Murmurantihus illis dédit eis quatuor magnos magnique preii os... M — Dom Lobineau, 223.
) « Coram omni clero et populo..» » Dom Lobineau, Hist. de Ereg,291,59S.
168 HISTOIIŒ DES PAYSANS.
dépouillait iniquement le paysan des revenus de la terre, après ravoir, de complicité avec la noblesse, dépouillé de la terre elle-même.