CHAPITRE VI
royale se substitue à l'Église, qui abdique et passe dans les s oppresseurs des campagnes. — Saint Louis, le plus grand . — Il lutte pour le peuple contre la féodalité, contre le contre le clergé. — Il proscrit le duel judiciaire et les guerres si funestes aux populations agricoles. — Son œuvre ne lui s, la barbarie triomphe après lui. — Blanche de Castille. — ; de Notre-Dame de Paris.
m Les vexations des seigneurs sur les habitants des bourgs et des villes situés dans leurs domaines, ^ étaient quotidiennes, souvent atroces, prodigieuse-
ment irritantes; la sécurité manquait encore plus que la liberté. » GuizOT (1).
lit bien peu de chose de toutes les saintes instituil, pendant sa période philosophique, le christialit si libéralement doté le monde, lorsque Tautole, inspirée, il est vrai, par le souffle divin de !, se substitua au clergé défaillant, et continua pour nt son œuvre directrice et providentielle. X, qui serait le plus grand des rois si l'ineptie le s'obstinait pas à ne voir de grand que les grandes les grands tueurs d'hommes, si ses plus glorieuses les n'étaient pas des batailles, et ses héros des uisselants du sang de leurs frères ; Louis IX, le seul î princes qui s'inspira toujours de l'esprit de Dieu, 'e de la justice et de la charité, fit, pour l'améliosort des peuples, tout ce qu'il était possible de j; il le fit seul et malgré son entourage^ Après 5sé avec énergie aux violences et aux extorsions
îe h civiHmtion en France^ II^ partie, xvie leçon.
des nobles du royaume (1), il ordonna aux suzerains de protéger leurs hommes contre les déportements de leurs vassaux. Il interdit ensuite le duel judiciaire en matière civile, tout en croyant devoir le laisser subsister encore en matière criminelle. Il voulut que Ton pût « fausser le jugement », c'est-à-dire en appeler sans que le combat en résultât. Quant aux gentilshommes, il accorda au plus faible le droit d'arrêter les hostilités en soumettant le différend à la justice du suzerain, et en requérant ^ l'assurement )» de son adversaire, qui ne devait causer aucun dommage à sa personne, à ses biens et à ses hommes, jusqu'à la décision de la justice (2). L'assurement ne pouvait être refusé sans crime de haute trahison. Enfin, en 1257, Louis défendit sur ses terres, par un édit rendu à Saint-Germain en Lave, a toutes les guerres, incendies, perturbations et troubles apportés au labourage ».
n est dans la destinée fatale de tous les progrès, qu'Ds viennent d'en haut ou d'en bas, et quelle que soit la sainteté de leur but et l'innocuité de leurs moyens, d'être repoussés comme une pernicieuse innovation et combattus comme un danger social. Aussi murmurait-on contre Louis d'oser porter atteinte aux privilèges des sires, et à la liberté qu'ils avaient toujours eue de s'entre- égorger et de faire égorger leurs hommes. Ses ministres lui rappelaient les sages principes de PhiUppe-Auguste (3), qui avait encouragé de tout son pouvoir ces luttes criminelles, et invoquaient, pour l'ébranler, les motifs les plus puissants de la politique, (c C'était, à leur avis, au rapport de Joinville, fort mal faire,
(1) D. Plancher, Hist. de Bourgogne, II, 29, 30.
(2) « Le vilain ne pouvait fausser le jugement de son baron, maiSi par l'éUblissement de la cour des pairs, à Paris, toutes appellations y sont relevées. » — Loisel, Institutes coutumièreSy liv. VI, tit. v, r** gle 8.
(3) « Se à Dieu plest, ils affoibliront, et envieilliront, et je croistni. se à Dieu plest, en force et en povoir : se en serai en tores (à dm* tour) vengié à mon ta\ei\l, » — U*Ar< de véiifier les dates, t. !•', 578,
lede ne pas les laisser guerroyer, parce que, disaient-ils, s appointements s'en feraient mieux après. » Le saint roi n'en persista pas moins à poursuivre l'extincon du duel et des guerres privées, et cette tâche exigeait, vec une grande intelligence, un grand courage et une rande force de volonté, car il avait contre lui tous ceux ue froissaient ses projets de réforme. Aussi les seigneurs aïques et ecclésiastiques ne lui épargnaient-ils point les laroles injurieuses, et lui prodiguaient-ils les épithètes l'imbécile, de bigot, de papelard, de béguin, de tyran, de )arjure, etc. (1). Cela doit-il étonner, lorsque l'on songe }ue le duel judiciaire était d'abord un moyen d'usurpation 3t de vol infaillible à l'égard des vilains, que l'on attaquait la lance la à main, et auxquels on n'accordait qu'un bâton pour se défendre, et que de plus, derrière le duel, il y avait l'amende, qu'ik infligeaient au vaincu, noble ou roturier? De là le proverbe : Les battus payent l'amende. Il arrivait donc que le baron ou l'évêque, sans oser toutefois opposer aux ordres du roi un refus positif, prenait conseil de ses pairs, de ses vassaux ou de son clergé, sans lesquels il ne pouvait rien décider. Or ceux-ci se montraient plus hardis à l'égard de leur suzerain ou de leur évêque, dont ils savaient que leur résistance flattait la passion secrète ; ils refusaient de sanctionner les édits du roi, qui tombaient impuissants, en présence de cette sourde résistance de ceux qui seuls pouvaient les faire exécuter (2). En dépit de la justice et de la fermeté du fils de la reine
(1) Jean Sayaron, Traité contre les duels.
(2) « L'évêque de Paris levait les amendes des duels et des cours Uans ses justices; l'abbé de Saint-Denis avait celles du duel... » L'historien {les Grandes Chroniques) remarque la prière que ce juste roi fit à l'évêque de Paris : « Si vous prie, dit le roi, sire évoque, que vous corrigiez cette mauvaise coutume en votre terre. » Et l'évêque répondit ' qu'il se consulterait à son chapitre; et quand il se fut conseillé à son chapitre, il q'en fit néant, ])our la convuitisc des avueivàè^. ï» ^ ^varon, p. U.
Blanche, les prêtres et les moines commettaient sous so règne toutes sortes de crimes, et, ne reconnaissant que I droit canonique, qu'ils interprétaient pour les besoins d leur cause, ils pillaient et rançonnaient à discrétion et e toute impunité la population des campagnes. Nous avons vi les inutiles efforts du puissant duc de Bretagne, le terribli Pierre Mauclerc, pour protéger ses sujets contre les exactions du clergé. Le pape, quel qu'il fût, était obstinémen sourd à toutes les réclamations, et c'est avec, raison que saint Thomas de Cantorbéry écrivait au cardinal Albert : « Je ne sais comment il arrive toujours à la cour de Rome que Barrabas soit délivré, et que Jésus-Christ soit condamné à mort et crucifié. » Louis IX, dont le saint-père connaissait la fermeté, parce qu'il ne réclamait jamais que la justice, s'adressa à Alexandre IV, qui, forcé par le scandale, céda en partie, et, en 1260, déclara que les juges royaux n'encourraient plus l'excommunication en arrêtant les prêtres notoirement coupables de crimes capitaux, à la condition qu'ils les tinssent à la disposition des tribunaux ecclésiastiques. C'était une bien faible garantie pour le peuple, mais enfin c'en était une.
Grâce à cette arme terrible de l'excommunication, qui faisait de l'innocent atteint par lui une sorte de paria dont chacun s'écartait avec terreur, le clergé dépouillait les vilains, placés par elle dans l'alternative, ou d'abandonner tous leurs biens, ou de se racheter à beaux deniers comptants.
Il arriva cependant qu'à force d'être prodiguée, l'excommunication perdit de son crédit, d'autant plus que le sagç monarque refusa de lui prêter le concours de l'autorité civile. Alors, de même que les barons feignaient de croire i que la société allait périr parce que Louis proscrivait le duel et les guerres privées, ces deux bases essentielles de j la féodalité, et criaient à la spoliation et au mépris du droit ; de propriété, parce (\u'\\ s,'o^)^o?>\\\l à l'abus des amendes
SAlxNT LOUIS. 181
les extorsions, les évoques accusèrent le saint roi de ser la religion déchoir et fondre entre ses mains : car ;t toujours au nom de la société, de la religion et de la priété en danger, que les abus repoussent les progrès, ime si les institutions ne se tenaient que par leurs \ices, levaient succomber avec eux.
naissons parler Joinville :
t L'évèque Guy d'Auxerre lui dit pour tous les prélats royaume de France : c< Sire, ces archevêques et évêques, i sont ici, m'ont chargé de vous dire que la religion dent et fond entre vos mains, et déchoira encore plus s'y js n'y mettez ordre, parce que nul ne redoute aujourlui Texcommuniement : nous vous requérons, sire, que is commandiez à vos baillis et à vos sergents de con- Indre les excommuniés à donner satisfaction à l'Église, as l'an et jour. > Le roi leur répondit incontinent qu'il mmanderait volontiers à ses baillis et sergents de con- Indre les excommuniés ainsi qu'ils le désiraient, mais 'il fallait qu'il eût connaissance si la sentence était droiière ou non. Ils se consultèrent, et répondirent au roi 'ils ne lui donneraient point connaissance de ce qui avait )port à la religion : et le roi leur répondit aussi que quant lui, il ne commanderait jamais à ses sergents de conindre les excommuniés de se faire absoudre, à tort et à oit. « Car si je le faisais, j'agirais contre Dieu et contre oit, et je vous 'dirai pour exemple que les évêques de Bre- ^e ont tenu leur comte pendant sept ans excommunié, puis il a été absous par la cour de Rome ; et si je l'eusse atraint dès la première année, je l'eusse fait contre Mt. »
L'exemple était heureusement choisi, et il fallait avoir în des fois raison pour l'obtenir de la part de la cour de me, dont les exactions légales allaient si loin que le pieux marque dut s'opposer, par la pragmatique sauclvow, k \^ ée des décimer que le pape voulait faire e\\ Yt^lwc,^, \\.\^
fit sans hésitation comme sans faiblesse, et en stigmatisa avec énergie les prétentions du saint-siége (1).
La maxime de saint Louis était que ^ droit est toi jours plus près d'absoudre que de condamner », princij plein de mansuétude et vraiment chrétien. Mais en mên temps il ne voulait Timpunité pour personne, et il ordoni que l'on fît partout « bonne justice et roide, et qui n'ei pargnât plus le riche que le pauvre ». Dans les huit pn miers articles de Tordonnance de 1256, il impose à ses se néchaux; baiUis, prévôts, viguiers, vicomtes, maires, forei tiers, sergents et autres officiers, tant supérieurs que su balternes, le serment de ne faire ni recevoir aucun pré sent, d'administrer la justice sans acception de personne Puis l'article 25 ajoute :
« Nous voulons que tous nos sénéchaux, baillis et autre! officiaux soient, après qu'ils seront hors de leurs ofïices. par l'espace de quarante jours, au pays là où ils ont les administrations gouvernées accoutumement, en leur propre personne, ou par procureurs^ pour qu'ils puissent répondn par-devant les nouveaux sénéchaux, baillis ou autres enquesteurs officiaux souverains, à ceux auxquels ils auront meffais, qui se voudront plaindre d'eux. »
Avec un pareil prince et de pareilles lois, les pilleriez eussent cessé et le peuple des campagnes eût pu espérer d'échapper à l'arbitraire des barons, du clergé et des justiciers. Aussi Joinville a-t-il vanté les heureux effets des Ela* blissements de saint Louis :
« Et finalement, par laps de temps, le royaume de France Èe multiplia et amenda tellement, pour la bonne justice et droiture qui y régnait, que le domaine, censifs, rentes et revenus du royaume croissaient d'an en an de moitié. »
C'était néanmoins, convenons-en, une singulière amélio* ration dans le sort des peuples, que celle-là qui se résolvait
ii) Ordonnance de mars \^^,
en tailles et renies qui doublaient chaque année. Aussi lorsque Ton voit Joinville avouer naïvement qu'il refusa de suivre son maître à la dernière croisade, parce que les gens du roi avaient profité de son absence pour piller ses domaines et fouler ses sujets (1), on peut croire que le patriotisme d'alors n'allait pas jusqu'au sacrifice de ses intérêts, et que, pour lui, le bien-être de la France se mesurait à celui des seigneurs, qui trouvaient moyen de pressurer davantage leurs hommes de poëste, lesquels, toujours aussi exploités, n'avaient que la stérile consolation de l'être plus légalement.
Louis IX sur le trône, c'était la probité couronnée parlant le langage de l'Évangile. Mais ce langage n'était pas celui de son siècle, on ne pouvait ni comprendre ses paroles ni imiter ses actions. Ses Établissements, promulgués sans la participation ni le consentement de ses grands vassaux, ne les engageaient en rien, de même que les arrière-vassaux ne se regardaient point comme liés par les ordonnances de leurs suzerains. Aussi l'édifice de saint Louis s'écroula-t-il rapide • Bient sous le règne de son successeur (2).
Il y aurait injustice à ne pas associer à la gloire du pieux Monarque sa mère, la reine Blanche de Gastille. Il est peu <l*hommes de génie qui n'aient été élevés par une femme supérieure, et je ne sais si l'on ne pourrait pas dire qu'intellectuellement aussi bien que physiquement, l'enfant doit bien plus à sa mère qu'à son père. D'un héroïsme peu ^mraun, malgré sa piété d'ange, et, en dépit de la loi sa- ^ue, reine de fait, de par la supériorité de son intelligence ^ ^us le nom de son époux Louis VIII, puis régente pendant la minorité et de la croisade de son fils, et pesant d'un &"?ind poids dans ses conseils tant qu'elle fut auprès de lui,
(t) « Tandis que j'étais outre-mer, au scr\ice de Dieu, les gens et ^^iers du roy ont si fort grevé et foulé mes sujets, qu'ils en sont en- *^re appaumris ; si je me mets de nouveau en pèlerinage de la ctovs., ^ Wra pour le coup leur totale destruction (1267). »
(2) JAontesquiea, Esprit des lois, \i\. XXVIII, chap. XK\>v cV ^^^n\\.
184 HISTOIRE DES PAYSA^'S.
Blanche prépara et facilita Fœuvre glorieuse pour laquelle la postérité bénit le nom de saint Louis. Déjà elle avait affranchi, « moyennant d'autres droits », toutes les femmes serves des domaines royaux, « pour la pitié qu'elle avait de plusieurs belles filles à marier que on laissait à prendre pour leur servitude, et en étaient plusieurs gâtées ». Mais l'heure n'était pas venue encore, la royauté ne devait entrer qu'au siècle suivant dans la voie libérale des affranchissements généraux, ouverte prématurément par le génie d'une femme vraiment chrétienne, et il en fut de cette ordonnance de la reine régente comme de tant d'autres : on n'en tint pas compte, et elle demeura sans effet. (Sauvai, II, 453.)
Vers le milieu du xiu® siècle, en 1253, il plut au chapitre, de Notre-Dame de Paris de mettre une nouvelle contributioa. sur les villages dont il était seigneur. Les serfs de Chàtenaj^ ayant refusé de payer, le chapitre, pour les mettre à la raison. ^ fit arrêter tous les hommes, qui furent traînés à Paris et jfe — tés dans une prison étroite où ils manquaient de tout, mêin.<3 d'air pour respirer.
La nouvelle de cette cruauté inique étant arrivée aox oreilles de la reine Blanche, elle envoya prier les reh'gieuj: de faire instruire sans retard la cause, et, en attendant, de les faire relâcher sous caution, s' engageant à la payer ellemême. Jaloux de leurs privilèges, les chanoines répondireflf qu'il n'était donné à personne d'intervenir dans leurs affaires, et qu'ils avaient droit de vie et de mort sur leurs hommes. |^ Puis, pour braver la reine, ils firent arrêter toutes les femmes 1'^ j et tous les enfants, qu'ils entassèrent avec leurs époux et V^ leurs pères. I ."^^
Privés de tout, de nourriture suffisante; de mouvement, 1 ^^
d'air, de lumière, infectés de miasmes impurs, ils périssaient, ■ ^
lorsque la reine accourt à la tête de quelques serviteurs, 86
fait conduire devant la porte de la prison, et le cœur bris* 1 ^
des cris désespérés des temiu^^ ^Vôi^^ ^w^^wts^ et desburl^ ■ '
LA reine; blanche. 185
ments de rage [des hommes et des vieillards, elle ordonne que Ton défonce les portes.
Mais ceux de sa suite hésitent effrayés. Nul n'ose affronter les colères de l'Église, nul n'ose porter atteinte à ses privilèges.
La reine alors arrache une hallebarde des mains d'un des hommes de sa suite, et frappe le premier coup sur cette porte maudite. Le prestige est détruit, chacun se met à Vœuvre, et la porte vole en éclats.
On vit alors un spectacle affreux, même pour cette époque, où des scènes analogues étaient fréquentes. Par cette porte béante s'élance, comme chassée par un ressort, toute cette masse humaine comprimée, toute cet\e population mourante de faim, hâve, souillée, brisée, qui entourait cette femme, cette reine descendue dans son enfer comme l'ange de la rédemption, et qui s'attachait à elle, craignant que l'apparition inespérée ne s'évanouît comme un rêve, la laissant exposée aux fureurs et aux vengeances de ces chanoines sans pitié.
N'est-ce pas une chose étrange de voir les ministres indignes d'une religion sublime, toute d'amour et de charité, tomber, lorsqu'ils ont perdu le sens de l'Évangile, plus bas que les seigneurs laïques eux-mêmes? En 1125, à l'instigation des ducs de Bretagne, la noblesse de ses États renonce au jugement des morts, droit bizarre qui lui donnait les Wens de celui des deux époux qui mourait le premier. Le clergé le fait revivre et s'en empare. Les nobles vendent aux serfs leur affranchissement pour satisfaire aux dépenses des croisades ; l'Église achète la plupart de ces prétendus affranchis, qui retombent sous une servitude quelquefois uioins dure peut-être, mais aussi qui leur offre moins de chances d'un nouvel et sérieux affranchissement, puisqu'ils appartiennent désormais, non plus à un individu qui peut luourir ou se ruiner, mais à une corporation éternelle et opulente.
Et nous abserverons ce fait jusqu'à la fin, nous verrons, au XVIII*' siècle, des abbayes posséder les derniers serfs (1); nous verrons, au sujet de la nuit immortelle du 4 août, un historien de Tordre du clergé, qui écrit pour l'instruction des jeunes générations, insulter au dévouement tardif, mais spontané de la noblesse (2) ; nous verrons le clergé, par la bouche éloquente de l'abbé Maury , défendre pied à pied ses vieux privilèges et tous les vieux abus qui avaient pesé si longtemps sur les classes inférieures. Semblables à ces fleuves majestueux, source de richesse et de fécondité, qui peuvent faire aussi les plus terribles inondations et les plus effrayants ravages, il arrive que les plus nobles passions, lorsqu'elles sont jetées hors de leur route, donnent aussi naissance aux plus grands crimes; l'ardent amour cède parfois la place à la haine implacable, la charité à l'avarice, ei la religion au fanatisme aveugle.
(1) Le chapitre de Saint-Claude possédait encore des serfs en 178^
(2) « L'assemblée, après un repas splendide, tint la séance nocturii< si connue sous le nom de séance du A aoust ; là, sans discussion, ssais délibération, uniquement inspirée par les vapeurs du vin, elle décréta une foule d'injustices contre les seigneurs, contre les propriétaires de droits féodaux, contre les provinces privilégiées. » — Le P. Loriqucf, Hist. de France à l'usage de la jeunesse.