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LES CROISADES

1 d'un certain nombre qui parvinrent jusqu'à Marseille, qui s'embarquèrent isur sept navires dont les capitaines idirent aux musulmans ceux qui arrivèrent vivants juse sur lés côtes barbaresques.

[Jn Hongrois, Jacques ou Jacob, moine à Citeaux, avait )ar ses enchantements » tourné ces jeunes têtes (1). Ame lente, extatique, il faisait des prédictions, opérait des racles, guérissait parfois les malades|qu'il touchait. D'une sinde instruction pour l'époque, il parlait le français, l'ailemd, l'anglais, le latin, et possédait une éloquence entraîinte ; in mais surtout il était habile dans les secrets de la agie -». (Tillemont.) C'était, en somme, une de ces orgasations d'élite qui s'imposent aux masses, et dont rin^< lence est bienfaisante ou néfaste, suivant les circonstances 1 milieu desquelles il leur est donné d'agir. Le temps avait fait son œuvre, et l'apôtre de la croisade 3s enfants j^était plus, en 1251, qu'un [vieillard pâle et acharné auo^l une longue barbe tombant sur sa poitrine )nnait un aspect étrange. Mais le froid des ans n'avait is éteint sa fougue et son enthousiasme. Il avait des vions, la Vierge et les anges visitaient ses rêves, et il tenait insune de ses mains toujours fermée une lettre, que per- )nne ne devait jamais voir, dans laquelle Marie lui avait 3nné ses instructions.

Il commença ses prédications quelques jours après les tes de Pâques, et s'adressant au peuple des villages, aux istours, aux bergers, il leur persuada que Dieu, rejetant orgueil des nobles et des prêtres, réservait aux petits et nx simples la délivrance du pieux monarque. Ses déclamations contre les puissants de la terre ne pouvaient mander de trouver un écho docile dans Vâme de ces populaons opprimées; aussi, lorsqu'il tonnait contre la tyrannie ^s châtelains, surtout contre les débauches du clergé et

0) Le Nain de miemont, Vie de S. Louis, III, 429-4â^.

des moiaes, le peuple applaudissait à ses paroles, — -> ce qui était fort dangereux, au dire de Mathieu Paris.

Salué comme un libérateur par cette muUitude exaspérée, il prit le nom de Maître de Hongrie. Tout pasteur rencontré, prêché par lui, quittait vaches et moutons pour se donner aveuglément à lui, « et c'est ce qui faisait croire qu'il se servait de sortilège » (Tillemont.)

Paysans, femmes, jeunes filles, tous suivaient l'enchanteur « comme le fer suit l'aimant». Une pauvre femme qui, comme la Baucis de la fable, ne possédait qu'une oie, l'offrit à son Dieu et la chassa devant elle sur la route de Jérusalem, tandis que l'on s'écriait autour d'elle que « les •oies elles-mêmes devaient conduire à la délivrance de la ville sainte (1) ».

D'autres femmes prirent une part plus active à la lutte. La poésie n'inventa rien, Herminie et Clorinde furent des réalités, et beaucoup cachèrent leur sexe sot^l'armure des chevaliers. (Michaud, Hist. des croisades,) ^

Jacob divisa cette tourbe immense par escouades de cent et de mille individus, et lui donna des chefs qui, comme lui, faisaient volontiers des miracles. Le vin et les viandes qu'ils servaient, bien loin de diminuer, augmentaient sans cesse. Le fanatisme était grand autour d'eux, et l'abondance des offrandes faisait peut-être seule les frais de ce miracle quotidien.

Les origines des mouvements populaires sont presque toujours pures. Les pastoureaux n'étaient d'abord armés' que de la croix. Sur leur passage, beaucoup, mettant en eux leur espérance, les accueillaient, favorisaient leur marche. La reine Blanche elle-même, croyant sans doute pouvoir utiliser ces masses énormes au profit de la délivrance de son fils, ordonna de leur fournir tous les secours dont ils auraient besoin. Mais peu à peu les tentations de leur vie

(1) Aug:ustin Challamel, Mémoires du peuple titsw^^Ul^ 198.

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