‹ Histoire des paysans (volume 4)Chapitre 51 sur 145 · RÉSISTANCE DE LA FÉODALITÉ · texte numérisé non relu

RÉSISTANCE DE LA FÉODALITÉ

s'étaient ligués contre le clergé. Seulement — et ceci est un fait caractéristique, — pour donner à cette coalition un caractère de bien public et d'intérêt géiiéral, ils admirent dans leurs rangs les hommes de leurs possessions, les communiers (1). On commençait donc à compter avec le peuple : le roi lui accordait sa place aux états généraux, et la noblesse consacrait cette nouveauté en s'appuyant sur lui à son tour.

C'était la guerre civile que la noblesse organisait. Comme d'habitude, les pauvres gens du plat pays en eussent supporté tous les coups, si la Providence, prenant les campagnes en pitié, n'eût enlevé le « très-excellent et très-cher sire Philippe » à l'amour de ses sujets révoltés.

Son peuple l'appela Philippe le Faux-Monnoyeur, les juifs eussent pu l'appeler Philippe le Voleur, et les templiers Philippe le Bourreau. L'histoire le désigne sous le nom de Philippe le Bel.

(1) « A tous ceux qui verront et ouiront ces présentes lettres, les nobles et les communiers de Champagne, pour nous, pour le pays de Yendômois, de Beauvais, de Ponthieu, de la Fère, de Corbie, et pour tous les nobles et communs de Bourgogne, et pour tous nos alliés et adjoints étant dedans les points du royaume de France, salut. Sachent tous que, comme très-excellent et très-puissant prince, notre très-cher et redouté sire Philippe, par la grâce de Dieu roi de France, a fait et relevé plusieurs tailles, subventions, exactions non dues, changements de monnaies, etc., par quoi les nobles et les communes ont été moult grevés et appauvris..., etc. »

Sept actes d'associations semblables furent rédigés ù la même époque (1314) par les nobles de diverses provinces.

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