GUERRES PRIVÉES
es clercs, les magistrats, tous ceux qui possédaient des énéfices furent .taxés suivant leurs facultés ; des distribuons de vivres étaient faites chaque jour par trois commisûres du capitoulat, qui distribuaient à chaque pauvre de i soupe et une livre et demie de pain. En trois mois, sept lille personnes moururent de faim.
Le martyr se retournait sur son lit de douleur, variant eulement ses souffrances, et courant au-devant de la mort orsqu'elles devenaient intolérables. En 1320, on vit re- )araître les pastoureaux, au nombre de plus de 40000, loulevés par deux « trufifeurs », un moine apostat et un prêre chassé de sa cure. Ils prétendaient, comme les preniers, qu'à eux était réservée la délivrance de la terre Jainte. Comme les premiers aussi, ils ne [portaient d'abord lue la besace et le bâton du pèlerin, traversaient villages Bt cités en chantant des cantiques, nourris par la complaisante charité des crédules habitants. Mais la société d'alors l'avait que de Técume qui fermentait à sa surface, et de la ie qui souillait ses bas-fonds. Des éléments impurs se joirnirent à eux, ils pillèrent; on voulut alors leur résister, Is massacrèrent. Ils vinrent à Paris, forcèrent les prisons >our en tirer quelques-uns des leurs que la justice y avait infermés, traversèrent la France épouvantée de leurs forîits,et s'arrêtèrent un moment dans le Languedoc.
Ce fut surtout contrôles juifs que leur fureur se déchaîna ►ar les pays de Gascogne et de Toulouse. Cinq cents « hé- >rieux y> du Toulousain avaient cherché un refuge dans le hâteau de Verdun-sur-Garonne. Trouvant le siège trop 3ng, les pastoureaux y mirent le feu, et les juifs s'entr'gorgèrent jusqu'au dernier, plutôt que de tomber au pouvoir e pareils ennemis. Ils avaient reculé devant le massacre de ïurs enfants : les pastoureaux les baptisèrent sommairelent et continuèrent leur marche vers la Méditerranée, sans 'inquiéter plus que de raison de l'excommunicalioiv di\x^^^^> lors à hyignotts
2Jî2 HISTOIRE DES PAYSANS.
Après avoir échoué dans son projet de soulever contre eux les populations en masse, le sénéchal de Carcassonne réunit toutes les troupes dont il put disposer, parvint à les empêcher de pénétrer à Aigues-Mortes, les resserra dans les marais qui entourent cette ville où ils espéraient s'embarquer, et leur fit comprendre la nécessité de se dissiper d'eux-mêmes. Alors il les fit poursuivre, un très-grand nombre furent tués, et on les suspendait aux arbres des (Chemins, <c vingt dans un endroit, trente dans un autre, pour laisser aux autres un terrible enseignement ».
Cependant l'heure de l'affranchissement était arrivée pour les campagnards. Déjà, en 13H, Philippe le Bel lui-même, pressé d'argent, avait confirmé l'affranchissement des serfs du Valois, et, sous la dictée des légistes, ses conseillers habituels, commencé de soulever le joug de la servitude, (c qui tant est haineuse », en consacrant le droit de tous les hommes à la liberté, « attendu que toute créature humaine qui est formée à l'image de Notre-Seigneur doit généralement être franche par droit naturel... » Louis X alla plus loin, et pendant que la féodalité tendait à regagner d'un côté le terrain qu elle avait perdu, il lui porta un coup terrible, qui devait avoir pour effet d'armer les serfs contre leurs maîtres, ou tout au moins de les exciter à s'avouer hommes du roi. Je veux parler de l'ordonnance adressée, en 1315, au bailli de Senlis. L'importance de ce docunoeD^ me décide à le reproduire :
« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, à nos amés et féaux mestre Saince de Cbaumont ^^ mestre Nicolas de Braye, salut et dilection.
» Comme, selonle droit de nature, chacun doit être fra»^* et par aucuns usages ou coutumes, qui de grant ancienneté ont esté introduites et gardées jusques cy[en'nostre royaume» et par aventure pour le meffet de leurs prédécesseurs, moûM de noslre commun peuple soient encheûs en lien de ser^ tude et de diverses coTvdWÀoxvs, v^a^xw^wW w^us déplaist: