CHAPITRE II
L'Évangile est prêché dans la Gaule. — Les Bagaudes.
M Durant Tempire de Dioclétien, tout le pauvre peuple, accablé par la servitude, fut contraint de se rebeller pour s'en délivrer. »
B Asu ACE j Cotitume de Normandie, l, 99t
Ce fut surtout chez les jurisconsultes païens que le christianisme rencontra ses plus ardents adversaires. « On peut croire, dit Fauteur de VHsitoire ecclésiastique au sujet des persécutions ordonnées par l'empereur Alexandre, que c'étaient les magistrats qui, à l'insu de l'empereur, persécutaient les chrétiens, particulièrement les jurisconsultes, leurs grands ennemis... Attachés aux anciennes lois, ils regardaient la religion chrétienne comme une nouveauté étrangère et une source de division et de trouble. Ulpien avait fait un traité des devoirs d'un proconsul, dans le VIP livre duquel il avait recueilli toutes les ordonnances des princes, qui marquaient les peines que l'on devait infliger aux chrétiens. » (Fleury, II, 99.)
C'est que, à côté de cette charité immense, infatigable du christianisme qui eût conquis les païens, parce que Dieu a mis dans tous les temps l'amour dans le cœur de tous les • hommes, il y avait une révolution, non pas seulement religieuse, mais politique et sociale, la plus complète, la plus radicale qui se pût accomplir, dans l'avenir comme dans le passé. M. Guizot l'a établi avec raison dans la 29® leçon de son Histoire de la civilisation en France : « Le christianisme, pour s'établir en fait, avait à vaincre toutes sortes d'ennemis, les g'ouvernements, les peuples, les prêtres et les laïques