‹ Histoire des paysans (volume 4)Chapitre 73 sur 145 · LA GABELLE. — L'OST ET LA CHEVAUCHÉE · texte numérisé non relu

LA GABELLE. — L'OST ET LA CHEVAUCHÉE

ue ces servitudes ne sont venues que de la violence et de usurpation des seigneurs, et de la faiblesse et de la paureté des paysans... »

C'est au xiv*^ siècle que remonte rétablissement de la ahelle, l'un des impôts les plus détestés du peuple. Ce 'est pas toutetois que l'impôt sur le sel apparaisse alors our la première fois ; une ordonnance de Louis IX (124C) n fait mention, et quelques écrivains, Paganiol entre utres, en attribuent l'introduction à Philippe IV, en 1286. [ais ce fut Philippe VI qui en régla l'administration, ce ui faisait dire à Edouard d'Angleterre que ce prince était auteur de la loi salique, allusion à ce qu'il avait eu reours à cette loi des Francs pour monter sur le trône.

Par l'élévation du prix du sel, la terre se vil privée d'un mendement qui lui est souvent nécessaire, et la nourriture lu bétail le fut d'un condiment dont les bons effets ne )euvent guère être niés.

Du temps de Philippe le Bel, qui ouvre le xiv° siècle, les nobles seuls étaient sujets au ban, et toutes les personnes sans distinction l'étaient à l'arrière-ban, pourvu qu'elles fussent en état de porter les armes. Tous devaient marcher, sauf au-dessous de seize et au-dessus de soixante ans, et pendant la première année du mariage. En certains pays, les femmes étaient tenues d'accompagner leurs maris, pour faire le service de guet ou de garde.

Il y avait \Q%i et la chevanchéej l'un pour défendre le pays, sous la bannière du roi, l'autre pour suivre le seigneur dans les guerres privées qu'il lui plaisait d'entreprendre. C'était encore, comme le guet, une sorte de corvée fliilitaire, très-souvent imposée arbitrairement et sans nécessité par le maître, afin de contraindre les pauvres ahaniers à se racheter et à se prêter encore à cette exaction nouvelle (1), que l'on avait l'art d'offrir à leur inaité-

(1) Ordonnances du Louvre, WUl, préface; \oy. aussi l. \,1^,

rable patience comme une faveur pour laquelle ils devaient des remercîments. Sous Louis VIII, une ordonnance de 1224 prescrivit que le ban ne serait plus exigible que trois fois par an, à trois termes, et sans rachat. Le service était fixé pour les roturiers à quarante jours, plus l'aller et le retour, à moins qu'ils ne fussent requis par le roi pour la défense du royaume et soudoyés par lui.

Tout le monde a saisi l'analogie frappante du cheval avec l'homme de guerre. Ils ont la même beauté physique, la tête légère et facile à porter haute et superbe, la même docilité au frein et à l'éperon, le même feu, le même courage, la même énergie. Ils se complètent l'un l'autre, et marchent, l'un portant l'autre, à la gloire des combats. Aussi les nobles du moyen âge, ces hommes de cheval, avaient-ils emprunté au coursier la plupart de leurs appel* lations. Pour fournir au chevalier les moyens de servir son fief, les sujets lui devaient encore un roussin de service, eques strigosus, épais et entier, dont la force devait être éprouvée avant qu'il fût accepté. Il fallait qu'il pût porter le plus lourd de ses écuyers, bardé de fer, à douze lieues de distance, et revenir le lendemain à son point de départ, Le roussin devait être sellé, bridé et ferré des quatre pieds. Comme de leur côté les vassaux fournissaient un cheval de bataille à leur suzerain, il s'ensuit que les vilains étaient exposés à acquitter deux fois cette redevance.

Du roussin de guerre naquit bientôt le roussin de service, que les sujets fournirent au chevalier pour porter ses bagages. Les manants crurent trouver de l'avantage à le convertir en uii abonnement de cent sous tournois (I), e* cette nouvelle, extorsion engendra encore une charge pe^ pétuelle.

(1) Porqiiet de Livonni^ro, sur Coût. (V Anjou ^ I, 332.

E DROIT DE PRISE. m

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