CHAPITRE VI
oits de prise, de gîte et de pourvoirie. — C'est le vol et le pillage organisés. — Le paysan est jeté hors de sa chaumière dépouillée. — Ces droits sont rachetés et convertis en redevances perpétuelles. — • Lods et ventes : chaque exaction en eniknte une autre : taillon, sur^ cens, surprise, quint, requint, rière-lods, etc. — Droits d'amortissement, d'indemnité, de franc-fief. — Les villes s'affranchissent de ces extorsions, le paysan paye tout.
« Tous ces droits sentent la servitude de ceux à qui ils ont été imposés, ou la violence de ceux G[ui les ont établis. »
L'abbé Fleury, Hist. du droit français.
« Les hommes ne naissaient, pendant plusieurs générations, que pour être les témoins ou les objets 4e toute espèce de calamités. »
PoM Carlier, Hist. du Valois, Zkl.
Au premier rang parmi les exactions dont souffrirent les lageois, il faut ranger les droits de prise, de gîte, de urvoirie et de repue. Les rois surtout, dont la suite était is nombreuse, les exerçaient impitoyablement, et les ilheureux vilains des environs de Paris, des domaines, àteaux et manoirs royaux, étaient incessamment pillés, pouillés et chassés de chez eux par les officiers de la iir. L'antique hos|;)italité avait disparu, et Ton eût vainemt cherché un gîte public «ur cette terre désolée où acun, si grand qu'il fût, comptait autour de soi bien is d'ennemis que d'amis; aussi Grégoire de Tours rattte-t-il que lorsque la fille de Chilpéric P' alla en pagne épouser le fils de Léowilde, roi des Wisigoths, lui dressa des tentes à quelques lieues de ¥ms, ^(vcv
2S-i HISTOIRE DES PAYSANS.
qu'elle couchât au moins à couvert. Tant il est qu'aujourd'hui, le plus pauvre touriste trouve en voy plus de bien-ôtre que n'en rencontraient jadis les rois e mêmes.
Dans ces temps calamiteux où la flamme et le vol étal incessamment promenés sur le plat pays par tout ce qui é fort et puissant, chaque demeure royale, épiscopale ou i gneuriale, n'avait que ses quatre murs. Lorsque le roi, l'é que ou le baron quittait un de ses manoirs pour en al \isiter un autre, il fallait meubler celui-ci : alors toute cohorte des fouriers, portes-chappes, aides de fourei preneurs, chevaucheurs, bouchiers, poulaillers, etc., o[ rait une véritable razzia dans un rayon d'une certaine été due. Tout y passait, et l'on peut voir dans l'une des mi ordonnances royales rendues pour porter un vain et impu sant remède aux spoliations déboutées auxquelles le di de prise servait de prétexte, la longue énumération ( personnes de la famille royale et de la maison du roi i pouvaient l'exercer, et sur quels objets il s'étendait, « au bien, dit Charles V (août 4367), pour les garnisons dei hôtels, que des hôtels de notre très chère et très an compagne la reine, de nos frères (ils étaient au nombre trois), de notre connétable, et d'autres de notre ligni et d'autres quelconques. »
Il y avait prise « de blés, avoines et tous autres grai vins, verjus, vinaigre, foins, fourres (fourrages), cheva charrois, harnois, voitures, lits, couettes, coussins, couv tures, draps de lit, nappes, touailles (serviettes), tabl formes (bancs et escabeaux), trelaux, huches et huchia bœufs, vaches, moutons, weaux, pourceaux, aigneai chevraux, poulailles, chapons, gelines, poucins, pigeoi eues et oisons, fromaiges, poissons, bûches, et auti choses quelconques appartenant aux dits manans et 1 bitans... »
Du logis et de \a W^?jfe-co\vt qw ^^^mt au jardin et