JUVÉNAL DES URSINS
Ih ! certes, loin, bien loin de moi la criminelle pensée de ter l'apologie de la guerre civile et de l'assassinat ! Mais m, que pouvait faire le paysan poussé à bout ? Il va, n'estpas, rédiger des cahiers de doléances, et attendre le cours la justice ! Il va, pendant que l'on déshonore sa femme sa fille, que Ton enlève le cheval et la vache de son ble, et que l'on brûle sa chaumière, croiser stoïquent, comme un chrétien des premiers âges, ses bras oisifs sa poitrine embrasée, au lieu d'obéir aux ordonnances légitiment ses fureurs, de bondir sur son bâton ferré tr défendre sa fille, son étable et sa chaumière, et de ter à son tour la flamme et la mort dans le château qui ite ses persécuteurs! Ce serait plus beau, sans nul ite; mais qui de nous, en plein xix® siècle, aurait cette ngélique patience que nous voulons rencontrer chez les nants grossiers du xiv® siècle? Quand l'armée, les genhommes et les chevaliers étaient des baudlls eV. ç^^m^xvX. 'yvrd'Ijuj du gibier de cour d'assises, nous e;iv^^o^v$» ^^'^
paysans abrutis par de longues humiliations, une mansué-' tude qu'à cette heure nous n'aurions pas !
11 avait fallu, pour arriver à l'affranchissement des com-' munes, deux siècles de luttes à main armée, deux siècles pendant lesquels les serfs des cités guerroyèrent, sans cesse révoltés, contre les seigneurs et les évoques dont ils massa^ craient les gens et qu'ils massacraient eux-mêmes toutes les fois qu'ils en trouvaient l'occasion. C'est avec le sang des seigneurs et des évoques que les bourgeois des communes écrivirent leurs chartes d'affranchissement. Et pourtant jamais, dans les plus mauvais jours du xi*^ et du xn® siècle, les serfs des villes n'avaient été tyrannisés comme le furent les vilains des campagnes jusqu'au milieu du xv® siècle. D'où vient donc que la lutte des communes, qui dursi deux siècles, est une noble et glorieuse révolution, tandis que la lutte des paysans^ qui dura deux semaines et qui s'éteignit dans leur propre sang, est demeurée comme la plus flétrissante insulte que l'on jette à la face du peuple dans tous les mauvais jours de l'histoire?
C'est que la bourgeoisie fut victorieuse , et que Jacques Bonhomme fut vaincu. C'est que les plus forts ont toujours raison, et que nous descendons de ces Gaulois qui disaient à Rome : Vœvictis! C'est que la bourgeoisie, affranchie depuis longtemps, a eu ses poètes, ses historiens et ses flatteurs, tandis que Jacques Bonhomme n'aura jamais les siens, lui qui, comme le lion de la fable, ne sait pas peindre, ne sait pas écrire et ne sait pas même lire !
Deqx scènes terribles ont acquis une sombre célébrité à b place du marché de Meaux : le siège qu'en firent les révoltés de 1358, dont on a fait le principal épisode de la jacquerie, et une autre moins connue, dont j'emprunte les dé* tails à dom Duplessis.
Le roi Charles IX avait ordonné le massacre des huguenots par toute la France. kUeawîL, ^çA\4axvl Ustuçeur que cause tout d'abord un paTe\\ otàte, cfM\Q^^v\vm %^ ^as»^\^\^^