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EFFORTS DE CHARLES V

raient et rançonnaient et pillaient l'un sur l'autre sans point de déport » (1371).

L'Anglais apporta la flamme et le pillage jusque sous les yeux de la cour, à Villejuif, Gentilly, Arcueil, Bicêtre : « Par ma foi ! sire de Clisson, dit le roi, je ne pense jà à issir ni à mettre ma cavalerie ni mon royaume en péril d'être perdue pour un peu de plat pays ». (Froissart, II, 374.)

Si Charles V, aussi habile politique que ses prédécesseurs

s^étaient montrés follement chevaleresques, eut le tort de

regarder d'un œil trop impassible les fumières des Anglais,

il n'en faut pas moins reconnaître qu'il fit beaucoup pour

les campagnes. Plusieurs ordonnances tentèrent de porter

remède aux abus qui s'introduisaient dans la ferme et la

perception des aides; les élus partageaient les recettes avec

les fermiers qui souvent étaient leurs parents, leurs amis ou

même leurs serviteurs, et se faisaient payer des vacations

lorsque, sous couleur des affaires des aides, ils chevauchaient

pour leurs propres besognes. (1374. Ordoww.,IV, 183.)

Des pays qui de six cents feux n'en comptaient plus que deux cents, par suite des guerres, des pestes et des famines, payaient toujours la même somme, c'est-à-dire que les survivants supportaient des charges deux fois trop pesantes. Charles apporta ses efforts à faire cesser de telles iniquités (1), et en Languedoc seulement, onze cents villages obtinrent des réductions de feux.

Dans ses lettres de juillet 1367, il rappelle qu'on ne doit pas arrêter les paysans, saisir leurs charrues ni leurs animaux de labourage, pour la rentrée des deniers, <k debtes royaux ou aultres ».

Non content d'accorder aux sujets de ses domaines une exemption absolue du droit de prise, il ordonna aux gens de guerre de payer tout ce qu'ils prendraient, et créa, pour réprimer leurs brigandages, une maréchaussée et des pré- Ci) Ordm,y YUl, US-Uà.

vôts qui parcouraient le pays^ jugeant sommairement et pendant de même.

On peut lui reprocher d'avoir, fidèle aux traditions d'alors, trop regardé les biens de son peuple comme sa propriété à lui. Il Taccabla d'impôts afin de pouvoir satisfaire son goût pour les beaux-arts et les bâtiments, et l'on vit souvent le paysan contraint de vendre son chétif mobilier et jusqu'à son lit pour acquitter la taill^ (1).

Charles V, en régularisant la consommation du sel, fit de la gabelle un impôt onéreux pour le peuple. Le premier il ordonna de délivrer tous les trois mois à chacun une quantité de sel fixée par les officiers de la gabelle, et calculée d'après les besoins présumés de chaque famille. Les paysans bretons donnèrent le funeste exemple, trop bien suivi depuis, de soulèvements populaires contre ce nouvel impôt.

n se déchargea du payement des gages de ses gens du parlement en leur ordonnant d'appliquer à leurs salaires les amendes qu'ils infligeraient, et l'on peut croire que plaideurs et accusés furent désormais souvent et lourdement condamnés aux peines pécuniaires. Puis comme un abus en amène un autre, les juges, à l'imitation des rois, des seigneurs et des évoques, convertirent en argent et en redevances obligatoires ces cadeaux de bienveillance que les plaideurs avaient pris l'habitude de leur faire en dragées, confitures et épices. (Mézeray, VII, 223.)

Il semblait que les trois frères du roi, les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourgogne, eussent succédé aux grandes compagnies, ou tout au moins rivalisassent avec elles de violences et de sanglantes exactions. Charles V avait fait de son frère le duc d'Anjou une sorte de vice-roi du Languedoc, qui, suivant le moine anonyme de Saint-Denis, c sut faire de la terre la plus grasse et la plus fertile la plus maigre et la plus malheureuse du royaume >. Fidèle à cette

(i) Dissert, sur l'hist. de Pam, ^^t X^Y^^wî^ lit, 452.

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