‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 109 sur 225 · LE GUET CONVERTI EN ARGENT · texte numérisé non relu

LE GUET CONVERTI EN ARGENT

qui, il est vrai, n'arrivait guère, le vol n'était plus à la deuxième, mais bien à la trentième ou à la quarantième puissance.

Les guettables, ou retrayans, comme on les appelait, payaient en outre les salaires des portiers des châteaux : car ils devaient « guet, garde et porte. » La question de savoir s'ils devaient se nourrir était très controversée parmi les légistes ; en fait, ils le faisaient ou ne le faisaient pas, suivant les lieux et d'après les conventions. Ils se munissaient d'armes, s'entretenaient de bois et d'éclairage, mais quelquefois seulement par moitié. Ils étaient en outre, nous l'avons dit, contraints de bâtir et entretenir les fortifications, curer les fossés, etc. (1)...

Les seigneurs s'étant emparés de tout ce qui était sur la terre et sous le ciel, les serfs se trouvèrent réduits à l'impossibilité la plus absolue de vivre autrement qu'à leur merci. La royauté alors, voyant que tout allait périr avec la race des agriculteurs, établit en tous lieux, dans un intérêt public, des fours, pressoirs et moulins banaux, moulins à blés, à drap, à écorce, à broyer le chanvre. Mais elle avait compté sans les seigneurs, qui s'emparèrent des banalités comme de tout le reste (2), serfs et vilains se trouvèrent astreints à moudre au moulin du seigneur, à cuire à son four, à presser à son pressoir, et toujours il restait une notable partie, — quelquefois jusqu'au tiers (8), — de leur blé au moulin, de leur farine au four, de leur vin au pressoir. Ils furent obligés, plus tard , d'acheter la permission de moudre ce blé qu'ils semaient, et de manger en entier ce pain qui était tant de fois à eux (A); le ban fut remplacé par un cens nouveau (5),

(1) Bouhier, sur Bourgogne, 1,843-865 (passim). (S) Guyot, Traité des fiefs, I, 341-343.

(3) Léopoltl Delisle, Condition de la classe agricole en Normandie, p. 469.

(i) Privilèges accordés aux habitants de Montfaucon, janvier 1369.

(5) En 1307, Philippe IV permet aux habitants de la Bastide de Montcha-

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