‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 112 sur 225 · LA GABELLE. — L*OST ET LA CHEVAUCHÉE · texte numérisé non relu

LA GABELLE. — L*OST ET LA CHEVAUCHÉE

étranges assertions, ces paroles d'un des plus célèbres avocats du xvir siècle, de Le Maistre (Plaidoyer XX) :

« 11 n'est point d'interprètes de nos coutumes qui ne condamnent ces banalités, si odieuses parmi nous, parce qu'ils disent tous que ces droits ne procèdent que de la violence et de l'usurpation des seigneurs, qui durant les guerres ont abusé de leur pouvoir et de la faiblesse des paysans, les contraignant de passer des contrats avec eux, par lesquels ils s'obligeaient à des contributions, à des corvées, à n'aller moudre qu'à leurs moulins, et à ne cuire qu'à leurs fours. Jusque-là , même qu'on a vu, dit Pithou sur la coutume deTroyes (art. A), et Bacquet en son Traité des droits de justice (cb. 29), des villages pillés par des soldats que les seigneurs y envoyaient pour se venger de la résistance que les habitants avaient faite à ces sortes d'oppressions...

» Aussi Bacquet a-t-il sagement remarqué qu'il ne se trouve presque point de seigneurs qui puissent montrer un contrat qu'ils aient passé avec leurs sujets, pour ces droits de corvées et de banalités...

» Vous voyez, messieurs, que tous les docteurs disent que ces servitudes ne sont venues que de la violence et de l'usurpation des seigneurs, et de la faiblesse et de la pauvreté des paysans »

Voilà comment, sous Louis XIV, on traitait l'origine des propriétés seigneuriales, voilà quels étaient ces droits seigneuriaux dont les maîtres vendaient ensuite, à beaux deniers comptants, l'exception à leurs sujets opprimés!

C'est au xiv* siècle que remonte l'établissement de la gabelle , l'un des impôts les plus détestés du peuple. Ce n'est pas toutefois que l'impôt sur le sel apparaisse alors pour la première fois; une ordonnance de Louis IX (1246) en fait mention, et quelques écrivains, Paganiol entre autres, en attribuent l'introduction à Philippe IV, en 1286. Mais ce fut Philippe VI qui en régla l'administration, ce qui faisait dire à Edouard d'An-

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