‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 113 sur 225 · LE ROUSSIN DE SERVICE · texte numérisé non relu

LE ROUSSIN DE SERVICE

gleterre que ce prince était l'auteur de la loi salique, allusion à ce qu'il avait eu recours à celte loi des Francs pour monter sur le trône.

Par l'élévation du prix du sel, la terre se vit privée d'un amendement qui lui est souvent nécessaire, et la nourriture du bétail le fut d'un condiment dont les bons effets ne peuvent guère être niés.

Du temps de Philippe le Bel, qui ouvre le xiv6 siècle, les nobles seuls étaient sujets au ban, et toutes les personnes sans distinction l'étaient à l'arrière-ban, pourvu qu'elles fussent en état de porter les armes. Tous devaient marcher, sauf au-dessous de seize et au-dessus de soixante ans, et pendant la première année du mariage. En certains pays, les femmes étaient tenues d'accompagner leurs maris, pour faire le service de guet ou de garde.

Il y avait Yost et la chevauchée, l'un pour défendre le pays, sous la bannière du roi, l'autre pour suivre le seigneur dans les guerres privées qu'il lui plaisait d'entreprendre. C'était encore, comme le guet, une sorte de corvée militaire, très souvent imposée arbitrairement et sans nécessité par le maître, afin de contraindre les pauvres ahaniers à se racheter et à se prêter encore à cette exaction nouvelle (1), que l'on avait Fart d'offrir à leur inaltérable patience comme une faveur pour laquelle ils devaient des remercîments. Sous Louis VIII, une ordonnance de 1224 prescrivit que le ban ne serait plus exigible que trois fois par an, à trois termes, et sans rachat. Le service était fixé pour les roturiers à quarante jours, plus l'aller et le retour, à moins qu'ils ne fussent requis par le roi pour la défense du royaume et soudoyés par lui.

Tout le monde a saisi l'analogie frappante du cheval avec l'homme de guerre. Ils ont la môme beauté physique, la tête légère et facile à porter haute et superbe, la même docilité au

(1) Ordonnança du Louvre, XVIII, préface; Toy. aussi 1. 1, 74.

frein et à l'éperon, le même feu, le même courage, la même énergie. Ils se complètent l'un l'autre, et marchent, l'un portant l'autre, à la gloire des combats. Aussi les nobles du moyen âge, ces hommes de cheval, avaient-ils emprunté au coursier la plupart de leurs appellations. Pour fournir au chevalier les moyens de servir son fief, lés sujets lui devaient encore un roussin de service, Eques strigosus, épais et entier, dont la force devait être éprouvée avant qu'il fût accepté. Il fallait qu'il pût porter le plus lourd de ses écuyers, bardé de fer, à douze lieues de distance, et revenir le lendemain à son point de départ. Le roussin devait être sellé, bridé et ferré des quatre pieds. Comme de leur côté les vassaux fournissaient un cheval de bataille à leur suzerain, il s'ensuit que les vilains étaient exposés à acquitter deux fois cette redevance.

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