‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 115 sur 225 · EST CONVERTI EN REDEVANCES · texte numérisé non relu

EST CONVERTI EN REDEVANCES

On consommait, paraît-il, énormément de litière auxxiu* et xiv* siècles, et le roi lui-même couchait sur la paille, s'il faut en croire cette ordonnance de Philippe-Auguste, confirmée à perpétuité en 1239 par saint Louis :

« Nous donnons à la Maison-Dieu de Paris, pour les pauvres qui s'y trouvent, toute la paille de notre chambre et de notre maison de Paris, chaque fois que nous partirons de cette ville pour aller coucher ailleurs (Sauvai, II, 458, 640). »

Aussi verrons-nous tout à l'heure le droit de prise converti en redevances de charretées de paille.

Pillés toujours et partout, sur les routes et dans les marchés comme chez eux, dans les villes comme dans les chaumières, les paysans ne voulaient plus approvisionner les cités, et tout commerce avait cessé. Une ordonnance de 1312, après avoir constaté que le droit de prise était exercé « par autres plusieurs qui de ce faire n'avaient droit ni privilège, » enjoignit aux paysans, sous peine de confiscation, de porter au marché tout ce qui surpassait les besoins de leur consommation et des semailles.

Comme toute exaction donnait invariablement naissance à un nouvel impôt, une fois l'abus bien établi, on songea à le légaliser en en vendant l'exemption aux villes et aux ecclésiastiques, ou en le convertissant en une redevance annuelle (1) . Ce rachat coûtait peu au clergé, et nous voyons l'église collégiale de Saint-Paul, à Saint-Denis, le payer « d'une messe à note, du Saint-Esprit, chacun an, » durant toute la vie du roi, et, après son décès, d'un Requiem à la date des lettres d'exemption (Ordon. d'oct. 1390).

Grâce à ces privilèges, lorsque les pourvoyeurs officiels s'abattaient sur un canton, ceux qui étaient exempts expo-

(1) Brussel, Usage des fiefs, ctaap. xxxvm, p. 553. — Dulaure, Environs de Paris, 367. — Lettres de Philippe le Bel à l'abbaye d'Eschaalis. — Mém. de la Soc, des antiquaires de Normandie, 2e série, t. II, p. 94. — D Plancher, Hitt. de Bourgogne, II, 188

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