‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 126 sur 225 · PAST NUPTIAL · texte numérisé non relu

PAST NUPTIAL

veut, en est quitte pour payer au couvent onze sols parisis de cullage (1). Ce nom ne prouve-Ul pas victorieusement que loutes ces exactions étaient une dérivation de l'ancienne markette, modifiée et adoucie par le temps, en dépit des efforts du clergé comme des châtelains?

Prêchant le mieux et faisant le pire, cet étrange rigorisme du clergé ne l'obligeait ni ne l'entravait personnellement en rien. Les desservants affermaient à des personnes indignes, au plus offrant, le revenu de leurs cures (2), tandis que des particuliers, voyant que les églises étaient d'un excellent rapport, en élevaient en tous lieux, comme on fait aujourd'hui des usines, pour les affermer à des vicaires ecclésiastiques (3). Tout cela vivait de la substance des campagnes, sans nul souci ni vergogne, au sein d'une débauche si publique et si avérée, que nous voyons en 1337, une stipulation intervenir entre le duc de Bourgogne et l'éveque d'Autun, au sujet de la succession des clercs bâtards mariés décédés sans enfants légitimes (à). . . « La simonie était générale : les prêtres violaient presque partout la règle du célibat; ils vivaient avec des femmes perdues, des concubines et des chambrières; un abbé de Noréis avait dix-huit enfants. En Biscaie, on ne voûtait que des prêtres qui eussent des commères, c'est-à-dire des femmes supposées légitimes (Chateaubriand). »

Un sentiment bien naturel de politesse engageait les serfs qui se mariaient à inviter à leurs festins de noces le prêtre qui avait béni leur union, coutume qui se maintint obligatoire dans certaines provinces , les curés s'armant de cette déférence pour exiger un droit nouveau, le plat de noces, ou past nuptial, dont nous avons vu les abus en Bretagne. Eudes, évèque de Paris, le prohiba dans son diocèse sous Philippe-

(1) Bouthors, Coui. loc. d'Amiens, II, 77.

(2) Antiquités de Paris, II, 630.

(3) Richard Simon, Traité des bénéfices, II, 84.

(4) D. Plancher, Hist. de Bourgogne, II, 189.

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