‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 129 sur 225 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les rois afferment les impôts aux maltotiers et déchaînent sur le pays celle race de vipères. — Les seigneurs écartent les adjudicataires, s'emparent des impôts à vil j rix, les *ous-af ferment; le peuple est mis sous le pressoir, et l'argent s'arrête en route avant d'arriver aux caisses de l'État. — Altération des monnaies. — Le peuple est à sec. — On rappelle les juifs, qui prêtent â88 pour 100 par an. — Détresse excessive des campagnes au milieu du xiv" siècle. — Elles consentent à payer un nouveau cens pour que rois et seigneurs renoncent au faux monnayage : elles paient, mais l'altération est maintenue. — Impudeur des exactions royales.

« Il était au pouvoir des rois et des seigneurs d'affaiblir ou «le rehausser la monnaie, selou qu'il» le jugeaient à propos pour le besoin de leurs affaires. »

Valbonnais, Hist. du Dauphiné, 76.

A côté des nobles et de l'Église, que (it l'autorité royale pour le peuple des campagnes? Nous avons vu les exactions de lout genre, de Philippe le Bel et leurs funestes résultats. C'est encore à ce prince qu'il faut attribuer la généralisation de ce déplorable système qui abandonna les revenus de la France entre les mains de cette race maudite de Dieu'mème qui la chassait du temple à coups de fouet. Système également ruineux pour l'état et pour les contribuables, qui fait du roi et de ses ministres des enfants prodigues toujours prêts à livrer à vil prix la fortune patrimoniale, et à sacriûer pour quelques avantages immédiats, plus apparents que réels, tous les trésors de l'avenir. Les banquiers italiens et lombards partagèrent avec les Juifs l'exploitation des impôts, qu'ils prirent à ferme, et ils furent désignés sous ce nom justement flétri de Maltôtiers, éternels ennemis du peuple, qui vivent de sa misère et s'engraissent de son épuisement.

Dès qu'un impôt était mis à ferme, les nobles écartaient par leurs menaces les adjudicataires sérieux, et le faisaient

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