‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 145 sur 225 · EFFORTS DE CHARLES V · texte numérisé non relu

EFFORTS DE CHARLES V

était anglais, tel autre, qui le touchait, était français: état sans exemple et sans nom qui faisait du royaume tout entier une Babel sanglante.

« Ainsi les choses étaient entouillées, et les chevaliers et les seigneurs l'un contre l'autre; et y foulait le fort et le faible, ni on n'y faisait droit, ni loi ni raison à nullui ; et étaient les villes et les châteaux entrelacés les uns dedans les autres, les uns Anglais, et les autres Français, qui couraient et rançonnaient et pillaient l'un sur l'autre sans point de déport (1371). »

L'Anglais apporta la flamme et le pillage jusque sous les yeux de la cour, à Villejuif, Gentilly, Arcueil, Bicôtre : « Par ma foi! sire de Clisson, dit le roi, je ne pense jà à issir ni à mettre ma cavalerie ni mon royaume en péril d'être perdue pour un peu de plat pays (Froissai t, II, 374). »

Si Charles V, aussi habile politique que ses prédécesseurs s'étaient montrés follement chevaleresques, eut le tort de regarder d'un œil trop impassible les fumières des Anglais, il n'en faut pas moins reconnaître qu'il fit beaucoup pour les campagnes. Plusieurs ordonnances tentèrent de porter remède aux abus qui s'introduisaient dans la ferme et la perception des aides ; les élus partageaient les recettes avec les fermiers qui souvent étaient leurs parents, leurs amis ou même leurs serviteurs, et se faisaient payer des vacations lorsque sous couleur des affaires des aides, ils chevauchaient pour leurs propres besognes (137/i, Ordon. IV, 183).

Des pays qui, de six cents feux, n'en comptaient plus que deux cents, par suite des guerres, des pestes et des famines, payaient toujours la même somme, c'est-à-dire que les survivants supportaient des charges deux fois trop pesantes. , Charles apporta ses efforts à faire cesser de telles iniquités (1), et en Languedoc seulement, onze cents villages obtinrent des réductions de feux.

(1) Ordonnances, VI, 443, 444.

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