IMPÔTS EXCESSIFS
Dans ses lettres de juillet 1367, il rappelle qu'on ne doit pas arrêter les paysans, saisir leurs charrues ni leurs animaux de labourages, pour la rentrée des deniers, « debtes royaux ou aultres. »
Non content d'accorder aux sujets de ses domaines une exemption absolue du droit de prise, il ordonna aux gens de guerre de payer tout ce qu'ils prendraient et créa, pour réprimer leurs brigandages, une maréchaussée et des prévôts qui couraient le pays, jugeant sommairement et pendant de même. t
On peut lui reprocher d'avoir, fidèle aux traditions d'alors, trop regardé les biens de son peuple comme sa propriété à lui. Il l'accabla d'impôts afin de pouvoir satisfaire son goût pour les beaux-arts et les bâtiments, et l'on vit souvent le paysan contraint de vendre son chétif mobilier et jusqu'à son lit, pour acquitter la taille (1).
Charles V, en régularisant la consommation du sel, fit de la gabelle un impôt onéreux pour le peuple. Le premier, il ordonna de délivrer tous les trois mois à chacun une quantité de sel fixée par les officiers de la gabelle, et calculée d'après les besoins présumés de chaque famille. Les paysans bretons donnèrent le funeste exemple, trop bien suivi depuis, de soulèvements populaires contre ce nouvel impôt.
Il se déchargea du paiement des gages de ses gens du parlement, en leur ordonnant d'appliquer à leurs salaires les amendes qu'ils infligeraient, et l'on peut croire que plaideurs et accusés furent désormais souvent et lourdement condamnés aux peines pécuniaires. Puis comme un abus en amène un autre, les juges, à l'imitation des rois, des seigneurs et des évêques, convertirent en argent et en redevances obligatoires ces cadeaux de bienveillance que les plaideurs avaient pris l'habitude de leur faire en dragées, confitures et épices (Mézerai,VII,223).
(1) Dissert, sur l'hist. de Paris, par l'abbé Lebeuf, III. 452.