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CHAPITRE XIV

Charles VI. — Ses trois oncles, les ducs d'Anjou, de Berry et de Bourgogne, mettent le royaume au pillage. — Le roi devient fou. — Les compagnies reparaissent. — Nouvelle jacquerie : les Tuchins. — Les Anglais. — Peste et famine. — Le siècle s'achève au milieu des désastres les plus graods.

a De ta façon que les oncles du roi gouvernaient, on voyait bien qu'ils avaient envie de tirer le sang des peuples jusqu'à la dernière goutte. ■

Mézejut.

A Charles le Sage succéda Charles le Fou, « enfant légier d'esprit, » auquel son père, malgré tout ce qu'il avait fait, ou plutôt commencé, léguait un schisme, une guerre en Bretagne, le Languedoc à peine apaisé et la Flandre en feu.

Mais le legs le plus fatal du père à son fils, ce fut ses trois frères, les ducs d'Anjou, de Bourgogne et de Berry. Seul, le duc de Bourbon désirait le bien de la France, mais était impuissant à contre-balancer l'influence néfaste de ses trois rivaux. Tandis que le duc de Bourgogne tranchait du suzerain indépendant dans ses domaines, le duc d'Anjou, après avoir livré ses terres aux extorsions de Clément VII, pour le récompenser de lui avoir permis d'y lever des décimes, volait de vive force les trésors amassés par le feu roi, et enlevait pour ses fatales guerres d'Italie tout l'or des caisses publiques, au lieu de défendre sa duché, saccagée à la fois et par les compagnies, qui s'étaient établies à Beaufort en Vallée, dans la propre ville natale du dernier pape, Grégoire XI, après avoir « appacti » toute la contrée autour d'eux (Froissart, II, 601), et par les Anglais, qui, retranchés sur les marches de la Bretagne, comme sur un terrain ami, se répandaient de là par toutle Maine, l'Anjou et la Touraine. (Juvénal des Ursins, 327.)

Le duc de Berry se rua à son tou sur le Languedoc, ruiné déjà par les pilleries du duc d'Anjou. Aussi dut-il avoir recours aux moyens les plus violents, et bientôt la campagne fut cou-

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