‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 158 sur 225 · ARMAGNACS ET BOURGUIGNONS · texte numérisé non relu

ARMAGNACS ET BOURGUIGNONS

duc au service du duc d'Orléans. Traînant après eux un convoi de chariots sur lesquels ils entassaient les dépouilles des chaumières à demi incendiées, ils foulaient partout les vignes aux pieds de leurs chevaux, arrachant à plaisir le cep pour dévorer la grappe mûre. ( Lelaboureur, Hist, de Charles VI, 531.)

Pendant ce temps, Amé de Viry, capitaine bourguignon, ravage la Bresse et le Beaujolais, l'embrasement devient général, les bords de la Loire sont saccagés à leur tour ; les parlements suspendent le cours de la justice et prolongent les délais pour la présentation des causes, « pour les grands périls qui sont de présent par toutes les marches du royaume, dont l'on n'ose venir à Paris, tant pour gens d'armes proprement appelés pillards et larrons, que pour brigands et compagnies qui se sont mis sus pour rencontrer et piller les dits larrons. On ne lit pas ès histoires que hors les feux boutés publiquement au temps passé par les ennemis de ce royaume, l'on vit oncques mais tel dommage, comme ont fait Brabançons, Bourguignons, Armagnacs et autres de toutes parts de ce royaume. » Jaloux d'enlever aux manants jusqu'à l'espoir d'être secourus, ils ne quittaient un moment la place qu'après leur avoir dit que leurs seigneurs appelaient derrière eux les Anglais et les Allemands pour achever de les exterminer. (Lelaboureur, 815.)

En 1*410, le duc de Bourbon meurt : débarrassés de son contrôle, les autres princes des fleurs de lys se liguent contre le duc de Bourgogne, traversent la France, c'est-à-dire ravagent l'Anjou, l'Orléanais, inondent le pays chartrain, d'où ils portent la désolation jusqu'aux portes de Paris, tandis que les troupes mandées par le duc de Bourgogne causent les mômes désordres de l'autre côté de la Seine. N'ayant d'espoir que dans une énergique défense, les paysans veulent repousser par la force quelques bandes du comte d'Armagnac; ils sont dispersés et se sauvent dans les forêts, mais les soldats vont les

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