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CHAPITRE Vï

Exactions cléricales.

« On ne saurait, sans rougir, parler des usures, de l'avarice, de la crapule et de la dissolution des prêtres de ce siècle-là; de la licence et des vilaines # débauches des moines; du luxe, de l'orgueil et des

vilaines dépense» des prélats ; de la honteuse faitardise, de lu crasse ignorance, et des superstitions des uns et des autres. » MéZeray.

A partir du xv* siècle, le paysan n'a plus autant à souffrir des exactions de la cour de Rome ; le pape a délaissé Avignon pour le Vatican, et il est plus facile de se soustraire à des exigences devenues moins pressantes et dictées de plus loin. Toutefois, la crédulité aveugle du peuple permettant au clergé de continuer à se livrer à ses débordements, les prêtres vivent publiquement avec des concubines et se montrent plus rapaces dans leurs exigences pour entretenir leurs familles, enfantées dans la débauebe, élevées par le crime (1). Il en est qui ne rougissent pas de se faire un revenu fixe des taxes qu'ils reçoivent pour tolérer des excès dont ils donnent l'exemple, et contre lesquels les conciles élèvent en vain leur voix impuissante (2). Les curés dédaignent de résider dans leurs paroisses, ils afferment à des ecclésiastiques indignes les revenus de la dîme et des autres droits canoniques pour aller dépenser scan-

(1) Doléances du tiers état aux états généraux d'Orléans, 15 décembre 1560 : 11 se plaint « qu'aucuns gens d'Église entretiennent ordinairement et publiquement filles et femmes lubriques, desquelles ils ont des enfants qu'ils font nourrir au vu et su d'un chacun, et quand ils sont poursuivis pour ce ou autres cas à eux imposés par-devant les juges laïques, ils demandent leur renvoi à la juridiction ecclésiastique, là où n'est fait aucune punition. » — États généraux, XI, 301.

A la même époque, aux étals provinciaux d'Anjou, 14 octobre 1550, Grimaudet, avocat du roi à Angers, fit une peinture énergique des crimes, des dérèglements, du luxe et des exactions du clergé. — Voy. Barth. Roger, Hist. cCJnjou, 414-415-416.

(S) Pragmatique sanction de Charles VII; — Ordonnance* du Louvre, XIII, préface, 48.

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