‹ Histoire des paysans (volume 5)Chapitre 183 sur 225 · EXACTIONS CLÉRICALES. 4A · texte numérisé non relu

EXACTIONS CLÉRICALES. 4A

• Esta noter, dit un vieux chroniqueur angevin, que toutes les dites églises et monastères sont de si bon revenu, et si richement dotées, que, à ce considérer, et les rentes et gros émolumens qui en viennent aux possesseurs d'iceux bénéfices, de léger on pourroit penser et dire que tout le bien et revenu d'Anjou seroit aux églises et personnes ecclésiastiques, et qu'il n'y auroit aucunes grosses maisons, terres ni seigneuries qui ne fussent du domaine ecclésiastique, et appropriées aux bénéfices ; et, d'autre part, qui voudroit seulement prendre garde aux seigneurs temporels et grands terriers qui y sont, et à leurs abondans revenus et rentes, l'on penseroit qu'il n'y eût que iceux seigneurs de la temporalité qui eussent bien en Anjou, et que l'Eglise n'y sauroitrien avoir. » (Bourdigné.)

Je l'avoue, mon émerveillement est tout autre que celui du naïf chroniqueur, et, entre le clergé et la noblesse, si opulents que chacun des deux semble posséder seul toute la province, je cherche quelle est, dans la propriété de la terre, la part laissée au paysan, qui supporte sans partage tout le faix de l'impôt. Elle devait être bien minime, puisqu'aux états de 1561, le tiers état du Dauphiné se plaignait de ne posséder que le sixième du territoire, et de payer néanmoins la totalité de l'impôt territorial (1).

Or nous savons que les députés du tiers état étaient es riches bourgeois et les fonctionnaires des villes, lesquels avaient aussi leurs privilèges. Il ne restait donc rien à Jacques Bonhomme, que les charges. Singulière répartition des choses de ce monde !

(1) Dareste de la Chavanne, Hist. de V administration en France, II, 66.

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