CHAPITRE VII
Louis XI. — Charles le Téméraire. — Immunités des villes. — Charles VIII. — Étals généraux. — Ravages de l'armée. — Résistances des paysans. — Soulèvements en Alsace. — Louis XII. — Le père du peuple.
«Femmes de seigneurs et d'usuriers, si l'on mettait vos robes de gula sous le pressoir, le sang du peuple en dégoutterait. »
Barletta, pre'dicateur duxv* siècle.
C'est la tactique invariable de tous les prétendants et de tous les héritiers du trône, de se mettre du parti du peuple contre le roi régnant. Après avoir joué ce rôle et déchiré la France pendant quinze années, Louis XI oublia vite les promesses de la Praguerie, et s'empressa de porter la taille.au double de ce qu'elle était sous le règne précédent. Les paysans se révoltèrent aux environs de Rennes, Angers, Alençon, Aurillac ; Louis fit pendre une centaine d'entre eux, Tordre fut rétabli, et les tailles furent maintenues au chiffre qu'il leur avait assigné.
Le fils de Charles VII ne fit rien directement pour le peuple, mais il fit beaucoup pour lui en haine pour la féodalité. La noblesse résista, et Charles, duc de Berry, frère du roi, le comte de Charolais, les ducs de Bretagne et de Bourbon, le comte de Dunois, colorant leurs révoltes du prétexte du bien public, lèvent l'étendard de la guerre civile, après avoir fait publier dans leurs domaines l'abolilion des impôts. La bataille de Montlhéry est suivie de la paix de Conflans, et Louis fait à la féodalité en armes toutes les concessions qu'elle désire. Le comte de Charolais donne le premier l'exemple de rétablir sur ses terres toutes les tailles dont l'abolition avait été publiée, de sorte que la Ligue du Bien Public, comme la Praguerie, aboutit à une plus grande oppression du peuple. La guerre civile servit à l'armée de prétexte pour saccager sur de nouveaux frais les villages, et Louis XI fut contraint d'au-